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Quand le débat politique fait le buzz au Parlement

Légalisation du cannabis, rejet du budget 2014 et retrait de la proposition de loi organique sur l’amazigh




Quand le débat politique fait le buzz au Parlement
Dans les grands couloirs aux rideaux rouges du Parlement, c’est la fièvre des grands jours. Députés et conseillers sont à pied d’œuvre. L’institution législative vient de fêter ses 50 ans. L’âge de la maturité ? Pas aux yeux du  gouvernement Benkirane qui a choisi de phagocyter l’action parlementaire et de museler l’opposition. «Même si et conformément aux dispositions de la nouvelle Constitution, le législatif est la prérogative absolue du Parlement et que le rôle de l’opposition est clairement défini par la Loi fondamentale», expliquait récemment sur un plateau de télévision le député usfpéiste Hassan Tariq. Ce qui n’empêche pas le Parlement d’être au cœur de l’actualité politique. De provoquer le débat aussi. C’est ce que vient de faire ce mercredi 4 décembre le groupe parlementaire du Parti authenticité et modernité à la Chambre des représentants en organisant un débat sur la légalisation du cannabis au Maroc pour des raisons essentiellement thérapeutiques. «L’initiative de ce parti de l’opposition doit être saluée. Le débat sur la légalisation du cannabis se fait dans les murs du Parlement. C’est une première. Mais attention, il ne s’agit pas de débattre d’un tel sujet pour mieux l’enterrer comme ce qui s’est passé avec la journée d’études sur l’avortement organisée par les islamistes du PJD du temps où ils étaient encore à l’opposition. Ce dossier est mort et enterré maintenant que le PJD est au pouvoir et que c’est une islamiste, Bassima Haqqaoui, qui est à la tête du ministère de la Femme», s’inquiète cette députée de l’opposition.
Débat utile qui fera avancer la réflexion sur l’épineuse question du kif que le Maroc cultive ou débat-gadget, histoire de faire de l’événementiel ? Sous la Coupole, la journée d’études organisée par le PAM et à laquelle ont été conviés politiques, spécialistes et experts –pour reprendre l’expression consacrée- fait couler beaucoup d’encre. «Ce qui en politique n’est pas une mauvaise chose. Bien au contraire. Il n’y a pas pire que l’indifférence pour un parti. Pour de bonnes ou de mauvaises raisons, cette formation politique a réussi à faire une sorte de buzz dans le microcosme politique», soutient cette communicante, championne du marketing politique.
La déclaration du ministre de l’Intérieur, Mohamed Hassad, a, elle aussi, contribué à faire le buzz dans la légalisation du cannabis. Cela s’est passé au Parlement, mardi, lors de la séance des questions orales. Le locataire du ministère de l’Intérieur a justement été interrogé sur la culture du cannabis. «Les saisies de hachich ont augmenté de 40% en 2013. Les cultures de substitution ont contribué à une réduction de 40% des superficies cultivées en cannabis ces dernières années», a révélé Mohamed Hassad devant les députés. Histoire de signifier probablement que le gouvernement a un bon bilan dans la lutte contre la culture et le trafic de cannabis.
La proposition de légalisation du cannabis faite par le PAM soulève aussi  des interrogations. Et les politiques n’ont pas manqué de le faire, sur le ton de la méfiance, y décelant une manœuvre électoraliste.  «Le PAM serait-il déjà à la pêche aux voix électorales en essayant de susciter le soutien des cultivateurs de kif ?», se demandent-ils.
Manœuvre ou pas, les députés du Rassemblement national des indépendants ont eux choisi de retirer leur proposition de loi organique relative à l’amazigh. Au pouvoir et après avoir rejoint la majorité,  le RNI ne partage plus les revendications du mouvement amazigh et auxquelles cette formation avait pourtant fait écho. L’amazighophobie serait-elle contagieuse ? Non, se défendent les bleus passés de l’opposition à la majorité. «Nous voulons qu’une telle loi organique puisse jouir d’un large débat pour aboutir à un consensus», explique un député du parti de la Colombe. Pour l’heure, le débat sur l’amazigh, langue officielle du pays, n’est pas près de se tenir sous la Coupole. Le porte-parole du gouvernement se veut pourtant rassurant.  «Il y a un calendrier clair et précis. Une commission ministérielle présidée par le chef du gouvernement travaillera à partir de ce mois de décembre sur l’élaboration du projet de loi organique relatif à l’amazigh», a en effet déclaré Mostafa El Khalfi à l’AFP.
Chez les conseillers, actualité oblige, les débats se concentrent sur le projet de loi de Finances. Lundi, au cours d’une journée d’études organisée au sein de la Chambre haute, les leaders de l’USFP et de l’Istiqlal ont appelé les parlementaires de l’opposition à voter contre le Budget 2014. La menace est sérieuse. 80% des conseillers appartiennent aux partis de l’opposition. «C’est dire si de gros risques pèsent désormais sur l’adoption du premier budget du ministre RNI Boussaid», conclut ce conseiller istiqlalien.

Narjis Rerhaye
Jeudi 5 Décembre 2013

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