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Quatrième jour de bombardements turcs sur Azaz et environs

Les Kurdes avancent résolument vers l'autonomie




Quatrième jour de bombardements turcs sur Azaz et environs
L'artillerie turque a bombardé mardi à l'aube Tall Rifaat, bastion rebelle dans le nord de la Syrie tombé la veille aux mains des forces kurdes, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
La presse turque rapporte de son côté que l'artillerie a ouvert le feu sur des positions des Unités de protection du peuple kurde (YPG) autour d'Azaz (plus au nord), un des deux derniers bastions rebelles soutenus par Ankara et Ryad dans le nord de la province septentrionale d'Alep.
Il s'agit du quatrième jour de bombardements turcs visant les forces kurdes, qui ont rapidement avancé dans la province d'Alep frontalière de la Turquie, profitant de l'affaiblissement des rebelles face à une offensive de l'armée soutenue par les frappes aériennes russes.
La situation est devenue extrêmement complexe dans la province d'Alep, morcelée entre régime, rebelles, jihadistes et Kurdes, avec l'offensive lancée début février par l'armée, appuyée par la Russie, et les bombardements turques contre les Kurdes depuis samedi.
Sur un autre front à Alep, l'armée syrienne a chassé les jihadistes du groupe extrémiste État islamique (EI) qui occupaient depuis 2014 la centrale électrique d'Alep, à l'est de la ville. Sa réhabilitation devrait permettre de fournir de l'électricité à cette deuxième ville de Syrie où le courant est très rationné.
L'EI est concentré dans l'est de la province d'Alep et aussi bien les forces kurdes que l'armée se rapprochent de son territoire.
Les Kurdes syriens, longtemps méprisés par le régime, avancent vers l'établissement d'une zone autonome à la frontière turque, en nouant des ententes d'opportunité avec Washington mais aussi avec Moscou comme récemment dans la province d'Alep.
Au grand dam d'Ankara, leurs forces ont su tirer avantage de la déroute des rebelles dans cette région septentrionale de Syrie face au régime de Bachar al-Assad, pour s'emparer de localités dans une zone située à une vingtaine de kilomètres à peine de la frontière turque.
Dès le début de la crise en 2011, ils ont profité du retrait de l'armée de leurs régions pour lancer leur aspiration autonomiste, établissant une administration locale s'étendant du nord-ouest au nord-est du pays.
Selon le géographe et expert de la Syrie Fabrice Balanche, les Kurdes, qui ont progressé sur le terrain notamment face aux extrémistes de l'Etat islamique (EI) contrôlent désormais 14% du territoire syrien (26.000 km2) contre 9% en 2012.
Et d'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), ils contrôlent les trois quarts des 800 km de frontière entre la Syrie et la Turquie.
Leur rêve est de connecter les trois "cantons" kurdes --Afrine et Kobané dans la province d'Alep et Jaziré dans la province de Hassaké-- en vue d'une autonomie à l'image de leurs frères irakiens.
Dans la bataille d'Alep entamée début février, les forces kurdes ont d'abord brisé le siège d'Afrine imposé depuis plus d'un an par les rebelles islamistes et le Front Al-Nosra, profitant surtout aux frappes aériennes russes.
Et pour relier les deux cantons d'Afrine et de Kobané, ils se préparent à la prochaine bataille contre l'EI, spécialement dans l'est de la province d'Alep.
Mais les Kurdes ne s'alignent ni sur le régime ni avec les rebelles.
Les rebelles ont d'ailleurs accusé les Unités de protection du peuple kurde (YPG), principale milice kurde en Syrie, de faire le jeu du régime en les chassant de localités et villes notamment Tall Rifaat lundi, et de la base aérienne de Minnigh.
Alarmée par cette expansion, la Turquie, qui s'est investie dans le soutien à la rébellion contre Bachar al-Assad pendant près de cinq ans, bombarde depuis samedi les positions kurdes.
De quoi embarrasser les Etats-Unis, qui considèrent les Kurdes comme incontournables dans la lutte contre l'EI, mais qui sont dans le même temps alliés avec Ankara, un membre de l'Otan.
Parallèlement, une entente non déclarée est apparue entre les Kurdes et les Russes qui frappent les positions rebelles et jihadistes depuis septembre. Ces frappes ont permis aux Kurdes de prendre notamment l'aéroport de Minnigh.
Pour la Russie, qui soutient le régime syrien, la question kurde est un moyen pour agacer la Turquie et créer des frictions entre Ankara et Washington.

Mercredi 17 Février 2016

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