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Province d’Essaouira : De la déperdition scolaire à la déperdition universitaire




Province d’Essaouira : De la déperdition scolaire à la déperdition universitaire
La question des bourses d’études universitaires ne cesse de faire débat dans la province d’Essaouira porteuse de grands indicateurs d’enclavement et toujours  privée de structures universitaires. A l’entame de l’année 2011-2012, les parents des nouveaux bacheliers ont été étonnés de voir le nombre insignifiant de bourses allouées aux étudiants originaires de la province. Soumise à des critères assez injustes, d’après  des parents interviewés, la bourse n’aura finalement profité qu’à 59% des candidats.
«Tous les candidats dont les parents touchent un salaire supérieur à mille dirhams ont malheureusement été  privés de la bourse ! À quoi peut servir un salaire de mille dirhams de nos jours ? Est ce que l’Etat entend vraiment instaurer une société de connaissance et de savoir ou cherche-t-il à limiter les chances de promotion sociale devant les couches modestes et défavorisées ? Cette décision ne peut malheureusement que favoriser les facteurs de déperdition », nous a déclaré un père non sans pointer du doigt les décideurs au niveau du ministère de Khchichen.
La mobilisation va bon train dans les rangs des parents, les associations des parents et tuteurs des élèves pétitionnent et saisissent autorités locales et élus ainsi que le département de l’enseignement en vue de trouver une issue à cette situation  insoutenable.
«  Je touche un salaire mensuel de 2700 dirhams, j’ai quatre enfants y compris un bachelier qui doit se déplacer à Marrakech faute d’université à Essaouira. De ce fait, il a besoin d’être logé, nourri, habillé sans citer bien sûr livres, fournitures scolaires et déplacements. Comment pourrai-je subvenir à ces besoins tout en assurant les conditions minimales de survie à ma famille ? Est-ce que je peux me considérer comme quelqu’un d’aisé avec ce salaire de misère puisque le nombre de dossiers acceptés s’est arrêté au seuil de mille dirhams pour ainsi priver mon enfant de la bourse d’études universitaires ?» S’interroge un père sur un ton dénonciateur.
D’après des sources au niveau de la délégation du ministère de l’Education nationale, le chiffre de 1000 dirhams avait été sujet à confusion, car il n’a en aucun cas servi de référence pour l’octroi des bourses. Bien au contraire, l’année dernière le seuil du salaire maximal était de 3500 dirhams. Cette saison, le nombre de dossiers admis a connu une nette progression passant de 416 à 490 , mais cela n’avait aucun effet sur les bénéficiaires, car le nombre de candidats était passé de 514 en 2010 à 817 en 2011. De ce fait, le nombre de bourses allouées à la province n’a pas accompagné l’augmentation  des dossiers déposés suite à une compagne de sensibilisation initiée par la délégation du MEN auprès des élèves bacheliers de l’année dernière.
«  Malheureusement, les décideurs au niveau central ne se réfèrent pas à un pourcentage précis ; ils travaillent seulement sur l’amélioration des indicateurs de l’année précédente sans prendre en considération le nombre de dossiers déposés. De ce fait, l’amélioration du chiffre des dossiers admis n’a pas accompagné l’augmentation des candidats », a déclaré un membre d’une association des tuteurs et parents d’élèves à Essaouira.
Certes, l’Etat a fourni des efforts pour atténuer le phénomène de déperdition scolaire par le biais d’un plan intégré qui a concerné le logistique, le social et le pédagogique avec l’espoir de voir plus de jeunes Marocains décrocher leur bac (7% seulement actuellement), mais les critères adoptés actuellement pour l’octroi de la bourse d’études universitaires risquent de bloquer le parcours académique des jeunes Marocains  qui s’accrochent pourtant contre vents et marées.
Pour les parents et tuteurs des bacheliers privés contre toute attente de bourses, il n’est pas question de baisser les bras, car c’est de l’avenir de leurs enfants qu’il s’agit, et l’Etat devrait en assumer ses responsabilités.

Abdelali khallad
Mardi 20 Septembre 2011

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