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Poursuite des consultations pour la formation du prochain gouvernement : Le PJD à l’épreuve des tractations




Poursuite des consultations pour la formation du prochain gouvernement : Le PJD à l’épreuve des tractations
Les tractations continuent de plus belle. La formation d’une majorité n’est pas une mince affaire, encore moins une simple question d’arithmétique  et les islamistes du PJD en font le dur apprentissage. La constitution du prochain gouvernement prendra plus de temps que prévu. Dans le cercle rapproché du chef de gouvernement désigné, on parle d’un délai de deux à trois semaines avant qu’un nouvel Exécutif ne soit installé. « Je comprends maintenant Abderrahmane El Youssoufi qui a mis 40 jours pour former son exécutif », a confié Abdelilah Benkirane dans l’entretien télévisé  accordé à « Al Oula ». Et même si les contours d’une majorité confortable se profilent à un horizon très proche avec la participation annoncée de l’Istiqlal et du Mouvement populaire et en attendant la décision du PPS, ceux du PJD ont compris qu’il fallait donner du temps au temps. « La participation d’un parti  au gouvernement ne dépend pas du seul leader. Il doit s’en remettre aux instances décisionnelles qui sont le conseil national ou le comité central. Le temps, c’est justement le prix à payer de la démocratie interne ! » s’exclame le secrétaire général adjoint du Parti justice et développement, Lahcen Daoudi.
Et en attendant le gouvernement Benkirane, cette semaine s’annonce politiquement très chargée. C’est demain jeudi que le PPS inaugure le bal de la consultation des militants en convoquant d’urgence  son conseil national. L’instance devra répondre à l’épineuse question de savoir si le parti des anciens communistes doit participer, ou pas, à un gouvernement conduit par les islamistes. Le bureau politique du PPS a tenu jusque-là 4 rounds de réunions pour débattre de la question.Un débat serein, responsable au cours duquel le BP s’est fait réceptacle de tous les points de vue, allant de la participation au passage à l’opposition, a confié à «Libération» un membre dirigeant de ce parti de gauche. « Aucune décision n’aurait été jusque-là prise », assure le secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme, Nabil Benabdallah qui fera ses recommandations « en toute responsabilité », jeudi, devant les militants réunis en comité central. Une dernière réunion du bureau politique devait se tenir mercredi 7 décembre pour tirer les conclusions finales.  « Le PPS est une formation politique autonome et indépendante. Jeudi, le conseil national  prendra la décision finale relative à la participation ou pas au gouvernement d’Abdelilah Benkirane », affirme le patron de cette formation politique.

Le PPS décidera en toute
responsabilité

L’éventuelle participation du PPS à une équipe gouvernementale dirigée par le PJD, une participation que beaucoup prévoient déjà, viendra confirmer la mort annoncée de la Koutla. « Le constat est là, réel et incontournable. La Koutla est d’ores et déjà désarticulée avec un Istiqlal qui a fait le choix de l’entrée au gouvernement et un USFP qui a rejoint les bancs de l’opposition. Et cela n’est pas le fait de notre parti. L’histoire est témoin des efforts et de toute l’énergie déployée par le PPS pour que la Koutla soit en rangs soudés », soutient Khalid Naciri.
Autre décision  à venir, celle des instances du Mouvement populaire. Le parti de Mohand Laenser, de tous les gouvernements depuis l’alternance (et même avant) réunit dimanche son conseil national. Ses membres devront alors entériner le choix déjà fait par le bureau politique du MP. « Ce sera très probablement une simple formalité. Car le choix de la participation a déjà été fait par le Mouvement populaire qui regrette publiquement d’avoir rejoint le G8. Depuis le début de cette semaine, des membres en vue de cette formation politique comme Lahcen Haddad  n’hésitent  pas à mettre en avant les points de convergence avec les islamistes du PJD allant jusqu’à avancer que le MP et le PJD sont nés de la même matrice, le MPDC du Dr El Khatib ! », rappelle, sourire en coin, ce politologue de la place.
Quant à l’Istiqlal, l’allié que l’on a longtemps  dit naturel du parti aux destinées duquel préside Abdelilah Benkirane,  sa participation gouvernementale est chose acquise.  Aucune date n’a néanmoins  été avancée pour la tenue du conseil national du plus vieux parti marocain, seule instance habilitée à valider toute décision. « Nous attendons d’avoir tous les éléments d’information en main avant de convoquer le conseil national, notamment l’architecture gouvernementale, la nature des portefeuilles qui iront à notre parti, etc », fait valoir un membre du comité exécutif de l’Istiqlal. Autrement dit, les Istiqlaliens, rompus aux techniques de la négociation,  veulent aller plus loin dans les tractations, histoire d’obtenir le maximum, avant de convoquer leur  conseil national.  Selon nos informations, Abdelilah Benkirane et Abbas El Fassi, le leader istiqlalien, se seraient rencontrés de nouveau lundi. Le compte-rendu de cette réunion devait être fait ce mercredi lors de la réunion hebdomadaire du comité exécutif de l’Istiqlal.

Un soutien de l’Union
constitutionnelle ?

Reste enfin l’Union constitutionnelle dont le secrétaire général n’écartait pas tout au long de la semaine passée une éventuelle participation au prochain gouvernement. Confiné à l’opposition depuis 1998 et l’avènement de l’alternance, le parti rêve de revenir aux affaires. Problème, l’Istiqlal ne serait pas prêt à gouverner avec l’UC. Et selon nos informations, le PJD chercherait à obtenir le soutien de la formation politique de M. Labied  au gouvernement Benkirane sans toutefois l’intégrer.
Les choses devront se clarifier la semaine prochaine. Le PJD a reporté la convocation de son conseil national qui devait se tenir dimanche prochain. « Nous devons attendre la décision du MP qui réunit ce même jour ses instances. Notre conseil national se tiendra donc  la semaine prochaine, » indique un membre dirigeant du parti des islamistes.
Restera le plus difficile, le plus douloureux aussi : le nombre de ministres, la répartition des portefeuilles et  le choix des ministrables. «Pas plus de 25 ministres et une équipe ramassée». C’est en tout cas le souhait du PJD. Un souhait qui sera très probablement confronté aux ambitions des uns et des autres. On appelle cela la politique.

Narjis Rerhaye
Mercredi 7 Décembre 2011

Lu 844 fois


1.Posté par futurbarbu le 07/12/2011 14:05
le PJD ,parti islamiste ,est contre les libertés individuelles et collectives ,et s'il n' y avait pas la présence vigilante de sa SM le ROI qui a ,par la constitution ,le pouvoir spirituel et temporel, ce parti n'hésitera pas à faire appliquer la charia meme si elle n'est pas indiquée dans la constitution ........... ,bref comme au soudan dont le régime islamiste raciste a causé la division en 2 Etats arabe et noir ,les démocrates ne doivent pas se fier à l'amabilité occasionnelle de Bk ..... , BK n'est pas le PJD d'idiologie réactionnaire contre laquelle se sont opposés l'USFP passé à l'opposition et le PPS qui restera ,à esperer,sur ses principes!

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