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Que faire avec de voisins aussi encombrants ?




Les Marocains disaient et disent toujours qu’ils ont été lésés par la géographie en ayant pour voisins deux pays dont l’animosité n’a d’égale que la haine qu’ils nourrissent pour le Maroc. Au nord, des Espagnols parfois tout aussi velléitaires que leurs ancêtres conquistadors, voient en nous et depuis la nuit des temps le Maure ou le sempiternel ennemi à abattre par n’importe quel moyen. A l’est, l’Algérie et ses généraux, ses anciens adjudants de l’armée française, devenus à la veille de l’Indépendance les vrais séides du pays. Pour détourner l’attention du peuple de la catastrophe éminente qui se profile à l’horizon, quant à leur gestion désastreuse du pays, ils ne cessent d’attiser les tensions en jetant de l’huile sur le feu du conflit que leurs prédécesseurs ont  créé de toutes pièces il y a presque quarante ans. Dernièrement, ils ont accusé le Maroc d’être à l’origine des derniers troubles dans la région de Ghardaïa. Une vue de l’esprit sans nul doute.
Il semble que la même impression s’incruste dans l’esprit des Tunisiens. Et les derniers événements ne font que confirmer la chose. Comme tout un chacun le sait, Afriquia, l’actuelle Tunisie, vient de sortir non sans séquelles d’une révolution déclenchée à la suite de l’immolation par le feu d’un chômeur au nom de Bouazizi, geste qui va faire bien des émules après parmi les déshérités du monde arabe et même au-delà. L’après-Ben Ali va se faire non sans casse, mais heureusement pour ce pays frère, les islamistes qui par un accident de parcours et aidés dans cela par des conjonctures favorables vont se retrouver propulsés au sommet de l’Etat dans une troïka de partis. Le parti Ennahda s’est retrouvé aux commandes d’un pays mis à mal par plus de vingt cinq années de dictature pendant lesquelles le clan Tarabelsi et ses affidés ont mis main basse sur les richesses du pays. La nouvelle équipe au pouvoir a toutefois raté son rendez-vous avec l’Histoire, puisqu’au lieu de s’attaquer aux racines du mal, d’être plus pragmatiques en ayant comme cheval de bataille le redressement de l’économie par la lutte contre le chômage et le retour des touristes européens, ce parti à la tête de la coalition s’est retrouvé enlisé dans des querelles byzantines qui ont plombé tout effort de remettre le pays sur les rails du développement. Et ni les trois ou quatre assassinats d’opposants politiques ni le flirt du leader charismatique d’Ennahda, El Ghannouchi avec la Salafia El Jihadia ne leur ont facilité la tâche. La Tunisie n’arrivait plus à voir le bout du tunnel.  Heusement pour ce pays, les islamistes, ceux d’Ennahda bien sûr, ont fait marche-arrière en annonçant des élections parlementaires, peut-être les plus clean de l’histoire de la Tunisie depuis feu Bourguiba. Ces élections ont porté aux nues un ancien bourguibiste, Baji Kaid Sebsi. 
Les institutions mises en place, on commençait à voir le bout du tunnel. Malheureusement le pays est sorti affaibli par ces trois années de joutes sociopolitiques. Le chômage qui monte en flèche, un secteur touristique qui peine à reprendre sa vitesse de croisière et comme un malheur ne vient jamais seul, le danger terroriste qui commence à se profiler  à l’horizon, de l’Est comme de l’Ouest. D’un côté, une frontière poreuse avec un pays en déliquescence et où Daech commence à  prendre pied et de l’autre, une Algérie fidèle à ses principes passéistes de leadership de la région et qui, passée maître dans  la manipulation des pions à distance, ne cesse de souffler le chaud et le froid dans ses relations avec la Tunisie post-Printemps arabe. Cette Tunisie qui ne cesse de subir les attaques des terroristes islamistes à partir des hauteurs de la montagne de Chaâmbi à la limite de la frontière avec l’Algérie. Au lieu de sévir avec fermeté contre les terroristes qui une fois leurs forfaits commis retournent de l’autre côté de la frontière, Alger reste dans l’expectative, réfléchissant à la manière de tirer profit de cette nouvelle donne pour mettre à genoux cette Tunisie meurtrie et abattue par tant de malheurs.


  

















Par Nejm-Eddine Mahla
Jeudi 23 Juillet 2015

Lu 976 fois


1.Posté par mourade le 22/07/2015 18:18
Que faire avec de voisins aussi encombrants ?dites-vous?
Seul la patience paie ...ils ont a plusieurs fois tenter a déstabilisé notre pays et après ?
le Maroc est toujours debout et le restera par la grâce de Dieu .

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