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Quand le hashich prend le relais

La drogue, la belle parade des accros pendant le Ramadan




Quand le hashich prend le relais
Les mauvaises habitudes ont la peau dure. Et ce n’est pas le mois sacré qui changera quoi que ce soit. L’exemple le plus typique est celui de l’alcool. Au lieu de profiter de ce mois sacré où les boissons alcoolisées sont bannies, pour arrêter cette dépendance, d’aucuns se rabattent sur des produits de substitution tels que le cannabis voire les psychotropes. Drôle d’association!
Les fumeurs le font en  ayant  le sentiment d’agir en bons musulmans. Une façon  de se donner bonne conscience. L’alcool interdit par l’islam est momentanément banni. Combien de fois n’a-t-on entendu des jeunes clamer fièrement  «l’alcool ? jamais je n’en consommerai pendant le Ramadan. C’est hram (interdit par la religion)». De ce fait, ils se considèrent clean et n’ayant  rien à se reprocher.
«L’interdiction de l’alcool est coranique et très sévèrement condamnée. En revanche, l’interdiction des drogues ne vaut que par analogie : elles font les mêmes effets que l’alcool et sont mauvaises pour l’être humain, donc proscrites», explique le responsable d’un blog musulman. Tout ce qui altère le raisonnement et la lucidité devrait être évité. Pourtant, chez certains jeunes et juste après le ftour, les soirées arrosées d’alcool cèdent la place à la tournée rituelle des joints comme le confirme Karim : «Les journées sont longues et l’ambiance est partout crispée voire morose.
On attend impatiemment la rupture du jeûne. Rien de mieux alors que de se retrouver entre amis. C’est la détente assurée». Narguillé et joints sont au menu au rythme d’une musique entraînante. D’après les études en psychiatrie et en toxicologie, cette consommation de stupéfiants concentrée dans le temps et associée aux grandes quantités de café et au manque d’alcool provoque une irritabilité des comportements. Les spécialistes assurent que «le changement de substance du jour au lendemain dans un contexte de physiologie perturbée provoque un grand énervement et une irritabilité notamment chez les plus jeunes».
Quid de l’approvisionnement? Pour s’approvisionner, Karim assure qu’il n’a aucun mal. «Il faut juste y mettre le prix». Et pour cause, si pour certains, Ramadan est un mois de spiritualité, pour d’autres c’est avant tout celui des affaires. Les dealers se frottent les mains et réalisent, selon l’un  d’entre eux, le meilleur chiffre  d’affaires de l’année. Les ventes de l’«herbe» sont  dopées par une demande plus importante. 
Les psychotropes ne sont pas en reste et  sont très prisés. Durant le mois de Ramadan, bon nombre de personnes y ont recours pour la longue durée de leur effet. Malheureusement, ils courent un grand danger.  En effet, ces produits vendus 10 fois plus cher qu’en pharmacie peuvent être périmés ou toxiques. Ils proviennent généralement de la contrebande (Mellilia et Sebta) ou  via des circuits en provenance de l’Algérie où ils sont fabriqués dans des laboratoires clandestins et vendus dans le circuit informel.

Marwa Dahou (stagiaire)
Vendredi 19 Juillet 2013

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