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Quand l'inconscience fait le lit du séparatisme et de la déstabilisation




L'incompréhensible attitude du gouvernement minoritaire de Suède, prompt à reconnaître un Polisario aux abois qui se décompose à vue d'œil, pèche par inconscience et méconnaissance de la réalité sur le terrain.
La démarche suédoise envers une entité créée de toutes pièces à l'époque de la Guerre froide risque bien de mettre de l'eau dans le moulin de ceux qui, dans leur anachronisme, soufflent sur les braises du séparatisme et de l'instabilité régionale.
Les connaisseurs du dossier les plus avertis se posent d'ores et déjà la lancinante question de savoir si l'interférence du royaume nordique dans le processus de règlement mené sous l'égide de l'ONU ne risque pas de mettre un peu plus en péril la fragile stabilité régionale.
"C'est tout simplement de l'inconscience la plus crasse qui encourage et ouvre la porte aux mouvements terroristes les plus divers", commente amèrement l'universitaire et spécialiste suisse du monde arabe, Jean-Marc Maillard.
A l'évidence, l'impair diplomatique de Stockholm laisse d'autant plus perplexe que les grandes puissances s'attachent depuis toujours à un compromis réaliste et mutuellement acceptable, en jugeant irrecevable toute reconnaissance d'une entité ne répondant à aucune des conditions d'un Etat viable.
"Les pays influents et ceux historiquement proches du Maroc, dont l'Espagne, ne veulent surtout pas voir un autre foyer d'instabilité dans une région fortement exposée aux dangers de l'extrémisme violent et des trafics en tous genres", confie à la MAP un diplomate africain en poste à Genève.
Ce dernier s'interroge sur "les véritables motivations" du gouvernement suédois qui "n'a clairement pas pris suffisamment de temps pour mieux comprendre un dossier aussi complexe et ses ramifications régionales".
Car une chose est sûre : sans le soutien politique, militaire et financier des autorités algériennes, la chimérique "Rasd" aurait disparu depuis longtemps et n'aurait pu avoir aucune présence diplomatique.
C'est la raison pour laquelle M. Maillard regrette que certains pays "n'aient aucune culture historique du monde arabo-musulman et cumulent les erreurs d'appréciation à leur égard".
Pourtant, un Etat lointain comme le Japon n'a pas hésité à inscrire le Polisario sur sa liste des organisations terroristes et à inviter ses ressortissants à ne pas se rendre dans les zones correspondant aux territoires abandonnés par l'Algérie aux séparatistes pour y ériger leur république fantoche.
Mieux, en octobre 2013, le journal américain Daily Beast a fait des révélations sur "les dérives terroristes" du Polisario et le risque de transformation des camps, sous l'œil complaisant d'Alger, en une base logistique et un terrain fertile de recrutement au profit des groupes terroristes.
L'alerte lancée au début de 2014 par l'Institut Potomac des études politiques contre les inquiétantes connexions entre les groupes terroristes liés à Al-Qaïda et les séparatistes du Polisario, a eu grand effet outre-Atlantique où le Washington Post redoute à son tour une contagion djihadiste de grande ampleur en Afrique du Nord et au Sahel.
Se référant aux conclusions du Centre international des études sur le terrorisme (ICTS) qui relève de Potomac, le très sérieux quotidien américain souligne que les liaisons terroristes des séparatistes se sont confirmées en 2012 lors de la sanglante occupation du Nord du Mali par une alliance hétéroclite de mouvements et groupes djihadistes, parmi lesquels figuraient bien des combattants du Polisario.
Et décidément, il y a derrière ces milices débridées, devenues un agent déstabilisateur dans la région et un vivier bien indiqué pour les groupes extrémistes, un régime algérien qui n'a d'autre choix pour se maintenir que de faire perdurer un climat de conflit avec le Royaume.
Autant dire qu'une éventuelle reconnaissance de la pseudo-république par la Suède serait une ingérence malvenue dans le processus de paix onusien, au point mort depuis des années sous l'effet de la mainmise algérienne sur le Polisario.
Le conflit du Sahara dit occidental est un différend imposé au Maroc par l'Algérie qui finance et héberge sur son territoire à Tindouf le mouvement séparatiste du Polisario.
Le Polisario, soutenu par le pouvoir algérien, revendique la création d'un Etat factice au Maghreb, une situation qui bloque tous les efforts de la communauté internationale pour une intégration économique et sécuritaire régionale.

Jeudi 1 Octobre 2015

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