Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Présidentielle française : Sarkozy prononce son discours le plus violent contre Hollande




Présidentielle française : Sarkozy prononce son discours le plus violent contre Hollande
Conforté par des sondages plus favorables, Nicolas Sarkozy a prononcé samedi à Lyon un de ses discours les plus violents contre son adversaire socialiste pour l'élection présidentielle, qu'il a accusé de "mensonge" et de "cynisme".
Le chef de l'Etat, candidat à un second mandat, promettait ces derniers jours un "discours politique" lors de ce meeting lyonnais, le dernier avant que la règle de l'égalité de parole entre les candidats sur les médias audiovisuels ne s'impose.
A 36 jours du premier tour, il a prononcé devant des milliers de sympathisants survoltés un réquisitoire de 46 minutes, télévisé en direct par les chaînes d'information continue, sans faire la moindre proposition nouvelle mais avec un démontage en règle de celles de François Hollande.
Il a accusé celui-ci de "quadruple langage" et d'"ignorance honteuse", de ne pas "respecter" les Français, de "jouer" avec leur avenir et de mener une campagne "basée sur le mensonge".
"Dans une campagne présidentielle (...) on ne peut pas dissimuler qui l'on est et ce que l'on veut", a-t-il lancé. "On ne respecte pas les Français quand, pour esquiver le débat, on dit tous les jours le contraire de ce qu'on a dit la veille."
"Quand on fait cela, on est un cynique" a ajouté Nicolas Sarkozy, qui a accusé son rival de cacher qu'il ferait "payer tout le monde" en faisant croire qu'il taxerait les riches.  Il en a appelé à la mémoire des "Français libres, des résistants, des fusillés, des déportés", qui ont écrit "avec leur sang" la Constitution de 1946, pour dénoncer la proposition de François Hollande d'en effacer le mot "race".
Nicolas Sarkozy a aussi reproché au candidat socialiste de vouloir abandonner le mot "zone", jugé trop stigmatisant, dans les appellations désignant les quartiers sensibles.
"On supprime les zones et il n'y aura plus de ségrégation, plus de misère et plus de drogue", a-t-il ironisé. "Je ne veux pas faire la guerre du dictionnaire. Je veux faire la guerre à l'illettrisme, à la pauvreté, au chômage, aux concurrences déloyales, au communautarisme, à la délinquance, à l'injustice."
Attaqué sur son bilan, il a riposté par une dénonciation de celui de la gauche quand elle était au pouvoir.
Il a ainsi reproché aux socialistes d'avoir "saigné à blanc la sidérurgie" dans les années 1980, "laissé la facture de la retraite à 60 ans et des 35 heures", "abandonné" les banlieues, "toléré la loi des bandes" et laissé exploser la délinquance.
"Le problème, c'est qu'ils veulent nous faire croire qu'ils ont changé mais ils n'ont pas changé (...) Ils pratiquent le même déni de la réalité", a-t-il accusé. "Ils ont toujours plus de prévenance pour le délinquant que pour la victime."
Il a également jugé les socialistes coupables d'"abandon du champ de bataille républicain" pour avoir refusé de prendre part au vote sur l'interdiction du port de la burqa.
"J'en ai assez des donneurs de leçons qui ont commis tant de fautes et sont incapables de les regarder en face", a martelé le président sortant. "J'en ai assez des leçons de morale d'une gauche qui, au cours des 30 dernières années, a été à l'origine des plus grands scandales de la République."
Le tournant de la rigueur opéré en 1982, au début du premier septennat du président socialiste François Mitterrand, s'est soldé par une "crise de confiance", a-t-il poursuivi.
Cette fois, si la gauche l'emporte, la crise de confiance arrivera "beaucoup plus vite" mais dans un contexte "bien plus dangereux" qu'en 1981, a-t-il prédit. "Il n'y a pas de place pour les expérimentations économiques hasardeuses."
Le chef de l'Etat sortant s'en est pris au passage aux syndicats, qu'il a accusés de trahir leurs adhérents en confondant leur mission de défense des salariés et la politique.
Il a notamment fait allusion aux incidents qui ont opposé vendredi des ouvriers de l'usine sidérurgique ArcelorMittal de Florange et les forces de l'ordre devant son QG parisien.
"Je veux dire aux ouvriers de la sidérurgie (...), certains de vos syndicats vous trahissent, ils préfèrent faire des coups politiques plutôt que défendre vos emplois et vos usines", a-t-il dit. "Certains des permanents des syndicats vous sacrifient sur l'autel de la campagne présidentielle."
Depuis son meeting géant de Villepinte, dimanche dernier, plusieurs sondages l'ont donné en tête du premier tour, alors que François Hollande faisait jusqu'ici la course en tête. Ces enquêtes prédisent toujours la victoire du candidat socialiste au second tour, le 6 mai, mais les écarts se réduisent.
Les socialistes "pensaient qu'il leur suffirait (...) d'exploiter avec une bonne dose de démagogie et d'indécence les difficultés et les souffrances que les crises ont fait subir aux Français. Mais ils se trompent", a lancé Nicolas Sarkozy. "Ils pensent que c'est joué d'avance, rien n'est joué d'avance."

REUTERS
Lundi 19 Mars 2012

Lu 668 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs