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Quand des anciens de Polaroïd sauvent la pellicule instantanée




L'usine Polaroïd d'Enschede (est des Pays-Bas) a fermé mais le bruit des machines s'y fait toujours entendre: une poignée d'ouvriers a relancé la fabrication des pellicules à développement instantané des célèbres appareils photo.
Un an et demi après avoir fait redémarrer les machines rachetées à Polaroïd, l'entreprise baptisée Impossible vend sur internet depuis mars ses propres pellicules en noir et blanc, compatibles avec le très populaire modèle SX70 des années 1970.
"Beaucoup de gens sont fascinés" par ces "photos qui se développent dans votre main", explique l'Autrichien Florian Kaps, 40 ans, un passionné de photographie argentique à l'origine du projet.
La société espère fabriquer des pellicules couleur à partir de l'été et compte produire un million de cartouches de huit photos à 18 euros d'ici la fin de l'année.
"Tout le monde a dit que c'était impossible à faire : nous avons donc pensé que c'était le nom parfait" pour l'entreprise, explique Florian Kaps, selon lequel il y a actuellement 300 millions d'appareils photo Polaroïd dans le monde.
Polaroïd, dont la chute a été précipitée par l'arrivée de la photographie numérique, a déclaré faillite en 2008 suite à une affaire de fraude. Ses actifs ont été rachetés par deux fonds d'investissement spécialisés dans la reprise de marques connues.
Lorsque le groupe américain ferme en juin 2008 sa dernière usine de pellicules au monde à Enschede, Florian Kaps convainc André Bosman, alors directeur technique, de sauver une partie du matériel.
Avec un capital de trois millions d'euros et treize investisseurs, les deux associés rachètent dix machines et un stock de 500.000 pellicules, désormais presque écoulé, et s'installent dans l'un des cinq bâtiments de l'usine.
"Faire la même chose que Polaroïd était impossible", souligne l'ingénieur André Bosman, 56 ans, dans l'usine depuis 1980. Polaroïd ne produisant plus de composants chimiques depuis 2006, les chimistes d'Impossible ont dû mettre au point eux-mêmes une nouvelle recette, à base de 25 ingrédients.
Dans le laboratoire, devenu bien grand pour les deux chimistes qui y testent les colorants, une série de clichés jaunis de Betsy, un mannequin de vitrine, mascotte de l'usine depuis les années 1970, traîne sur une table.
Un étage plus bas, Paul Latka, 52 ans, petites lunettes et l'air timide, veille sur les emballages qui défilent sur un tapis métallique.
"J'ai vraiment pleuré quand Polaroïd a arrêté", confie l'ouvrier, qui a commencé à travailler là en 1979, lorsque l'usine employait environ 1.200 personnes et produisait 120 millions de pellicules en moyenne chaque année.
"Il y a toujours une chance, comme il y a toujours un risque que cela ne marche pas", sourit-il à propos du projet d'Impossible, qui emploie désormais 25 employés ayant 25 ans d'expérience en moyenne dans l'usine.
Dans l'atelier d'assemblage, l'air sent les produits chimiques et la poussière. Les rouleaux de films négatifs et positifs tournent à pleine vitesse avant d'être collés ensemble et ceints du légendaire cadre rectangulaire blanc.
"Les gens qui contrôlent dorénavant Polaroïd ont le nom, nous avons l'âme et le corps", assure André Bosman.

AFP
Vendredi 21 Mai 2010

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