Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Procès de l’attentat contre le café Argana : Parquet et défense décident d’interjeter appel




Procès de l’attentat contre le café Argana : Parquet et défense décident d’interjeter appel
C’est un sentiment de  mécontentement général qui s’est dégagé du jugement prononcé par le tribunal de Salé relatif  à l’affaire de l’attentat contre le café Argana à Marrakech,  condamnant Adil Al Atmani, principal accusé, à la peine capitale, son complice Hakim Dah à perpétuité et les sept autres accusés à des peines allant de 2 à 4 ans de prison. Aussi bien les avocats des accusés, des parties civiles que le Parquet général, tous ont décidé d’interjeter appel.  
Sitôt le jugement rendu, la soeur d’Al-Atmani s’est mise à protester à haute voix dans la salle d’audience empêchant le juge de poursuivre sa lecture, avant de perdre connaissance. De son côté, maître Abderrahmane Abideddine, avocat d’Al Atmani , n’a pas manqué de signaler, dans sa déclaration  à l’AFP, qu’il s’étonne que la justice continue à prononcer la peine de mort alors que le Royaume l’a abolie de facto. « Cette sentence figure dans la loi, mais il ne faut plus la prononcer dès lors qu’on s’achemine vers son abolition», a-t-il précisé. Il est à rappeler que même si elle est  toujours inscrite dans le Code pénal, la peine capitale n’a pas été exécutée au Maroc depuis 1993. Quant à l’accusé lui-même, il ne cesse de clamer son innocence. Et pourtant, au début de l’enquête, il avait reconnu son implication dans l’attentat avant de se rétracter. «Je n’ai aucun lien avec cet attentat. Je suis innocent,  et le résultat de ce procès va nous permettre d’établir si le Maroc est vraiment sur la voie des réformes», a-t-il lancé.
D’ailleurs, on retrouve le même son de cloche chez les autres accusés. En effet, lors de leur prise de parole avant le prononcé du jugement, ils ont nié en bloc toutes les accusations et déclaré n’avoir aucun lien ni avec l’islamisme ni  encore moins avec le terrorisme. Pourtant, le Parquet affirme le contraire. Selon lui, les principaux accusés étaient des personnes "qui ont avoué avoir adhéré au courant jihadiste" et "aux idées d'Al-Qaïda au Maghreb, après leur séjour en 2005 en Irak, en Syrie, en Tchétchénie, au Mali, en Algérie et en Mauritanie".
 Mais ce sont incontestablement les peines de 2 à 4 ans prononcées à l’encontre des autres accusés qui ont provoqué l’ire  des familles des victimes notamment françaises. «C’est  scandaleux ! », s’est écrié Jacques Sombret, originaire de Marseille qui a perdu sa fille lors de l’attentat de Marrakech laissant derrière  elle deux enfants. Et d’ajouter : «Le monde va rire de votre justice. Le Maroc m’a trahi ». Une réaction que d’aucuns ont considérée comme tout à fait légitime face à la légèreté des sentences prononcées contre les complices poursuivis dans le cadre de cet attentat  qui a été d’une rare violence, faisant 17 morts dont 8 Français et 3 Suisses.

Nezha MOUNIR
Lundi 31 Octobre 2011

Lu 766 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs