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Pour une participation de l’entreprise à un Maroc allant de l’avant




Le monde de l’entreprise ne s’est pas trop impliqué dans les débats qui ont précédé la publication du projet de Constitution. La CGEM  a émis des propositions assez confuses sur la constitutionnalisation de l’économie de marché ; les Chambres professionnelles, quant à elles, ont été fidèles à leurs habitudes quémandeuses d’une présence physique.
L’entreprise n’a pas jugé utile d’intervenir de manière forte sur les grands thèmes qui touchent sa vie et son devenir. La mise en place de règles claires et intangibles assurant une compétition égalitaire entre les entreprises, le tout garanti par un arsenal juridique moderne, dont le respect est confié d’une part, à une magistrature indépendante et formée et aux  autorités de régulation dotées de capacités d’initiatives et de moyens coercitifs, d’autre part.
La discrétion de l’entreprise peut-elle  être interprétée comme un manque d’intérêt pour le débat sur la Constitution, sujet  à haute teneur politique, historiquement enjeu de pouvoir par excellence entre  l’Etat et les partis politiques, ou bien participe d’un  scepticisme ambiant quant à la capacité des textes fondateurs, à faire évoluer les réalités ?
Dans son mémorandum remis à la Commission de rédaction présidée par Abdellatif Menouni, l’USFP tout en rappelant le rôle central de l’entreprise dans la construction d’une économie moderne, a insisté sur la mise en place de règles de bonne gouvernance économique, condition de son développement.  
Avons-nous été écoutés ?
Bien qu’il soit difficile, voire réducteur, d’isoler les articles qui concernent le monde de l’entreprise de l’ensemble d’un texte de projet de Constitution aussi novateur, pour des raisons évidentes d’interférences de ce monde avec son environnement,  essayons d’identifier quelques points importants.
Les entraves à l’exercice d’une saine concurrence conduisent à une démotivation des entrepreneurs, laquelle peut se traduire, surtout si on n’en profite pas, au pire à un rejet du système établi et au mieux à un gâchis des ressources de la Nation.
Un des débats récurrents, rarement public, au sein de l’entrepreneuriat au Maroc a porté et porte toujours  sur les entraves à l’exercice de la libre concurrence.
Un des débats récurrents, rarement public, au sein de l’entrepreneuriat au Maroc a porté et porte toujours  sur les entraves à l’exercice de la libre concurrence. Débat rarement public, parce qu’il interpelle la nature du système politique au  Maroc et il y avait risque de glissement sur les pentes périlleuses d’une politisation que l’entreprise  craignait de payer cher, comme ce fut le cas dans les  années 90.
L’instauration d’un système de rentes, cartels, clientélisme, positions dominantes a  fini par venir à bout de la combativité  des entrepreneurs et dissuader d’autres profils intéressants d’en faire un métier. L’histoire du Conseil de la concurrence à qui il a fallu des années pour être reconnu comme autorité de régulation en dit long sur l’état d’esprit d’un système qui était rétif à toute interpellation. Cette anomie que nous avons vécue a entraîné dans son sillage  d’autres manifestations déviantes qui ont fait  beaucoup de tort à l’esprit d’initiative, un système répandu de corruption ressenti par les entrepreneurs honnêtes comme un véritable racket.
Les articles 35, 36,166 et 167 essaient de mettre en place les nouvelles  règles du jeu en traçant les contours d’une pratique entrepreneuriale saine et en proposant des instances de régulation. C’est d’après notre lecture un aspect de mutation majeur sur ces deux points fondamentaux pour l’entreprise, parmi d'autres.
Certes il y aura toujours des entrepreneurs prêts à introduire un bémol, surtout au niveau de l’applicabilité des textes proposés, sur la compétence, voire l’honnêteté de nos élus, bref sur notre capacité à devenir moderne. A ces entrepreneurs, nous disons que toute personne censée est consciente que le plus dur reste à faire et nous espérons le faire ensemble.
L’avantage du projet de Constitution proposé, au-delà de son aspect novateur, libère les Marocains de certaines inhibitions, voire aliénations qu’ils  s’étaient, en partie, eux-même imposées.
Parmi les opportunités qu’offre le projet de Constitution au citoyen de manière générale et à  l’entreprise en particulier, il y a une sur laquelle cette dernière doit commencer à réfléchir, si le projet  est adopté par le peuple souverain. L’initiative de proposition de projets de loi qu’offre l’article 14 doit être un moyen pour l’entrepreneur et ses organisations représentatives, d’être des acteurs dans la mise en place des mesures qui doivent accompagner la future Constitution après son éventuelle approbation. Nous savons que c’était un vieux souhait des organisations patronales.
Le monde de l’entreprise est appelé à un sursaut pour se libérer des pesanteurs et des scories de l’histoire, de notre histoire. Le monde de l’entreprise est appelé également à exercer son droit citoyen en allant voter et en votant « oui » pour la nouvelle Constitution.

Adnan Debbarh
Samedi 25 Juin 2011

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