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Poursuite des frappes du régime à Alep


MSF dénonce les violents bombardements ayant provoqué de lourds dommages aux hôpitaux



Le pouvoir syrien poursuit ses violentes frappes sur les quartiers rebelles d'Alep, la grande ville du nord de la Syrie, suscitant la réprobation des Etats-Unis et de l'ONU, dont l'émissaire était attendu dimanche à Damas.
Les frappes sur ces quartiers tenus par les insurgés ont tué samedi au moins 31 civils dont cinq enfants et 17 autres personnes non identifiées, selon une ONG, l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Roquettes, obus et barils d'explosifs se sont abattus pour la cinquième journée consécutive samedi dans un bruit terrifiant, faisant trembler le sol et les immeubles, selon le correspondant de l'AFP dans ces quartiers de la deuxième ville de Syrie, principal front du conflit.
Depuis mardi, ce sont près d'une centaine de civils qui ont péri dans les bombardements du régime sur l'est d'Alep, selon l'OSDH.
"C'est un jour catastrophique à Alep assiégée, avec des bombardements sans précédent", a affirmé un membre des Casques blancs dans une vidéo publiée sur la page Facebook de ces secouristes en zones rebelles.
"Quasiment aucun quartier d'Alep-est n'a été épargné par les bombardements du régime aujourd'hui", a déclaré à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.
Les Etats-Unis condamnent "avec la plus grande fermeté les terribles attaques contre des installations médicales et les travailleurs humanitaires" à Alep-est, a déclaré à Lima la conseillère américaine à la sécurité nationale, Susan Rice.
"Il n'y a pas d'excuse pour ces actes atroces", a-t-elle dit. "Le régime syrien et ses alliés, la Russie en particulier, sont responsables des conséquences immédiates et sur le long terme de tels actes", a ajouté Mme Rice.
La Russie, qui intervient en Syrie depuis plus d'un an pour soutenir le régime, ne participe pas aux bombardements actuels sur Alep-est. Elle concentre depuis mardi ses frappes sur la province voisine d'Idleb (nord-ouest), contrôlée par une alliance de rebelles et de jihadistes.
Mais Damas et Moscou semblent déterminés à reprendre coûte que coûte la partie est d'Alep, qui échappe au régime de Bachar al-Assad depuis 2012. Autrefois capitale économique du pays, Alep a été ravagée par la guerre, qui a fait plus de 300.000 morts depuis son début en mars 2011.
"Les Nations unies sont extrêmement attristées et horrifiées par la récente escalade des violences dans plusieurs régions de Syrie", ont déclaré samedi deux responsables de l'ONU, plaidant pour un accès immédiat à Alep-est.
L'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, devait rencontrer dimanche à Damas le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem, a annoncé le quotidien al-Watan, proche du pouvoir.
Les écoles d'Alep-est ont annoncé dans un communiqué qu'elles suspendaient les cours samedi et dimanche "pour la sécurité des élèves et des enseignants après les frappes aériennes barbares".
Les structures de secours ont aussi été durement affectées par les frappes, plongeant les habitants des quartiers est dans une situation de plus en plus dramatique.
Médecins sans frontières (MSF) a dénoncé "une journée noire pour Alep-est, où les violents bombardements ont provoqué de lourds dommages aux quelques hôpitaux encore en mesure de fournir des soins médicaux".
Les forces du régime "entendent combiner bombardements aériens et famine résultant du siège pour obtenir une reddition des rebelles", estime Thomas Pierret, spécialiste de la Syrie et professeur à l'université d'Edimbourg, en Ecosse.
Selon des analystes, Damas et ses alliés veulent aller vite avant la prise de fonction de Donald Trump à la présidence américaine le 20 janvier.
"Il est clair que la Russie, Damas et Téhéran veulent reprendre l'est d'Alep rapidement. Les Etats-Unis sont paralysés, il faut mettre Trump devant le fait accompli en janvier prochain", a déclaré à l'AFP Fabrice Balanche, expert de la Syrie au Washington Institute, un centre de réflexion basé aux Etats-Unis.

Libé
Lundi 21 Novembre 2016

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