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Près de la moitié des entreprises ferment leurs portes aux stagiaires

Inadéquation entre les besoins des managers et les attentes des étudiants




Près de la moitié des entreprises ferment leurs portes aux stagiaires
La majorité des entreprises marocaines restent hésitantes quant au recrutement de stagiaires.  Ce constat ressort de l’édition 2014 du baromètre du marché des stages.  
L’année dernière, elles étaient moins de quatre entreprises sur dix (38%) à franchir le cap du recrutement des stagiaires. Cette tendance a légèrement augmenté en 2014 pour atteindre 41%. 
Cette attitude hésitante en matière de recrutement de stagiaires s’explique, selon les enquêteurs de «stagiaires.ma» et du cabinet BMarketing,  essentiellement par  la qualité  des profils des étudiants en deçà des  attentes des entreprises.
Dressant ce constat préoccupant, les enquêteurs de la plateforme gratuite de mise en relation entre étudiants et recruteurs, ont ainsi mis en exergue un postulat caractérisant le marché du travail au Maroc, qui met en cause l’ensemble du système éducatif national, à savoir l’inadéquation entre l’offre et la demande professionnelles.
Cette inadaptation entre la formation individuelle et la qualification requise se trouve à l'origine des difficultés d'insertion des jeunes dans le monde professionnel. 
«Sanctionnés» par des diplômes qui ne donnent pas droit automatiquement à une qualification reconnue par les employeurs, peu d'entre eux manifestent la capacité d'adaptation aux exigences du marché et des employeurs. 
Pour ces jeunes, le chemin de cette adaptation commence par le choix de stages adéquats. Mais, selon le premier baromètre sur le marché des stages au Maroc, quatre sur dix réussissent cette épreuve d'adaptation.
Outre la qualité des profils des étudiants, qui vient en tête des entraves avec 81%, les 340 managers de ressources humaines (RH) et non-RH interrogés disent faire face, également, à la difficulté liée à la disponibilité des étudiants, ainsi que celle relative à la méconnaissance des sources de recrutement, avec respectivement 60% et 39%.
Pour leur part, les étudiants enquêtés évoquent surtout les difficultés liées au choix de l’entreprise (81%) et à la réactivité de cette dernière (66%).
Sur le même registre, l’enquête réalisée auprès d'un échantillon représentatif de 3200 étudiants du cycle supérieur ayant effectué au moins un stage,  fait état également d’ «une inadéquation  entre les secteurs les plus demandés par les étudiants recherchant un stage et les départements pour lesquels les entreprises ont le plus besoin de stagiaires».
«Alors que les demandes de stage formulées par les étudiants concernent principalement les secteurs de l’informatique (21%), du marketing et de la communication (19%) et des RH (18%)», les entreprises, elles, recherchent surtout «des commerciaux (57%), des informaticiens (39%). Viennent ensuite les secteurs de la finance et gestion, ainsi que du marketing et de la communication avec respectivement 31% et 28%», indique la même source.
Il n’y a pas que ces éléments objectifs, les étudiants cherchant des stages et à travers lesquels des emplois ont une part importante de responsabilité.
L’étude de stagiaires.ma fait remarquer qu’un autre fossé existe  au niveau de la durée de stage.  Alors que plus d’un cinquième (21%) des entreprises interrogées souhaitent offrir des stages de 6 mois et plus, seuls 4% des stagiaires manifestent le souhait d’effectuer des stages d’une telle durée.
«Par sommation, la durée moyenne des stages recherchés par les étudiants est comprise en 2 et 4 mois (plus de 70%), au moment où du côté des managers la durée de stage souhaitée est située entre 4 et 6 mois (à hauteur de 58%)», souligne ladite étude.
Par ailleurs, l’étude indique que le nombre d’entreprises qui ont eu recours à Internet pour le recrutement de stagiaires a augmenté de 13% (43% en 2014 contre 29,2% en 2013).
Même constat du côté des étudiants : Internet est utilisé à hauteur de 40% contre 35,6% pour l’exercice précédent.
L’enquête note également que  seules 42% des entreprises attribuent des primes de stage. Une hausse assez importante comparée à l’année 2013 où ce taux était de 33,5%.
Cette indemnité est généralement comprise entre 1000 et 2000 DH (plus de 80%). Seules 11% d’entre elles octroient des primes supérieures à 3000 DH.
In fine, les enquêteurs ont conclu que la satisfaction n’est toujours pas au rendez-vous des deux côtés.  Globalement, plus de la moitié des étudiants interrogés déclarent être insatisfaits de leur stage. Idem pour les managers.
 

Mohammed Masmoudi
Lundi 14 Juillet 2014

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