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Pourquoi la RAM a mis en place un plan social




Pourquoi la RAM a mis en place un plan social
La politique de libéralisation du secteur du transport aérien au Maroc a été un succès. Elle a permis d’arriver à 14 millions de passagers aériens en 2010 contre à peine 5 millions en 2003. L’autre succès est la baisse continue des tarifs de l’aérien. Selon la RAM, « les tarifs pratiqués ont baissé de 26% entre 2003 et 2010 ». C’est une chute brutale des revenus pour une compagnie comme la RAM habituée jusqu’en 2006 à une situation de quasi monopole qui la protège, situation qui s’est traduite pour la compagnie par des contraintes structurelles lourdes qui pèsent sur sa compétitivité dans un contexte concurrentiel sans pitié : missions de service public qui concernent le réseau des lignes intérieures et certaines lignes touristiques, exercice de certaines activités en dehors du cœur de métier de la RAM et qu’on ne retrouve pas chez les concurrents (exemple : maintenance des avions, formation de tous ses employés,…),….Autre exemple, RAM a une présence commerciale géographique très large et très coûteuse  via des agences alors qu’elle est en concurrence avec des compagnies low cost qui disposent de réseaux puissants de distribution via internet.
Si la RAM a continué à traîner ces lourdeurs, son environnement, lui, a été complètement transformé, en particulier depuis 2006 : une concurrence massive livrée par les compagnies européennes à bas coûts et parmi lesquelles les championnes du secteur comme Easy jet ou Ryanair. Celles-ci ont multiplié  leur offre en sièges sur le Maroc  par 12 entre 2006 et 2010. C’est une augmentation impressionnante.
La compagnie a également subi les effets de facteurs conjoncturels importants qui ont suivi la crise économique et financière de 2008 et 2009. La RAM a ainsi dû faire face depuis le début de l’année 2011 à une baisse de l’activité suite aux événements dans le monde arabe et à une nouvelle hausse vertigineuse du prix du carburant.
Malgré cet environnement, les handicaps structurels et les aléas conjoncturels répétitifs, la compagnie a pourtant réussi à doubler son trafic, à moderniser sa flotte, à élargir son réseau des vols et à faire de Casablanca une véritable plateforme stratégique (Hub) pour les vols entre l’Afrique et l’Europe.
Aujourd’hui, la RAM a décidé de s’attaquer à ses handicaps et aux freins qui grèvent sa compétitivité. Elle a ainsi décidé de se recentrer sur son cœur de métier, de moderniser sa flotte, d’optimiser sa productivité et d’accélérer ses programmes de rationalisation de ses ressources pour diminuer l’écart avec ses concurrents. Elle s’est engagée à baisser les charges annuelles de plus d’un milliard de Dhs par un certain nombre de mesures dont la réduction de la masse salariale. Un plan de départ volontaire a ainsi été monté avec la participation de ses partenaires sociaux. Si la compagnie veut faire face à la concurrence des low cost, elle est en effet contrainte d’avoir un  coût salarial compétitif et en ligne avec les exigences de ses marchés.
Le plan de départ mis en place a été, d’après nos informations, extrêmement généreux. En plus de mesures à caractère financier, la RAM a mis en place des mesures de soutien pour accompagner éventuellement les choix individuels des agents qui souhaitent engager un projet d’évolution professionnel ou de reconversion dans un autre secteur. Ce dispositif sera déployé en partenariat avec les délégués syndicaux et comprend également une assistance à la formation, pouvant aller jusqu’à une année et des  mesures de soutien à la création d’activités génératrices de revenu.
Selon la direction de la RAM, « les représentants syndicaux ont manifesté une attitude positive et constructive », ils ont réitéré leur soutien à la compagnie et ont manifesté leur conviction que l’engagement et la mobilisation du personnel permettront à la compagnie nationale de retrouver rapidement le chemin des équilibres et du développement.    
Les événements conjoncturels que la RAM subit depuis 2008 montrent que son modèle est de plus en plus sensible à la volatilité du transport aérien. Dans un marché extrêmement concurrentiel et où RAM n’est plus protégée par le privilège du monopole public, la restructuration en profondeur est plus que nécessaire si la compagnie veut survivre et assurer sa pérennité. Son avenir, pour ne pas dire son présent aussi, dépend de son efficacité à réussir cette restructuration.

Libé
Vendredi 11 Novembre 2011

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