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Quelles perspectives pour un dialogue social longtemps en panne ?


Optimisme très mesuré des centrales syndicales



La classe ouvrière marocaine fête aujourd’hui le 1er Mai dans un contexte national marqué par la constitution d’un nouveau gouvernement et par le retard pris pour l’adoption de la loi de Finances de l’année en cours. 
Au premier volet, force est de constater que la réunion en début de semaine du nouveau chef du gouvernement, Saâd Eddine El Othmani, avec les représentants de la Confédération démocratique du travail (CDT), la Fédération démocratique du travail (FDT), l’Union nationale du travail au Maroc (UNTM), l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM) et l’Union marocaine du travail (UMT) a mis fin au climat de méfiance et de confrontation qui régnait durant le mandat de l’ancien Exécutif.
La volonté du gouvernement d'engager le dialogue social s'est aussi manifestée au niveau sectoriel. Ainsi, le ministre de l’Education nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Mohamed Hassad, a souligné, lors d'une réunion avec les représentants des centrales syndicales les plus représentatives, que les syndicats constituent un partenaire majeur dans la mise en œuvre de la vision stratégique de réforme 2015-2030.
Lors de cette réunion, il s’est également mis d’accord avec les syndicats sur l’institutionnalisation du dialogue social et le traitement, avec responsabilité et engagement, des questions soulevées.
Un autre ministre, en l’occurrence Mohamed Yatim, ministre de l’Emploi et de l'Insertion professionnelle a rendu des visites de courtoisie à certaines centrales syndicales.
Le nouveau cabinet a ainsi affiché de bonnes intentions. Dans son programme, il a, en effet, proposé une myriade de mesures comme la révision du Code du travail selon une «approche participative intégrée », l’adoption d’une loi organique sur le droit de grève, la préparation d’une loi relative aux syndicats professionnels, l’élaboration d’un pacte social définissant les engagements des différentes parties en vue d’institutionnaliser le dialogue social et la négociation collective, etc.
Ces bonnes intentions peuvent-elles calmer pour autant les craintes des centrales syndicales qui ont beaucoup souffert durant les dernières cinq années des frasques d’un président de gouvernement intransigeant qui refusait de traiter avec les partenaires sociaux ? Le changement de l’équipe gouvernementale changera-t-il la donne ? La volonté politique est-elle suffisante, à elle seule, pour sortir le dialogue social de sa léthargie ?
De fait, les différents partenaires sociaux ne semblent pas en être convaincus outre mesure arguant du fait que le projet de loi de Finances 2017 est non seulement encore en stand-by, mais qu’il traduit les orientations de l’ancien Exécutif plutôt que celles de la nouvelle équipe gouvernementale et que, partant, il ne contient pas de mesures fortes à même de répondre aux revendications maintes fois réitérées par les syndicats.
Ainsi, la Fédération démocratique du travail (FDT) s’est-elle montrée sceptique à ce propos. Elle estime que le nouveau gouvernement ne différera pas du précédent, car c’est le parti qui a guidé ce dernier qui préside à  l’actuel gouvernement.
Pour cette raison, elle  a décidé de fêter le 1er Mai 2017 sous le signe de la protestation et de la dénonciation des mesures prises par le gouvernement Benkirane et qui ont porté atteinte au pouvoir d’achat des ouvriers et des classes défavorisées.
Cette centrale saisira également l’occasion pour adresser au nouveau cabinet une série de revendications et de demandes sociales.  
On trouve la même tonalité chez les dirigeants de l’Union marocaine du travail (UMT). Récemment, Miloudi Moukharik, secrétaire général de cette centrale, avait déclaré que le programme du gouvernement Saâd Eddine El Othmani, « n’est qu’une compilation de certaines mesures de l’ancien programme gouvernemental», ajoutant qu’« il n’y a aucun changement » à ce propos.
L’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM) a, pour sa part, décidé de boycotter les festivités du 1er Mai vu que l’Accord du 26 avril 2011 et les accords sectoriels n’ont pas été appliqués et au regard du fait que le dialogue social a été gelé durant cinq ans, et que, par ricochet, les salaires et les revendications « légitimes » des travailleurs ont également été gelés…

H.T
Dimanche 30 Avril 2017

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