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Près de 150.000 Marocains souffrent de la maladie d’Alzheimer

Si l'état du patient connaît une dégénérescence rapide, sa famille en est fortement affectée




Le Maroc a célébré, mercredi dernier, à l'instar de la communauté internationale, la Journée mondiale d’Alzheimer, maladie neurodégénérative entraînant la perte progressive et irréversible des fonctions mentales, notamment de la mémoire, dont souffrent environ 150.000 Marocains, soit 3% de la population, selon l'Association Maroc-Alzheimer.
En raison de la déficience flagrante en termes de structures d'accueil des malades atteints d’Alzheimer, les personnes qui assurent leur prise en charge sont, dans la majorité des cas, des membres de la famille, conjoints et enfants. Une forte implication de l’entourage à l'ère, pourtant, d'un "bouleversement" de la structure de la famille traditionnelle.
Les difficultés de communication et de réactivité, l’amnésie, l’insomnie et l’agressivité, ainsi que les besoins constants d’attention, de bienveillance, de sécurité et de soins constituent un lourd fardeau pour celui ou celle qui veille sur la personne atteinte de la maladie. Cette tâche extrêmement difficile peut avoir pour conséquences, entre autres, une dépression et un épuisement chez l’assistant ou le soignant familial. Livrée à son sort, la famille subit de plein-fouet une détresse insoutenable face à cette maladie qui génère de sérieuses lésions au niveau du cerveau altérant et handicapant son fonctionnement normal.
"Le plus effrayant est de se rendre à l'évidence que la situation vous échappe comme du sable qui glisse entre vos doigts. Impuissants et désarmés, nous sommes contraints de colmater les brèches, en faisant le constat amer des dégâts. Ma mère ne se souvient plus du prénom de mon épouse. D'autant qu'elle défait constamment ce que la femme de ménage rangeait soigneusement", a déclaré à la MAP, Ahmed, 40 ans, fils d’une septuagénaire atteinte d’Alzheimer.
"Entre mes engagements familiaux, professionnels et vis-à-vis de ma mère malade, ma vie s'est transformée en un véritable calvaire avec, de surcroît, l’absence d’une assistance et de centres d’accueil dédiés aux personnes atteintes d’Alzheimer", a-t-il poursuivi.
Si l'état du patient connaît une dégénérescence rapide, sa famille en est fortement affectée. Car, en l’absence de structures de prise en charge, en bonne et due forme, elle demeure désormais le seul recours incontournable. Mais à quel prix ? Etant donné que la guérison s'avère, du moins pour le moment, pratiquement impossible et le traitement médical onéreux, c’est la famille qui en subit les répercussions néfastes de la prise en charge d'une personne qui perd progressivement son autonomie et dont l'état de santé exige des frais colossaux inhérents au traitement.
"Le médicament, à lui seul, coûte 1300 dirhams. Un budget considérable pour la famille qui doit également faire face à d'autres éventuelles dépenses liées au traitement de la maladie de ma mère", a ajouté Ahmed, estimant que plusieurs familles marocaines souffrent, non seulement des dévastations occasionnées par la maladie de l'un de leur proche, mais également de l'impact financier qui en résulte.
Conscients de cette réalité, les responsables du service de neuropsychologie de l’hôpital des spécialités de Rabat, avec le soutien de certains laboratoires, avaient édité un guide d’information et de conseil "Le guide de l’aidant" (personne qui s’occupe du patient) destiné à expliquer cette maladie et à orienter les proches qui assurent la prise en charge des malades atteints d’Alzheimer.
Prendre soin d'une personne atteinte d’Alzheimer n’est pas une tâche aisée. Il est important d'appréhender la maladie et ses conséquences sur le comportement du patient au sens béhavioriste du terme. Les actes de ce dernier semblent "curieux" ou "déraisonnables", lit-on dans ce guide, qui traite également du stress de l’aidant et la manière appropriée d’y remédier.
Le rôle de la famille demeure d’une extrême importance, de l'avis des spécialistes, dans la mesure où le malade a besoin davantage d’affection et d'amour et de lui raconter souvent tout événement ou situation de nature à lui faire rappeler un passé bienheureux. Aussi, apporter assistance à la famille du malade, parfois, désemparée relève d'un gage de la stabilité de l’état du patient.

Vendredi 23 Septembre 2016

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