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Projet suédois pour la reconnaissance de la pseudo RASD : La riposte des partis politiques et des centrales syndicales ne s’est pas fait attendre

Driss Lachguar : "C'est la provocation de trop"




Depuis le matin de ce mardi 29 septembre, le voyage en Suède des leaders des 8 partis représentés au Parlement en plus du PSU se précise. « Nous sommes dans l’attente de l’obtention de rendez-vous avec différents responsables suédois.  Nous n’y allons pas en touristes. Mais tant que nous n’avons pas de rendez-vous, il n’y a pas de voyage », nous a confié un secrétaire général d’un parti de la majorité. Selon nos informations, chaque parti devrait  dépêcher deux de ses dirigeants.
La longue réunion tenue lundi 28 septembre par le chef du gouvernement avec les leaders des 9 partis –hormis le PPS et le RNI dont les SG étaient à l’étranger et qui ont été représentés respectivement par Rachid Rokbane, le président du groupe parlementaire à la Chambre basse et Rachid Talbi Alami le président de la chambre des représentants- a sonné le tocsin de la mobilisation autour de la défense de l’intégrité territoriale marocaine.
Et pour cause. La nouvelle coalition de gauche au pouvoir à Stockholm s’apprête à adopter un projet de loi portant sur la reconnaissance de la RASD. «Un tel projet faisait partie du programme électoral de la coalition composée des sociaux-démocrates  et des verts », rappelle ce responsable politique.
A l’USFP, on n’est guère surpris. Cela fait des décennies que les socialistes marocains contre-attaquent  la Suède et son soutien agissant des séparatistes sahraouis et ce dans tous les cénacles internationaux. « Les positions suédoises ne sont pas nouvelles pour nous. Nous les vivons régulièrement au sein de l’Internationale socialiste et de l’Alliance progressiste. A l’international, l’USFP a mené et continue de mener des batailles mémorables contre la Suède », soupire le Premier secrétaire du parti de la Rose, Driss Lachguar.  Mais pour ce socialiste, le projet de loi relatif à la reconnaissance de la RASD est « la provocation de trop ».  Dans la soirée du 28 septembre, cette formation politique réunit dans l’urgence son Bureau politique.

« Pas question de se laisser faire »
Ce lundi, les participants à la réunion convoquée dans l’urgence par A. Benkirane le savent : l’affaire est grave. Au siège de la Primature, dans la grande salle qui accueille d’habitude le Conseil de gouvernement, l’ambiance est lourde. Abdelilah Benkirane a le ton solennel. Le tandem qui préside aux destinées du ministère de l’Intérieur, Mohamed Hassad et Cherki Drais, est présent. C’est le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères qui représente le ministre Mezouar en voyage officiel à New York pour assister à l’Assemblée générale des Nations unies. Tour à tour, ils prennent la parole pour exposer les derniers développements concernant le Sahara.
Les dirigeants de la majorité et de l’opposition sont tout à l’écoute.  Pendant plus de 2 heures, le personnel politique, réuni autour du chef de file de la majorité au pouvoir, débat, analyse, propose. Des décisions sont prises sur fond d’un seul mot d’ordre : Pas question pour le Maroc de laisser faire et de mettre en péril l’intégrité territoriale du pays.
Majorité et opposition tiennent le même langage et sont unanimes sur la gravité  du projet de la Suède. « C’est un incident très grave qui peut faire boule de neige d’abord chez les pays nordiques : Finlande, Norvège, Danemark. Il ne faut pas non plus qu’une même influence agisse sur des pays de l’Est, l’Allemagne ou encore la Grande-Bretagne. C’est pourquoi nous avons retenu la fermeté, la plus grande fermeté en délivrant comme principal message que le Maroc utilisera tous les moyens diplomatiques, politiques et économiques pour défendre ses intérêts », commente Nabil Benabdallah le secrétaire général du PPS.
Tous les moyens seront donc utilisés par le Royaume pour que ses intérêts –ici son unité territoriale –soient sauvegardés.  C’est d’ailleurs dans ce contexte qu’il faut placer la non ouverture à Zenata du magasin IKEA, le géant suédois des meubles en kit qui devait avoir lieu mardi 29 septembre. Derrière l’absence de certificat de conformité brandie par la wilaya de Casablanca, se profilent les premières représailles économiques décidées par Rabat. Un communiqué de la wilaya de Casablanca tombé dans la soirée de lundi enfonce un peu plus le clou. « L’annonce par les responsables de la société IKEA d’une nouvelle date d’inauguration n’engage en rien l’administration marocaine»,  y lit-on.

La Suède veut à tout prix un siège au Conseil de sécurité
Si la Suède a toujours soutenu les thèses séparatistes - un soutien souvent bruyant, sonnant et trébuchant- ce projet de reconnaissance d’une république fantomatique s’inscrit dans le cadre d’enjeux géopolitiques propres à Stockholm. « En 2016, au Conseil de sécurité, 2 sièges sont à pourvoir du côté de l’Europe. La Suède a déjà fait acte de candidature et s’est mobilisée pour siéger au sein du Conseil.  Pour ce faire, elle veut rallier des voix africaines hostiles à l’intégrité territoriale du Maroc en portant la prétendue cause du Polisario.  Stockholm croit pouvoir remettre les compteurs à zéro sur la question du Sahara en épousant les thèses algériennes », explique le président de la Chambre basse, Rachid Talbi Alami. De la cause palestinienne à celle des mercenaires du Polisario.  En 2012, la Suède est en pointe dans la bataille en faveur de l’obtention par la Palestine du statut d’observateur aux Nations unies. En 2016, c’est une cause perdue au nom d’intérêts suédois propres que Stockholm soutient. «Les Sudédois sont à contre-courant de la communauté internationale qui dans sa quasi-majorité est absolument contre la création d’un micro-Etat dans la région et plaide pour une solution politique entre les parties », fait valoir le Premier secrétaire de l’USFP.

L’agenda chargé
des Usfpéistes

C’est ce que les socialistes marocains ne manqueront de dire en faisant entendre leurs voix à l’occasion de plusieurs rendez-vous socialistes et progressistes à l’international programmés de longue date. Le 18 octobre, les représentants usfpéistes seront à Genève pour participer à une rencontre internationale  des parlementaires socialistes.  L’USFP sera à Barcelone le 26 octobre pour assister aux travaux de la commission méditerranéenne de l’Internationale socialiste et au Liban les 30 et 31 octobre pour la tenue du Forum arabe progressiste.   Des socialistes marocains qui seront enfin présents en Angola qui accueillera à la fin du mois de novembre le conseil de l’Internationale socialiste. Un agenda chargé et autant d’étapes pour que « résonne » la voix marocaine.

L’USFP condamne la position de la Suède


Lors de sa réunion hebdomadaire, le Bureau politique de l’USFP a  vivement condamné la position de la Suède  hostile à notre intégrité territoriale.
Lire dans notre édition de demain la traduction intégrale du communiqué du Bureau politique de l’USFP.

Narjis Rerhaye
Mercredi 30 Septembre 2015

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