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Procès d’ouvriers de Bouâazer : Ouarzazate en grève générale, Managem s’en lave les mains




Procès d’ouvriers de Bouâazer : Ouarzazate en grève générale, Managem s’en lave les mains
Un nouveau feuilleton minier de mauvais goût. Le Groupe minier Managem se trouve encore au banc des accusés. Mais cette fois-ci, il s’agit de l’un de ses sous-traitants. Pour les syndicalistes de la CDT, Managem doit assumer ses responsabilités vis-à-vis de la société Agzoumi, en tant que société-mère. Ce qui rend les choses alarmantes, c’est le prélude à un épisode judiciaire. Les protestations ouvrières se sont accompagnées d’arrestations. Huit personnes ont été déférées lundi au tribunal de première instance d’Ouarzazate. Le chef d’accusation se fonde sur l’article 288 du Code pénal, qualifié d’entrave à la liberté syndicale. Le fameux article punit « toute personne qui tente par la violence, voie de fait, menaces ou manœuvres frauduleuses, une cessation concertée de travail, dans le but de porter atteinte au libre exercice de l’industrie ou du travail.”
Dans ce contexte, les syndicalistes ont appelé à une grève générale. Au niveau de l’enseignement, de la santé, des petits taxis, des services administratifs … la mobilisation est presque générale. Mais la vie suit son cours dans plusieurs autres secteurs.
Dans les artères d’Ouarzazate, la mobilisation sécuritaire bat son plein. Pendant la nuit du dimanche à lundi, les forces de l’ordre ont investi les voies menant au tribunal de première instance. Une manière de décourager tout élan de solidarité. Les syndicalistes de la CDT parlent d’un «complot ourdi par le patronat et les autorités locales et centrales».  
Directeur de communication et des ressources humaines de Managem, Mohamed Cherrat se  veut plutôt rassurant. « D’abord, le problème ne nous concerne pas directement, dans la mesure où cela relève de l’un de nos sous-traitants, en l’occurrence la société Agzoumi. Je peux aussi vous dire que le mot d’ordre d’aujourd’hui n’a pas eu d’écho dans la mine. Pratiquement aucun gréviste», commente-t-il.
Et d’ajouter qu’un dialogue a été ouvert et qu’il n’est pas possible d’accepter qu’un syndicat sous-représenté, et dont les membres ne constituent même pas 5% du nombre des ouvriers et du personnel, fasse la loi dans la mine». «Certes, le problème, dit-il, nous impacte et nous en sommes conscients, mais il faut le débattre dans un climat serein qui préserve la liberté de travail et respecte les engagements mutuels».  

Mustapha Elouizi
Mardi 16 Octobre 2012

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