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Quid des drones ?




Quid des drones ?
Prévoir les mouvements de l'ennemi, suivre le déploiement de ses unités et prévenir toute mauvaise surprise ont toujours conditionné et causé la victoire des uns et la défaite des autres. Les moyens et outils de collecte d'informations sur les champs de bataille n'ont cessé d'évoluer et de se perfectionner avec l'avancée de la technologie. Ce rôle primordial jadis rempli par l'élément humain dit «éclaireur» laisse de plus en plus place à des machines dont la mobilité, la discrétion et l'endurance dépassent de loin les capacités physiques de l'homme. En effet, les armées modernes se basent sur un dispositif de « reconnaissance » très large comprenant plusieurs moyens terrestres, aériens voire spatiaux.
Depuis l'introduction de l'avion dans les champs de bataille, et ce depuis la 1ère Guerre mondiale, ses fonctions opérationnelles n'ont cessé de s'élargir changeant ainsi le visage de la guerre à tout jamais, de par sa vitesse, sa grande autonomie en plus du fait qu'il opère à des altitudes importantes lui conférant un champ de vision énorme, l'avion constitue sans doute l'un des meilleurs moyens de reconnaissance sur le terrain.
Cependant,  s'aventurer derrière les lignes de l'ennemi afin de récolter le maximum d'informations primordiales n'est pas exempt de danger surtout dans un monde où la couverture radar et les moyens de défense aérienne sont de plus en plus répandus et perfectionnés, et ce pour un double objectif  d'épargner la vie précieuse des pilotes et d'autre part de discrétion avancée, les drones se sont imposés comme une véritable alternative à l'avion classique autant qu'outil de reconnaissance.
Connus dans le jargon militaire par l'abréviation UAV (unmanned aerial vehicule), les drones sont des avions à voilure fixe ou à rotor, sans pilote, télécommandés depuis le sol et dont le principal rôle est la reconnaissance en milieux hostiles. Ils représentent un avantage opérationnel indéniable d'abord grâce à leur discrétion irréprochable; la signature radar (radar cross section) des UAV est tellement minuscule qu'ils sont souvent confondus avec des oiseaux par la plupart des radars terrestres de même que pour leur signature infrarouge grâce à une motorisation très discrète, d'autre part ils sont équipés de caméras infrarouges très performantes et de systèmes de liaison de données permettant d'envoyer des vidéos de façon instantanée aux postes de contrôle auxquels ils peuvent être liés par satellite à des milliers de km.
La famille des drones comporte une large gamme de types différents, chacun dédié à des missions pointues. Sans être exhaustif, on peut en citer les plus connus :
SUAV : pour Small UAV, ce sont des mini- drones, qui peuvent être emportés par un fantassin, ce genre de mini-drones servent principalement pour les forces spéciales et leur sont d'une aide capitale lors d'un raid ou opération d'infiltration en plein territoire ennemi (exemple : RQ-11 Raven)
TUAV  : Tactical UAV, ce sont les UAV les plus utilisés par les armées de terre, volant à des altitudes moyennes dépassant les 3 km et qui peuvent avoir une endurance jusqu'à 48h. Ils servent principalement d’yeux pour l'artillerie; ils transmettent aux régiments d'artillerie les coordonnées de toute concentration ennemie de leur trajectoire et vitesse afin d'orienter leur feu (exemple : Watchkeeper WK450)
UAV MALE : Medium-altitude long endurance unmanned aerial vehicule, sont des drones qui opèrent à des altitudes qui peuvent dépasser 7 km et qui ont une grande autonomie de plusieurs centaines de km. Ce sont des drones qui peuvent servir pour un large spectre de missions, notamment la surveillance maritime, des frontières… (exemple : Anka, Heron)
UCAV : Unmanned Combat air vehicule : ce sont généralement des drones MALE armés afin de mener des missions de lutte antiguérilla, lutte contre le trafic de drogues et d’armes, voire mener des assassinats  (exemple : MQ-9 Reaper)
HALE UAV : High Altitude Long endurance mission: il s'agit de drones de reconnaissance stratégique, ce sont de véritables mini-satellites qui opèrent à des altitudes vertigineuses au-delà de 15 km d'altitude, avec une autonomie de milliers de km et ont la capacité d'aller espionner tout territoire ennemi, notamment les sites nucléaires ou d'armement non-conventionnel (exemple : RQ-4A Global Hawk)
Le Maroc est actuellement sans doute le pays nord-africain dont les moyens de reconnaissance sont les plus avancés d'un point de vue technologique, le F16 marocain est doté de la nacelle de reconnaissance DB110 Goodrich dotée d’une caméra thermique très performante à haute résolution permettant au F16 de mener des missions de reconnaissance de jour comme de nuit et le partage des informations collectionnées de façon instantanée avec les autres unités ou centres de commandement grâce à la liaison de données. De plus, le Maroc dispose d'autres moyens de reconnaissance notamment  la nacelle de désignation ATP XR sniper du F16, la nacelle de désignation Damoclès des Mirages F1 modernisés, la nacelle d'analyse de signaux ASTAC, avions RC-130 dédiés à la reconnaissance… En ce qui concerne les drones, le Maroc peut se prétendre avoir l'armée la mieux équipée en la matière en Afrique du Nord. Il dispose de plusieurs systèmes de drones notamment le RQ-11 Raven pour l'infanterie, le Skyeye R4E-50 et l’Ignat-ER pour l'artillerie et la surveillance des frontières ainsi que d'autres systèmes américains dédiés pour la surveillance maritime, des frontières et de la lutte contre le trafic de drogue et le terrorisme.
En fidèle adepte de la doctrine soviétique, l'Algérie a longtemps négligé les drones et s'est toujours basée sur les avions classiques pour mener les missions de reconnaissance notamment sur le MIG25 Foxbat. Cependant, la guerre entre la Russie et la Géorgie en 2008 a démontré l'intérêt des drones aux yeux des Russes et des pays comme l'Algérie qui en sont influencés. Suite aux leçons tirées de la guerre de Géorgie, la Russie n'a pas tardé à faire appel aux Israéliens afin de rattraper son retard en la matière et développer ses moyens de reconnaissance opérationnelle. En l'absence de drones issus de l'industrie russe capables de rivaliser avec les Occidentaux, l'Algérie a fait le choix d'opter en petite quantité pour les drones de reconnaissance sud-africains «Seeker» et «Seeker 2», mais qui sont loin de répondre aux besoins algériens, vu l'étendue du territoire et les besoins pressants de lutte anti-terrorisme. Face à un embargo non déclaré de la part de l'Occident, l'Algérie a tenté de trouver des alternatives. A ce sujet, des rumeurs circulent autour de l'acquisition de drones iraniens de type Ababil-5.
L'information demeure une arme capitale qui ne peut être dédaignée; peu importe la puissance de feu dont on dispose.

 * Animateur du blog
http://lepeeetlebouclier.blogspot.com/

Par Saif Dîir
Samedi 1 Décembre 2012

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