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Prise en charge des insuffisants rénaux par le privé

Un bilan mi-figue, mi-raisin




Prise en charge des insuffisants rénaux par le privé
La mise en place des structures médicales de prise en charge des insuffisants rénaux dans les différentes régions du Royaume semble trouver son rythme de croisière. Il ne se passe pas un mois sans qu’un nouveau centre de dialyse ne soit inauguré dans le cadre de l’INDH et en partenariat avec la société civile. Aujourd’hui, le Maroc compte 97 centres de dialyse publics et 95 privés qui disposent de  1.500 générateurs, 1.500 médecins et 1.000 infirmiers pour 9.250 patients (7.000 pris en charge par les centres relevant du ministère de la Santé et 2.250 par le privé), a indiqué Houcine El Ouardi, ministre de la Santé, hier à la Chambre des conseillers.   
Pourtant, de l’aveu même du ministre, la réalité n’est pas si rose. En effet, le nombre de centres de dialyse demeure insuffisant et leur gestion pose toujours problème. C’est ce que nous a affirmé Dr Kasmi Abdelatif, ancien président de l’Association provinciale des œuvres sociales d’El Jadida (APOS).
Pour lui, ces centres connaissent plusieurs contraintes et souffrent de nombreux maux. D’abord, l’insuffisance du budget de gestion.  Ainsi les «ressources financières des associations restent faibles par rapport aux attentes des patients.  Dans le cas de notre association, on avait 70 patients dialysés  deux à trois fois par semaine pour un coût entre 4.000 et 5.000 DH soit 50.000 DH par mois et 150.000 DH par an», nous a-t-il précisé. Même constat de la part de Mohamed El Hynda, responsable du centre de dialyse d’Oulad Teima qui nous a confié que son association vit une vraie crise et qu’elle est au bord de la faillite faute de fonds nécessaires pour gérer ledit centre. «Notre centre a été créé en 1997 en partenariat avec  le ministère de la Santé. A cette époque, on avait 4 générateurs pour 12 malades.  Aujourd’hui, la situation a beaucoup évolué puisqu’on a 20 générateurs pour 100 patients, ce qui nous  coûte 30 millions de centimes par mois. Des coûts qu’on a du mal à assurer surtout que l’association ne dispose pas de revenus stables et les bienfaiteurs sont de plus en plus rares sans parler des collectivités territoriales qui sont aux abonnés absents. A cela il faut ajouter également le fait que l’association a ses propres dépenses qui s’élèvent à 30 millions de centimes par mois», nous a-t-il expliqué. Une situation financière qui est  devenue, selon lui, de plus en plus difficile notamment avec la mise en place de Ramed. «Auparavant, les patients payaient 100 à 250 DH par séance mais aujourd’hui et avec le Ramed, ils ont droit à un accès gratuit aux services de dialyse, ce qui nous a privés d’une source importante de revenus», a-t-il ajouté.
Demandant l’aide du ministère de la Santé, Mohamed El Hynda a eu droit à une douche froide de la part des responsables du département de Houcine El Ouardi. Ces derniers lui ont expliqué que son centre ne fait pas partie des priorités du ministère puisqu’il est situé à l’extérieur d’un CHU.
Autre contrainte et pas des moindres, les listes des attentes qui s’allongent de mois en mois. En effet, les cas d’urgence perturbent le fonctionnement normal des centres et entraînent de nouveaux coûts qui restent imprévus. Ceci d’autant plus, que  la capacité d’accueil de l’offre privée reste limitée avec une tendance de saturation. «On ne peut laisser les gens mourir.   C’est de notre responsabilité de les accueillir même si cela a un coût et c’est à nous de l’assumer», nous a confié  Dr Kasmi Abdelatif.  
Le manque de personnel qualifié pose également problème pour ces associations. D’après Dr Kasmi Abdelatif, les médecins spécialisés sont rares puisque leur nombre ne dépasse pas les 250 néphrologues dans tout le Maroc pour une population de 36 millions d’habitants. Sans parler du personnel infirmier et paramédical formé aux techniques d’hémodialyse qui reste lui aussi déficitaire.
Pourtant, la question de rareté des médecins pose un autre problème, celui évoqué par la parlementaire de l’USFP, Zoubida Bouayad et qui concerne leur statut dans ces centres. D’après elle, la plupart de ces médecins travaillant dans ces centres relèvent d’ONG et non du ministère de la Santé. Et du coup, ils ne sont pas protégés vis-à-vis de la loi.  Pire, ces médecins exercent leur métier sous les ordres des présidents des associations.   
Zoubida Bouayad estime qu’il est temps de mettre en place de nouveaux contrats entre le ministère de tutelle et les associations pour clarifier le rôle et les compétences de chaque intervenant.  La responsable du centre de dialyse d’Oulad Teima plaide pour une intervention plus étendue de l’Etat au niveau de la prise en charge et la mobilisation de plus de moyens financiers au profit des associations.

Hassan Bentaleb
Jeudi 2 Mai 2013

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