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Profondes divisions des pays membres de l'OMC

La Conférence ministérielle se tient pour la première foisen Afrique




Les 162 pays-membres de l'OMC (Organisation mondiale du commerce) apparaissaient profondément divisés avant leur conférence ministérielle qui se tient pour la première fois en Afrique, à partir d’aujourd’hui jusqu’au 18 décembre à Nairobi.
 Deux ans après la conférence de Bali, où les ministres avaient réussi à se mettre d'accord in extremis sur un accord douanier, censé booster le commerce mondial, les ministres se retrouvent à nouveau avec le dossier de l'agenda du cycle de Doha sur la table, dans l'impasse depuis 14 ans.
 Le cycle de Doha a pour but de libéraliser le commerce mondial sur une base multilatérale, avec des bénéfices particuliers pour les pays en développement, mais les négociations se sont enlisées depuis plusieurs années.
 Dans ce contexte, des pays ont préféré négocier en dehors de l'OMC des accords régionaux, en concurrence directe avec l'organisation basée à Genève.
L'OMC traite de sujets complexes telles que la règlementation liée au commerce mondial, comme les subventions, les aides publiques, ou les barrières douanières, les stocks alimentaires. Ces discussions ont pour but de rendre ces règles les plus simples et transparentes possibles pour qu'elles ne constituent pas d'obstacles au développement des relations commerciales entre les pays.
Comme rien de concret n'est apparu sur Doha, d'aucuns considèrent la conférence de Nairobi, comme celle de la dernière chance.
 La conférence de Nairobi "est vitale pour l'avenir de l'OMC", a estimé mercredi Mme Cecilia Malmstroem, commissaire européenne en charge du commerce mondial, devant le Parlement européen.
 "Les évènements ces derniers jours à Genève se sont détériorés de manière dramatique, ce qui confirme que nous faisons face à une conférence ministérielle très difficile à Nairobi", a ajouté la Commissaire.
 Toutes les réunions préparatoires qui se sont tenues à Genève ces dernières semaines et mois, n'ont pas abouti à des avancées laissant espérer des résultats positifs à Nairobi, indique-t-on de source proche de l'OMC.
 Mercredi, Matthias Fekl, secrétaire d'Etat français au Commerce extérieur, a déclaré lors d'une audition à l'Assemblée nationale à Paris, s'attendre "à des négociations difficiles" à Nairobi.
 "J'ai très peu d'espoir", que lors de la conférence de Nairobi "nous parvenions à un accord large - global je n'en parle même pas - mais large et ambitieux", a-t-il déclaré.  Selon une source bien informée, à Nairobi, "on parlera de l'agenda de Doha, de son avenir, du programme de travail de l'année prochaine, des subventions aux exportations du secteur agricole, qu'il faudrait éliminer, et des mesures à prendre en faveur des pays les moins avancés".
 Concernant l'agenda de Doha, serpent de mer de l'OMC depuis 14 ans, les fronts sont divisés entre d'un côté ceux qui souhaitent continuer coûte que coûte à négocier, même si les progrès sont modestes et ceux qui veulent introduire de nouveaux sujets. En outre, certains demandent que la liste des pays en développement, pour lesquels un traitement spécifique est réservée, soit révisée dans un sens plus restrictif.
 Le cycle de Doha "a échoué", a estimé le représentant spécial américain pour le commerce Michael Froman, dans une tribune publiée lundi par le Financial Times.  "Aujourd'hui, les négociations de Doha restent dans l'impasse. Après 14 ans (...), il n'y a pas de lumière au bout du tunnel", juge l'Américain; en appelant à "mettre sur la table de nouvelles approches" car "les questions (soulevées dans le cycle) de Doha sont trop importantes pour être laissées à l'architecture de Doha".
 Les ministres devraient également plancher sur un ensemble de mesures spécifiques destinées aux pays les plus pauvres de la planète, les PMA (pays les moins avancés).
 "Les détails concrets seront discutés à Nairobi", indique-t-on de source proche du dossier. Les États-Unis accordent déjà un traitement spécial aux pays africains PMA, mais sont réticents à les élargir aux pays asiatiques, membres de ce même groupe.
 Au cours de cette Conférence ministérielle, deux nouveaux Etats-membres viendront signer solennellement leur acte d'adhésion : le Liberia et l'Afghanistan. Une cérémonie en leur honneur sera organisée, avec la présence de la présidente du Liberia, Mme Ellen Johnson Sirleaf, et de M. Abdallah Abdallah, chef du gouvernement afghan.

Mardi 15 Décembre 2015

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