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Protection des personnes contre la disparition forcée : L’approbation de la convention internationale mettra-t-elle fin aux souffrances des familles concernées ?




L’ambiance était bon enfant ce jeudi à l’Hémicycle. Et pour cause, les députés de la première Chambre du Parlement, majorité comme opposition, étaient au rendez-vous avec une séance de vote particulière. Le projet de loi 20.12 portant approbation de la convention internationale pour la protection des personnes contre la disparition forcée attendait toujours un vote actif et positif. Chose faite, à l’unanimité des présents. Un pas vers la consécration de la législation nationale pour la préservation des droits humains. Mais aussi pour la mise en application des termes de la nouvelle Constitution, dans son sens démocratique. Il faut dire que cette convention, signée il y a seize ans par le Maroc, n’a jamais été ratifiée et du coup écornait l’image d’un Maroc, pourtant réconcilié avec son passé, grâce à l’Instance équité et réconciliation.
Beaucoup de familles ont souffert par le passé. Certaines souffrent encore. Celle de Houcine Manouzi est la plus connue. Mais un cas reste à élucider : s’il s’agit  de Mohamed Esslami, porté disparu il y a quinze ans, plus précisément depuis un jeudi 27 novembre 1997. S’il est toujours en vie, Mohamed devrait avoir 42 ans. Ce jeune homme de 27 ans, étudiant en médecine, venait de soutenir sa thèse de doctorat à la Faculté de médecine de Casablanca et avait prêté le serment d’Hippocrate en présence de sa famille et de ses amis.
Dans la soirée du samedi 29 novembre 1997 vers 21h30, il disparaissait à Rabat alors qu’il se rendait dans un taxiphone dans le quartier de l’Océan. Depuis, on ne l’a plus revu. Jusqu’à présent, la mère de Mohamed (son père est décédé cette année sans avoir pu retrouver son fils) vit toujours dans l’espoir de voir son fils, du moins connaître son sort.
Mais bien des questions hantent la famille du disparu : «Mohammed a-t-il été victime d’un enlèvement ? Dans quelles conditions a-t-il été enlevé ? Quels en sont les commanditaires? Qui l’a exécuté?  S’il est toujours en vie, où se trouve-t-il ? Dans le cas contraire, où se trouve son corps.
Même l’Instance équité et réconciliation n’avait pu fournir la moindre information. La famille avait révélé à l’IER des noms et des indices pertinents sur des témoins et agents qui se sont rendus chez la famille. Ces personnes n’ont jamais été interpellées.
Aujourd’hui, ces familles sont des trouble-fête qui empêchent le Maroc de se réconcilier avec son passé, alors même qu’elles s’attachent à un droit élémentaire garanti par la convention internationale de protection de toutes les personnes contre la disparition forcée, dont le Maroc a été l’un des premiers signataires. Sommes-nous face à une démarche deux poids  deux mesures ? « Nous nous réjouissons de cette ratification, et nous saisissons l’occasion pour nous unir contre l’oubli et continuer à réclamer le sort des disparus », déclare Houria Esslami, sœur du jeune disparu.

Mustapha Elouizi
Samedi 30 Juin 2012

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