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Présidentielle française: Un premier tour serré, le candidat socialiste favori au final




Présidentielle française: Un premier tour serré, le candidat socialiste favori au final
A un jour du premier tour de l'élection présidentielle française, les deux principaux candidats, le président sortant, Nicolas Sarkozy, donné battu et le favori des sondages, le socialiste François Hollande jetaient leurs dernières forces dans la bataille pour améliorer leurs scores, notamment auprès des indécis.
Au vu des derniers sondages, les deux hommes sont au coude-à-coude, au soir du premier tour, dimanche 22 avril, (autour de 27% d'intentions de vote), alors que les prévisions pour le second tour du 6 mai, sont catastrophiques pour le président sortant qui se verrait devancer de près de 10 points par son rival socialiste (55% contre 45%).
Mais aucun de ces deux finalistes probables ne croit que les jeux sont déjà faits, en ayant sous les yeux le chiffre des indécis ou abstentionnistes (près de 26 %) dont le nombre oscille entre 4 et 6 millions de Français, selon les différentes études d'opinion.
D'où la nécessité pour chacun des candidats de prendre de l'avance dès le premier tour pour creuser l'écart et se créer les conditions d'une nouvelle dynamique en vue du second tour.
Dans chaque camp, l'heure est à la mobilisation pour éviter l'éparpillement des voix suivant la tactique du vote utile. Pour le candidat de droite, Nicolas Sarkozy, qui croit avoir fait le plein dans son propre camp, l'enjeu consiste à grignoter le maximum de voix à sa droite en puisant dans l'électorat de la candidate d'extrême droite, Marine Le Pen au nom du Front national (16 % d'intentions de vote jeudi).
Fidèle à sa stratégie gagnante lors de sa première élection en 2007, Sarkozy a repris dès le début de la campagne, plus d'un thème favori de l'extrême droite fustigeant ou stigmatisant les étrangers, en particulier les pratiques musulmanes touchant au port du voile ou encore à l'insignifiant poids de la viande Halal.
A deux jours du premier tour, le président-candidat continuait à draguer les voix de ce camp sur le thème de la peur : "Le vote pour Marine Le Pen favorisera François Hollande. Si vous voulez la politique des socialistes, votez pour le Front national !".
Et le vote pour les socialistes, comme il s'est plu à le marteler, mènera la France à la situation de la Grèce et à une grave crise économique similaire à ce pays, car les marchés attaqueront la France en cas de victoire de M. Hollande, selon lui.
Par ces appels répétés aux électeurs du Front national, Nicolas Sarkozy caresse l'espoir d'une amélioration de sa position au soir du premier tour et, alors tout serait envisageable pour transformer l'essai, selon son camp.
Dans la même logique, le favori des sondages, François Hollande, est gêné sur sa gauche par la montée invraisemblable de l'un de ses ex-camarades, Jean-Luc Mélenchon, le candidat du Front de gauche qui s'accapare les voix de la gauche radicale et des communistes, voire de l'extrême droite (crédité de 13% des intentions de vote).
Hollande qui ne veut pas se reposer sur les lauriers tressés par les sondages, se garde de toute "euphorie prématurée" et presse son auditoire de meeting en meeting à lui "donner le meilleur score possible" au premier tour de dimanche pour conforter sa dynamique pour la dernière ligne droite du 6 mai.
 Il s'agit pour le candidat socialiste, pointent les spécialistes, de capter le "vote volatil" des indécis entre voter Mélenchon ou sur sa personne ou encore de mobiliser les abstentionnistes.
Pour Sarkozy, taxé de "président des riches" avant de se transformer le temps de la campagne en candidat anti-système au service du peuple, appelant la majorité silencieuse à l'aider contre les élites, comme pour Hollande, candidat "normal" qui menace de taxer les riches à 75% au-delà d'un million d'euros de revenus, il s'agit de plumer les soutiens du troisième homme ou femme au classement du premier tour.
Si ce duo est confirmé au soir du premier tour, le combat n'en sera que plus rude, même si les sondages d'avant l'élection favorisent le candidat socialiste. Le report des voix de celui qui sera l'arbitre du 2ème tour, Mélenchon, Le Pen ou encore le centriste François Bayrou (10% des voix) sera, à cet égard, décisif.
Lourdement handicapé par les sondages, une impopularité qui n'a fait que s'accentuer durant son quinquennat, doublée d'un rejet de sa personne, et par la "loi" qui a vu les dirigeants sortants de l'Europe en crise vaincus, et même si son camp est pessimiste, d'aucuns ne croyant qu'au miracle, le candidat Sarkozy se veut optimiste déclarant jeudi, que le peuple français "va nous réserver des surprises" lors du premier tour.
Et ses supporters tablent sur sa pugnacité et ses qualités de "bête politique" pour rebondir entre les deux-tours, dans au moins un face-à-face télévisé avec le candidat socialiste, sans expérience gouvernementale qui n'a pas convaincu en termes d'image sur sa stature présidentielle, selon les commentateurs.
Et même dans ce cas, les spécialistes des sondages et politologues n'évoquent qu'une très optimiste et très improbable courte victoire.
Pour le moment, les spécialistes attendent les résultats du premier tour et surtout l'addition des voix à gauche pour confirmer l'avantage déjà annoncé par les sondeurs au profit du candidat Hollande.
En attendant, il est d'ores et déjà assuré d'un bon report de voix du candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon qui a été, on ne peut plus clair, s'agissant de son ex-camarade Hollande: "On veut virer Sarkozy ! Cela fait un programme commun !". A quoi le favori rétorque: "On peut regarder ce qui nous sépare, on peut regarder ce qui nous rapproche. J'ai été dans le même parti que Jean-Luc Mélenchon, donc il y avait beaucoup de choses qui nous unissaient".
A droite, le candidat Sarkozy ne profite pas d'une telle espérance, la candidate du Front national lui est de plus en plus hostile, les yeux rivés sur les élections législatives d'après présidentielle où elle veut à son tour ratisser dans les camps de la droite souverainiste.
Quant au centriste François Bayrou, très critique envers le président sortant et sans affinité personnelle déclarée avec lui, il refuse de se prononcer.
Dans ces conditions, le président-candidat paraît face au défi résumé par Roland Cayrol, directeur du Centre d'études et d'analyse et spécialiste de sondages: “L'élection de 2012 ressemble depuis le début à un référendum pour ou contre Nicolas Sarkozy. Toutes les tentatives faites par le président sortant pour en sortir ont, au contraire, accentué la tendance.".

MAP
Vendredi 20 Avril 2012

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