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Présidentielles françaises : Le cyclone “AAA” souffle sur la campagne électorale




Présidentielles françaises : Le cyclone “AAA” souffle sur la campagne électorale
«Ce n’est pas la France qui est dégradée, c’est une politique». A Paris comme à Pointe-à-Pitre, François Hollande a répondu samedi à la dégradation de la note de crédit de la France en dénonçant le bilan de l’exécutif qu’il espère chasser du pouvoir en mai.
La décision de l’agence de notation Standard & Poor’s d’abaisser la note de la France a constitué le fil rouge de la visite du candidat socialiste en Guadeloupe, première étape d’une tournée qui l’emmènera aussi en Martinique et en Guyane.
«Ce n’est pas la France qui a été dégradée, c’est une politique, c’est une stratégie, c’est une éthique, c’est un gouvernement», a déclaré François Hollande lors d’un meeting devant quelque 1.500 personnes réunies dans un gymnase de Basse-Terre dont une partie des gradins sont restés vides.
«La France a suffisamment d’atouts, de force et de talent pour relever la tête et pour être capable, dans la justice, de redresser les comptes publics et de fournir une espérance», a-t-il ajouté, reprenant des propos tenus dans la matinée à son siège de campagne, juste avant de partir pour l’aéroport.
A peine débarqué à Pointe-à-Pitre, il assurait que la gravité de la situation ne saurait freiner sa campagne. «Ici, nous sommes pleinement en France, pleinement dans le débat sur la République», a-t-il dit à la presse. «C’est justement parce que le contexte est difficile que je dois encore plus faire campagne».
«Je suis ici en France, dans la République française, car l’outre-mer c’est la France, c’est la République», a-t-il dit lors de son meeting.
«Vous vous tournez vers moi car vous demandez à la République de tenir sa promesse!»
Tandis que le candidat tenait réunion avec des élus guadeloupéens, François Fillon l’attaquait à Paris, invitant les agences de notation à lire le projet socialiste.
Le directeur de campagne du candidat PS, Pierre Moscovici, a moqué cette «contre-attaque laborieuse» du Premier ministre, affirmant que «ce ne sont pas les agences de notation, mais bien le peuple français qui va juger ce projet le 22 avril et le 6 mai».
A Pointe-à-Pitre où il accompagne le candidat, le député Bruno Le Roux a déploré cette «polémique». «Et si Standard & Poor’s regardait le programme du Parti socialiste, il risquerait d’avoir de véritables surprises», a-t-il dit.
Victorin Lurel, président de la région Guadeloupe, considère la perte du «triple A» comme «très grave» pour l’outre-mer.
«Les banques ne pourront plus faire crédits aux entreprises, il n’y en aura que pour les happy few», a dit le député socialiste. Le quinquennat de Nicolas Sarkozy a constitué selon lui «une catastrophe, un vrai largage» de son île.
Comme François Hollande, il a dénoncé le «concept fumeux de développement endogène» prôné par l’actuel gouvernement et plaidé un «développement solidaire», via la Banque d’investissement proposée par le candidat PS.
«Quand la France va mal, l’outre-mer va encore plus mal», a souligné pour sa part François Hollande, dans un département qui a connu des grèves contre la vie chère et où le taux de chômage atteint 60% chez les jeunes.
Mais l’outre-mer, a-t-il ajouté, «ce n’est pas une charge, ce n’est pas un fardeau, c’est un atout, une fierté».
Parmi les élus qui se sont succédé avant François Hollande à la tribune, plusieurs ont fait allusion à François Mitterrand, arrivé à l’Elysée il y a 31 ans.
«C’est le tour de notre François II, un socialiste pur jus, le meilleur», a dit Félix Desplan, invitant chacun à «retrousser ses manches» car «ce ne sera pas une sinécure, cette mandature». «François, tu as l’obligation de gagner, c’est un devoir moral», a dit l’élue de Guyane Christiane Taubira.
Dans le public, Gérard Richard, vêtu d’un T-shirt «La Guadeloupe avec François Hollande 2012», applaudissait avec enthousiasme. «On en a assez des attitudes un peu colonialistes qui disent ‘vous êtes des assistés, vous nous coûtez’. On ne demande pas ça aux autres départements», a-t-il dit à Reuters.
François Hollande a reçu en Guadeloupe un accueil beaucoup plus sobre que celui qui avait été réservé en 2007 à la candidate PS Ségolène Royal, qui avait recueilli près de 51% des voix dans l’île au deuxième tour de l’élection présidentielle.

REUTERS
Lundi 16 Janvier 2012

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