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Purge au sein du Polisario




Mohamed Lamine Bouhali limogé par Mohamed Abdelaziz

Le dernier congrès du Polisario a, comme on pouvait s’y attendre, reconduit Mohamed Abdelaziz à la tête du mouvement. Ce dernier a mis à profit cette reconduction pour faire une démonstration de force et expliquer à ses détracteurs et à ceux aspirant à une lueur de démocratie qu’il était le seule maître à bord et que ses décisions étaient irrévocables.
C’est ainsi que l’Algérien Mohamed Lamine Bouhali, ex-bidasse dans les rangs de l’ALN, devenu soi-disant ministre de la Défense pendant les quatre dernières décennies, d’une république imaginaire et qui se croyait intouchable, a appris son limogeage du prétendu ministère.
Bouhali  qui se sentait inutile, en temps de paix, ne cessait de proférer des menaces de reprise des armes. Ce qui n’a pas manqué de mécontenter les dirigeants algériens que la raison d’Etat obligeait à se défaire d’un agent devenu incontrôlable et auquel on reprochait ses affinités avec les nombreux trafiquants évoluant dans cette zone.
Si les services secrets algériens ont fermé les yeux sur les nombreux trafics perpétrés par Bouhali et sa garde rapprochée, ils n’ont pas toléré que les armes données gracieusement au Polisario, soient tournées contre l’armée algérienne. En effet, l’armée algérienne a saisi des armes provenant de ses magasins utilisées par des terroristes parmi ceux qui avaient attaqué des installations et des intérêts algériens. Armes que Bouhali est soupçonné d’avoir vendues  aux terroristes.
Mohamed Abdelaziz, voulant signifier qu’aucune opposition à ses décisions n’était tolérée a limogé l’un de ses plus proches compagnons, membre fondateur du Polisario. Brahim Ghali, jusque-là, l’un des ténors de la diplomatie de la prétendue république, avait critiqué le renvoi de Bouhali et exprimé sa solidarité avec lui. Il a appris, quant à lui, qu’il avait été remplacé à la tête de la représentation du Polisario à Alger où il avait été parachuté pour lui éviter d’être interpellé par la justice espagnole qui avait émis un mandat d’arrêt contre lui. Les règlements de comptes effectués par le patron du Polisario ont également touché celui qu’il avait nommé au poste de ministre de la Coopération. Ce dernier, Hadj Mohamed, ne croyait pas avoir franchi ce qui est considéré par le Polisario comme une ligne rouge. Il a fait une déclaration à la presse, sans une autorisation préalable du chef. Pire encore, dans sa déclaration, il a critiqué l’absence de démocratie pendant les assises du congrès. En procédant à ces limogeages, Mohamed Abdelaziz a démontré que les services secrets algériens, voulant sauvegarder leurs intérêts, se sont démarqués de Bouhali et lui ont apporté leur soutien. Ce qui lui a donné les coudées franches pour se débarrasser de tous ceux qui pouvaient lui faire ombrage.
Mais cette démonstration de force de la part de Mohamed Abdelaziz et les limogeages auxquels il a procédé, s’ils ont surpris les observateurs, ont mis à nu les dissensions et les fissures qui se font de plus en plus grandes entre les membres de la direction du Polisario.

 

Ahmadou El-Katab
Lundi 18 Janvier 2016

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