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Présidentielle sénégalaise : Abdoulaye Wade admet sa défaite face à Macky Sall




Présidentielle sénégalaise : Abdoulaye Wade admet sa défaite face à Macky Sall
Le président sénégalais Abdoulaye Wade qui briguait un troisième mandat a admis dimanche sa défaite au soir du second tour de l’élection présidentielle et, avant même la publication des résultats officiels, a félicité par téléphone son adversaire, Macky Sall.
«Le grand vainqueur reste le peuple sénégalais», s’est réjoui l’ancien Premier ministre de Wade qui s’apprête à devenir, à cinquante ans, le quatrième président du Sénégal depuis l’indépendance.
«Nous avons montré au monde que notre démocratie est mature. Je serai le président de tous les Sénégalais», a-t-il promis.
Les résultats complets du scrutin ne sont pas attendus avant ce lundi, voire mardi. Mais les premiers résultats connus à Dakar semblent sans appel: au Point E, quartier huppé de la capitale où Abdoulaye Wade vote, Macky Sall aurait obtenu 417 voix contre 120 seulement pour le président sortant.
«Ce jour est un grand jour pour le Sénégal», a réagi Arona Ndoffene Diouf, un des conseillers de Macky Sall.
Dans le camp d’Abdoulaye Wade, Amadou Sall, porte-parole de campagne, a déclaré à Reuters que «c’est le pays tout entier qui l’a emporté». «C’est un grand moment pour la démocratie et le président Abdoulaye Wade a respecté la voix du peuple», a-t-il ajouté.
Nicolas Sarkozy a salué «une très bonne nouvelle pour l’Afrique en général et le Sénégal en particulier».
«Le Sénégal est un pays considérable d’Afrique qui a été un modèle de démocratie et que les choses se passent aussi dignement, il faut que (le président sortant) Abdoulaye Wade en soit félicité et Macky Sall aussi», a déclaré le président français sur France Info.
L’élection présidentielle au Sénégal constituait un test supplémentaire sur l’état de la démocratie en Afrique, et pouvait freiner ou au contraire accentuer ce que les observateurs ont qualifié de «récession démocratique», notamment après la présidentielle en Côte d’Ivoire qui a débouché sur une guerre civile l’année dernière.
La campagne pour le premier tour laissait craindre que le Sénégal, seul pays d’Afrique de l’Ouest à n’avoir jamais fait l’expérience d’un coup d’Etat, bascule dans un cycle de violences.
Des manifestations avaient éclaté lorsque le Conseil constitutionnel avait validé la candidature de Wade à un troisième mandat, estimant que le premier mandat du président sortant ne devait pas entrer en ligne de compte dans l’application de la nouvelle règle institutionnelle limitant à deux le nombre de mandats présidentiels mais introduite après l’arrivée au pouvoir de Wade en 2000.
Six personnes avaient été tuées dans ces manifestations pré-électorales et la France et les Etats-Unis avaient fait part de leurs doutes sur cette nouvelle candidature du président sortant.
Mais le premier tour s’était déroulé dans un calme inattendu. Dimanche, le second tour s’est également tenu sans incidents majeurs, et en concédant sa défaite, Abdoulaye Wade semble avoir désamorcé les risques de crise post-électorale.
«Il n’a fallu que quelques heures à Wade pour admettre qu’il avait perdu (...) Une passation de pouvoir pacifique va renforcer les institutions du Sénégal et sa réputation historique de stabilité politique», a noté Samir Gadio, de la Standard Bank.
Le 26 février, Abdoulaye Wade était arrivé en tête du premier tour avec 34,8% des suffrages, devant Macky Sall, crédité lui de 26,6%. Mais dans l’entre-deux tours, Sall a su rallier autour de lui l’ensemble des candidats éliminés au premier tour et obtenu le soutien du chanteur Youssou N’Dour, écarté du scrutin par le Conseil constitutionnel.
 «Ceci montre que notre pays est une démocratie majeure. Nous avons une population mature qui est capable de choisir de manière lucide et responsable, et cela est un encouragement pour moi», a déclaré de son côté Macky Sall après avoir voté, commentant le bon déroulement du scrutin.
Son programme électoral prévoit un renforcement des institutions démocratiques du pays et une réorganisation du secteur de l’énergie pour lutter contre les pannes de courant chroniques. Il promet aussi de réduire les taxes sur les produits de première nécessité, tels que le riz.
Macky Sall veut également relancer les initiatives visant à mettre un terme à la rébellion rampante en Casamance, naguère destination touristique de premier choix.

REUTERS
Mardi 27 Mars 2012

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