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Quand la CGEM fait de la politique sans le savoir




La CGEM fait-elle de la politique sans le savoir ? Depuis son entrée à la Chambre des conseillers, le patronat fait l’actualité politique tout en s’interdisant l’implication dans le jeu politique. Forts de 8 membres devenus conseillers, les patrons de la Coupole se font faiseurs de roi tout en invoquant une indépendance acharnée par rapport aux partis.
La posture agace les acteurs politiques dont un portrait sombre est brossé par ceux et celles de la CGEM. «Ces patrons et autres chefs d’entreprise font mine d’oublier que tout est politique à commencer par l’économie. Leur attitude de vierge effarouchée tombée dans le marécage  politique ne convainc pas grand monde. Sous la Coupole, ils veulent fonctionner en groupement qui défend ses intérêts, autrement dit en lobby», soupire ce conseiller de l’Union socialiste des forces populaires.
Tout a commencé avec la candidature de Neila Tazi à la présidence de la Chambre haute.  Les raisons d’une telle candidature sont l’expression d’une défiance de la politique. «Nous présentons notre candidate pour éviter d’avoir à voter pour l’un ou l’autre camp», a en substance expliqué la CGEM. Une candidature «militante» en somme, avec un signal en direction des femmes dans une institution où seules 13 Marocaines ont été élues. Les motifs du  retrait de la candidature de la papesse des gnaouas -survenu  quelques heures avant  l’élection du président- sont trempés dans la même encre d’indépendance.
C’est au nom de la neutralité de la CGEM que le patronat a en effet retiré sa candidate, explique un communiqué de la Confédération générale des entreprises marocaines.  Dès lors que la majorité avait son candidat, en l’occurrence le PPS Abdellatif Ouamou, l’instance présidée par Meriem Bensalah ne voulait pas brouiller les pistes en maintenant la candidature de Mme Tazi. «Un raisonnement qui ne signifie pas grand-chose. D’autant que si l’on suit le principe de neutralité invoqué par la CGEM, une telle neutralité doit être de mise aussi bien par rapport à l’opposition que la majorité.  Je pense plutôt que la candidature à la présidence a été une erreur du patronat qui a péché par excès de confiance et pour de mauvaises raisons. Parce qu’on ne peut pas être au Parlement et s’offusquer de l’action politique  en la dénigrant avec force de sous-entendus», soutient ce politologue de la place.
Et à l’occasion de l’élection de la présidence de la deuxième Chambre -une élection qui a vu s’affronter deux candidats de l’opposition, le Pamiste Hakim Benchemass et l’Istiqlalien Abdessamad Qayouh- le vote des 8 conseillers élus sous la bannière de la CGEM a fait l’objet de toutes les supputations.

La CGEM et tous
les attributs de la politique
Pour qui ont-ils voté ? Quel est le candidat (et donc le parti) qui a remporté leurs faveurs ? Ont-ils voté PAM ? Ou est-ce l’Istiqlal qui les a séduits ? Des questions qui ont tenu en haleine les chroniqueurs politiques jusqu’à ce que la tête de liste CGEM et pressenti président du  groupe parlementaire, Abdelilah Hifdi, n’apporte les réponses tant attendues. Le vote des 8 conseillers-patrons a été scindé en deux, 4 pour l’Istiqlal et 4 pour le PAM. «Une consigne de vote qui a été donnée pour le second tour.  La neutralité de la CGEM et son refus d'entrer dans les luttes de partis ou de personnes sont donc respectés», a déclaré A. Hifdi à nos confrères du Panorapost.
Que faut-il retenir de cette séquence où les parlementaires du patronat ont essayé de se démarquer en multipliant les actions, et surtout les actions de communication ? D’abord une bonne dose de maladresse qu’il faudra sûrement mettre sur le compte des premiers pas qui font forcément trébucher.  Comment peut-on prétendre garder ses distances de la politique tout en défendant l’entreprise ? L’hypothèse est plus que douteuse. L’intérêt de l’entreprise est aussi une affaire politique. L’amélioration du  climat des affaires passe aussi et surtout par le politique. Quand un chef d’Etat entreprend un voyage à l’étranger, il se fait tout aussi bien sous le signe du politique que de l’économique.
Re-question : la CGEM fait-elle de la politique sans le savoir ? Sous la Coupole des conseillers, les élus du patronat en revendiquent en tout cas tous les attributs,  de la vice-présidence au groupe parlementaire.
Et dans le microcosme économique, ils sont quelques-uns à  s’en inquiéter déjà, reprochant à l’organisation patronale ses ambitions affichées d’acteur incontournable de l’institution législative.

Narjis Rerhaye
Vendredi 23 Octobre 2015

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