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Quand les inégalités débutent par les tâches ménagères

Des comportements machistes que dénoncent ces dames




Quand les inégalités débutent  par les tâches ménagères
 
 
 
Chaque 8 mars, c’est l’heure du bilan. Combat, militantisme, discrimination, égalité, parité, des termes scandés partout. Que ce soit dans les médias, au travail ou dans la rue, on ne parle que des droits de la femme. Parfois même c’est un effet de mode, une façon de suivre le mouvement.
En tout cas, chacun y va de son discours. Mais c’est au sein même de leur foyer que les femmes rencontrent parfois des comportements machistes. La répartition inégale des tâches domestiques est très mal vécue par les femmes. Une situation scandaleuse qui les accule à un épuisant numéro d’équilibriste dans leur volonté de concilier travail et vie privée. Même les femmes au foyer ne sont pas en reste. Ereintées par un travail en continu, elles aspirent au moins à une reconnaissance.
Un double emploi, c’est ce qu’assume Amina depuis qu’elle s’est mariée. Chaque jour que Dieu fait, elle jongle entre son boulot et la tenue de son ménage. Elle en veut à mourir à son mari. «Quand nous étions fiancés, il m’a assuré qu’on allait tout partager et que les tâches ménagères ne le rebutaient guère», se plaint-elle avant d’ajouter :«J’ai vite déchanté car il a fait un effort la première semaine de notre vie commune et puis la nature a repris ses droits».
La jeune femme est vraiment remontée et a du mal à supporter cette situation d’autant plus, comme elle l’avoue, son travail est plus prenant que celui de son mari. «Quand il m’arrive de rentrer tard à la maison, mon cher mari est étendu sur le canapé en train de regarder la télé. Bien évidemment, c’est à moi de préparer le dîner. C’est insensé», râle-t-elle. Comme Amina, elles sont des centaines à vivre le même calvaire. Comment expliquer la persistance de ces inégalités qui choquent finalement peu de monde, tant elles sont banales et intériorisées ? En fait, c’est une question de mentalité. Tout commence par l’éducation très conformiste encore donnée aux petites filles, même inconsciemment. Elles sont amenées à reproduire l’exemple de la maman cantonnée dans les tâches ménagères. Elles y sont préparées de par les jouets qui les ramènent à l’univers domestique.
Une situation que même les femmes au foyer ont du mal à accepter. «D’accord, je n’ai pas d’activité professionnelle raconte pour sa part. Nadia, mais je travaille non stop à la maison». Entre faire le ménage, préparer les repas des enfants, les déposer et les récupérer à l’école, faire les courses, elle se dit complètement dépassée. Sans parler du suivi des enfants pour leurs devoirs, car Monsieur ne tient pas à être dérangé. «Quand je demande à mon mari juste de ranger la chambre des petits, il répond que cela ne servirait à rien puisqu’ils ne tarderont pas à tout bousculer». «La belle excuse! A ma connaissance, le temps des esclaves est bien révolu», s’indigne-t-elle.

Nezha Mounir
Lundi 10 Mars 2014

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