Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Qui protège le dénommé Abou Naïm ?

Le SNPM appelle le ministre de la Justice et des Libertés à prendre les mesures légales nécessaires pour mettre fin aux dérapages de ce prédicateur de la haine




Qui protège le dénommé Abou Naïm ? Seraient-ce le PJD ou le gouvernement Benkirane  qui le manipulent et pour quelle fin ? Pourquoi le ministre de la Justice et des Libertés n’intervient-il pas dans cette affaire vu que le Parquet est sous sa tutelle ? Ce sont autant de questions légitimes qui en taraudent plus d’un, car ce soi-disant alem ne cesse de cracher son venin à tort et à travers sans que les autorités compétentes n’interviennent pour mettre fin à ses multiples dérapages.
Le Syndicat national de la presse marocaine (SNPM) a posé cette question, mais d’une autre manière. Dans une lettre adressée récemment au ministre de la Justice et des Libertés, Mustapha Ramid, le SNPM s’est interrogé sur le laxisme constaté à propos d’Abou Naïm dont les vidéos mises en ligne pullulent de propos incitant à la haine et à la violence.
« Vous êtes au courant des sorties takfiristes du dénommé Abou Naïm visant des personnalités et des institutions, mais nous nous posons des questions sur la position laxiste dans le traitement  du dossier de cette personne qui ne cesse de prêcher la haine et d’inciter à la violence, et cela contrairement à ce qui se fait avec d’autres personnes qu’on arrête et qu’on condamne pour terrorisme », a expliqué le SNPM dans sa lettre au ministre. Et d’ajouter : « Jusqu’à maintenant, et après deux semaines sur sa dernière sortie, nous avons constaté que le ministère public ne l’a pas poursuivi, en dépit des propos qu’il a véhiculée dans sa vidéo, ce qui est considéré comme une apostasie et une incitation à la violence que les lois marocaines pénalisent aussi bien au niveau du  Code de la presse que du Code pénal et de la loi contre le terrorisme ».
Récemment, Abou Naïm avait attaqué le SNPM dans une vidéo postée par lui-même et relayée par plusieurs médias. Il a, dans ce cadre, apostasié ce syndicat, car, selon ses divagations, il défendrait l’athéisme, l’islamophobie et appellerait à  l’incinération du Coran au nom de la liberté d’expression.
Pourquoi le SNPM a-t-il été visé par cette attaque ? Juste parce qu’il a pris le parti de 2M qui avait été victime d’une campagne takfiriste de la part de cette même personne qui a été contrariée par un reportage réalisé par cette chaîne publique sur les rites accompagnant les festivités organisées par la Zaouia Boutchichia à l’occasion de l’Aïd Al Mawlid Annabaoui. Abou Naïm a ainsi qualifié la chaîne de télévision 2M de « sournoise», d’être «sioniste par excellence» de  «soutirer  illégalement l’argent des musulmans» et «que la franc-maçonnerie et le lobby sioniste lui procurent l’aide et la protection nécessaire pour travailler dans ce pays des musulmans comme bon lui semble et sans pudeur ».  
Suite à quoi, le SNPM a saisi les ministres de la Justice et des Libertés et de l’Information et leur a demandé de prendre «les mesures nécessaires et pratiques pour mettre fin à ces campagnes takfiristes et de dénigrement contre le personnel de 2M». Mais depuis lors, aucune décision n’a été prise à l’encontre d’Abou Naïm surtout par Mustapha Ramid qui a la capacité et le pouvoir de  donner ses directives au ministère public pour diligenter une enquête sur cette affaire. Se pourrait-il que le PJD ait profité des attaques contre 2M, car on connaît les relations d’animosité entre cette chaîne et les dirigeants de ce parti dont le secrétaire général et néanmoins chef du gouvernement, à savoir Abdelilah Benkirane lui-même ?
En tout état de cause, c’est le mutisme et l’inertie des autorités compétentes qui laissent planer le doute  sur les parties qui protègent ce pseudo-prédicateur surtout que ce n’est pas la première fois qu’il commet pareils délits. Il avait déjà, en effet, tenu des propos diffamatoires et haineux à propos des leaders politiques, des chercheurs et des penseurs. Notamment le Premier secrétaire de l’USFP, Driss Lachguar, le chercheur Ahmed Assid et l’historien Abdellah Laroui. Il n’a même pas épargné des défunts comme le penseur Mohamed Abed El Jabri ou le martyr de l’USFP, Mehdi Ben Barka.  

Mourad Tabet
Jeudi 18 Février 2016

Lu 1184 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs