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Présidentielles françaises : Sarkozy lance l’année électorale en se posant en capitaine responsable




Présidentielles françaises : Sarkozy lance l’année électorale en se posant en capitaine responsable
Solennel dans ses voeux télévisés aux Français, Nicolas Sarkozy a donné le coup d’envoi de l’année électorale en se posant en homme d’action responsable, dans le contexte d’une crise mondiale qui peut faire basculer «le destin de la France» en 2012.
«Le président prépare le candidat» titrait le Journal du Dimanche, tandis que Le Parisien estimait que «la guerre de succession est engagée pour l’Elysée», avec un Sarkozy campé en «capitaine dans la tempête qui veut rester jusqu’au bout à la barre du bateau France». D’un ton grave face à 10 millions de téléspectateurs samedi soir, le président, qui n’officialisera pas sa candidature avant février, a tout fait pour dramatiser l’enjeu de la présidentielle d’avril et mai prochain. A quatre mois du scrutin, il est toujours devancé par le candidat socialiste François Hollande, donné vainqueur du second tour avec 57% des suffrages selon le dernier sondage OpinionWay paru en décembre. Même si l’écart se resserre entre eux, il n’est pas en position de force et doit assumer les pires chiffres de l’emploi depuis douze ans, avec près de 3 millions de chômeurs recensés en novembre. Alors qu’il se présentait en 2007 comme le «candidat du pouvoir d’achat», celui qui ne serait pas élu «pour augmenter les impôts», il doit composer avec une croissance atone et la menace d’une perte du triple-A de la France, une notation financière synonyme de conditions d’emprunt favorables sur les marchés. Nicolas Sarkozy, 56 ans, s’est posé en protecteur. Il a assuré qu’il n’y aurait pas de nouveau plan de rigueur, après deux programmes d’économies budgétaires successifs, tout en promettant de poursuivre les réformes pour l’emploi, avec comme rendez-vous d’étape un sommet social le 18 janvier. Sans jamais citer ses adversaires, il a attaqué en creux son principal concurrent socialiste en cultivant la posture de l’homme d’action face à un François Hollande accusé à droite d’être «indécis» et sans expérience. Il avait déjà ces dernières semaines critiqué la «gauche des 35 heures», décrivant comme une catastrophe économique la réduction du temps de travail, tout en vantant sa récente réforme des retraites. L’ancien numéro 1 du Parti socialiste, 57 ans, est toujours favori mais peine à faire décoller sa campagne. Il a pour sa part insisté sur la responsabilité de la présidence Sarkozy dans la crise, mettant en avant les chiffres catastrophiques du chômage et a lui aussi fait de 2012 une année charnière: celle «du choix», appelant au «changement», pour offrir un avenir à la jeunesse française, thème fétiche de sa campagne. Dimanche, son directeur de la communication Manuel Valls a accusé le président-candidat de «jouer sur les peurs» et notamment «sur la peur de la crise». Dans ce contexte économique difficile, où les marges de manoeuvre des candidats sont réduites, les clivages entre gauche et droite se reportent traditionnellement sur les questions de sécurité et d’immigration. Les socialistes accusent le camp du président de chercher à séduire l’électorat de l’extrême droite en martelant son opposition au vote des étrangers aux élections locales et en durcissant les conditions d’entrée et de travail en France. La patronne du Front national, Marine Le Pen, qui se veut la candidate des «oubliés» dans une France où l’industrie est durement touchée par la crise, rêve de rééditer l’exploit de son père Jean-Marie, qui s’était hissé au second tour en 2002. Créditée de 16% au premier tour, elle est talonnée par le candidat centriste François Bayrou (15%), le premier à avoir alerté en 2007 sur la crise de la dette. Outsider, il avait conquis la troisième place en 2007, et n’a cessé de progresser dans les sondages depuis son entrée en campagne.
A côté de ce quatuor de tête, une dizaine d’autres candidats se sont déjà déclarés, mais aucun ne franchit la barre des 10% au premier tour.

AFP
Mardi 3 Janvier 2012

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