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Quand la pollution menace leur santé, les Chinois manifestent




Quand la pollution menace leur santé, les Chinois manifestent
Dès que le vent se lève, les habitants de Songjiang, un arrondissement de Shanghai, respirent la puanteur d'une énorme décharge d'ordures, réputée tellement nauséabonde qu'elle ferait vomir les riverains et provoquerait des malformations chez les nouveau-nés.
La population du quartier s'est mobilisée, interpellant les autorités sur leur responsabilité à sauvegarder un environnement sain, comme cela arrive de plus en plus souvent en Chine.
"Toutes les ordures de Songjiang arrivent ici. C'est un arrondissement résidentiel, alors les gens s'énervent. Ils disent que si vous respirez les émanations de la décharge, votre bébé sera mal formé", rapporte Chen Chunhui, qui a grandi dans le voisinage.
Des centaines de personnes sont descendues dans la rue fin mai et à nouveau plusieurs dizaines en juin pour s'opposer à un projet d'incinérateur d'un montant de 250 millions de yuans (32 millions d'euros) justifié selon les autorités par l'augmentation de la population locale.
La manifestation du mois de mai est considérée comme la plus importante à Shanghai depuis celle de 2008 contre une extension du train à sustentation magnétique, le Maglev, qui a été depuis repoussée sine die.
Les protestataires de Songjiang -- en grande partie des jeunes éduqués -- affirment que l'incinérateur va dégager de dangereuses toxines.
"Non à l'incinérateur, protégeons nos logements", déclarait en juin un manifestant portant un masque chirurgical.
Les habitants craignent que le projet affecte la santé de centaines de milliers de personnes et demandent que la décharge, qui s'élève jusqu'à 17 mètres de hauteur et a la taille d'un terrain de football, soit déplacée ailleurs.
La pollution de l'environnement et les menaces pour la santé qu'elle engendre sont à l'origine de nombreux mouvements de protestation à travers la Chine.
Et les médias sociaux permettent désormais aux militants de rallier des soutiens à leur cause, malgré le contrôle étroit que le pouvoir politique continue à exercer.
L'an dernier, des milliers de protestataires avaient ainsi obtenu l'arrêt temporaire de la production d'une usine de panneaux solaires à Haining (est), tandis que les habitants de Dalian (nord-est) avaient réussi à empêcher la construction d'un complexe pétrochimique dans leur ville.
Début juillet, des centaines de manifestants se sont heurtés aux forces de l'ordre à Shifang, dans la province du Sichuan (sud-ouest), protestant avec succès contre la construction d'une usine traitant des métaux lourds.
"La classe moyenne émergente dans les villes refuse de plus en plus d'accepter ce qu'elle considère comme une menace pour sa qualité de vie, c'est pourquoi les gens ont davantage tendance à descendre dans la rue" qu'auparavant, selon Phelim Kine, chercheur sur l'Asie pour l'organisation Human Rights Watch, basée à New York.
En 2010, quelque 180.000 mouvements de protestation officiellement appelés "incidents de masse" se sont produits à travers la Chine, un nombre qui n'a cessé d'augmenter depuis les années 1990, selon les estimations de Sun Liping, professeur de sociologie à l'université Tsinghua de Pékin.
Plutôt que de réprimer systématiquement, le pouvoir "a fait le calcul qu'il vaut mieux autoriser une certaine dose de protestations comme moyen de relâcher la pression" tout en continuant à s'en prendre aux meneurs, selon M. Kine.
Dans le cas de Songjiang à Shanghai, les autorités ont toléré les manifestations tout en déployant une présence policière massive, mais n'ont pas cherché à mettre fin au mouvement en détenant des protestataires en grand nombre.
En mai, la police a néanmoins empêché les manifestants d'approcher un quartier universitaire proche,
craignant peut-être une participation des étudiants au mouvement.
Mais contrairement à ce qui s'est passé à Shifang, les autorités n'ont pas cédé.
"Faites-nous confiance, nous allons dépenser tellement d'argent qu'il n'y a aucune raison de croire que nous ne ferons pas en sorte que (l'incinérateur) fonctionne proprement et en toute sécurité", a déclaré au quotidien Global Times Xu Qiyong, un responsable du bureau d'hygiène de Songjiang.
Mais la confiance, justement, pose problème, car "il n'y a pas de transparence", relève un des manifestants.
                                  

AFP
Vendredi 20 Juillet 2012

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