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Présidentielle française : Hollande veut des changements de fond du traité de l’UE




Présidentielle française : Hollande veut des changements de fond du traité de l’UE
François Hollande ne se contentera pas de mesures «cosmétiques» sur la croissance dans la renégociation du traité européen sur la discipline budgétaire qu’il exige, a déclaré mercredi Pierre Moscovici, le directeur de campagne du candidat socialiste.
Le favori des sondages pour l’élection présidentielle agite ainsi un véritable chiffon rouge devant la chancelière Angela Merkel, qui a sèchement refusé toute modification de ce texte signé le 1er mars par 25 des 27 pays de l’UE.
Pierre Moscovici a fait savoir que François Hollande non seulement maintenait son exigence face à ce refus mais aussi qu’il ne se contenterait pas de modifications sémantiques, comme en 1997, lorsque la gauche de retour au pouvoir avait exigé une renégociation du pacte de stabilité de l’euro.
A l’époque, les socialistes avaient dû se contenter d’une modification de pure forme aisément accordée par leurs partenaires européens, l’accord négocié par la droite étant simplement rebaptisé «pacte de stabilité et de croissance».
«Ce n’est pas cosmétique ce que nous voulons, c’est réel, c’est volontaire», a dit Pierre Moscovici devant la presse parlementaire, précisant que François Hollande voulait obtenir des autres pays signataires des engagements chiffrés «de manière très précise à travers des mesures précises».
«Il s’agit de rééquilibrer, de réorienter la construction européenne», a-t-il ajouté.
Il a mis sur la table des revendications dont Angela Merkel ne veut à aucun prix: le lancement d’euro-obligations pour financer les projet de croissance, par exemple dans le domaine de l’énergie et de l’environnement, et l’octroi à la Banque centrale européenne (BCE) d’un rôle de prêteur en dernier ressort qui reviendrait à mutualiser la dette des Etats.

Hollande donnera
des gages
Pour Pierre Moscovici, si cela n’est pas fait, les peuples se détourneront encore plus de l’Union européenne. «Nous pensons que si la construction n’est pas réinventée dans ses dimensions de croissance alors (ce) sera en échec», a-t-il dit.
Un proche du candidat socialiste a expliqué que François Hollande entendait proposer un marché à l’Allemagne: sous sa férule, la France va réduire son endettement et ses déficits mais en échange elle entend obtenir des concessions.
«François Hollande veut redresser la situation de la France et retrouver avec l’Allemagne un langage de franchise et de vérité», a-t-il dit, persuadé qu’une fois élu il sera doté d’une «légitimité» très forte pour faire valoir ses vues.
La discipline budgétaire prévue par le traité européen sera donc intégralement respectée par un nouveau pouvoir socialiste, qui entend adopter la «règle d’or» interdisant les déficits. «C’est le signe qu’on donnera qu’on est sérieux», a expliqué le proche de François Hollande.
Les socialistes ont refusé la proposition de Nicolas Sarkozy d’intégrer cette règle d’or dans la Constitution mais sont prêts à adopter une loi organique en ce sens dès 2012. L’adoption d’instruments de croissance se fera parallèlement et François Hollande entend mettre le sujet sur la table dès le premier Conseil européen auquel il participerait, en juin.
L’équipe du candidat socialiste semble persuadée que des pays européens pourraient le soutenir dans sa revendication, citant notamment l’Italie, l’Espagne et l’Autriche.
Les proches de François Hollande font aussi référence à la lettre envoyée par 12 pays européens pour doper la croissance, même s’ils prônent pour y parvenir une dérégulation très poussée qualifiée mardi d’»ultra-libérale» par l’ancienne ministre socialiste de la Justice Elisabeth Guigou.
«C’est un élément de débat pour dire qu’il y a un problème de croissance», a expliqué l’un d’eux.
Enfin, son équipe note que les sociaux-démocrates allemands, qui pourraient revenir au pouvoir en 2013, sont ouverts aux revendications des socialistes français et que la chancelière doit désormais compter sur leur appui pour certains votes en raison de divergences dans sa majorité sur l’Europe.
«La question de la croissance finira par se poser en Allemagne», estime un de ses membres, qui note que l’activité ne devrait croître que de 0,6% dans ce pays en 2012.

REUTERS
Vendredi 9 Mars 2012

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