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Pour une démocratisation de l’enseignement




Pour une démocratisation  de l’enseignement
Pourquoi la situation de l’enseignement s’avère désastreuse pour l’ensemble et par-dessus tout antidémocratique ? C’est l’objet de notre réflexion. Pour ce faire, propose dans un premier temps de partir de l’état des lieux; de citer quelques motivations  et réactions  à ce sujet, puis de cerner l’une des entrées actuelles d’élaboration du profil des apprenants, celle qui est fondée sur l’approche par les compétences en montrant les principes sur lesquels elle prend appui et l’éventuelle réalisation de cette démocratisation tant souhaitée.
La scolarisation est un parcours que chacun suit à sa manière : il y a ceux qui atteignent le bout du chemin avec succès et ceux qui n’y arrivent pas. Ceci est dû en grande partie à leur incapacité durant le cursus d’assimiler des connaissances décontextualisées, sans référence aux pratiques sociales. Ils n’ont pas eu un rapport au savoir admettant l’idée de connaissances gratuites. «Incapables de comprendre ce qu’on attend d’eux en classe, ils regardent le maître comme une télévision dont ils auraient perdu la télécommande. » (P. Meirieu, 2008), sinon ils auraient eu recours au zapping. Ceux-là n’ont pas assimilé le grand décalage qui existe entre le moment où l’on apprend et celui où l’on comprend c’est-à-dire à quoi le savoir enseigné sert car l’élève, quel que soit son âge, doit savoir non seulement ce qu’on attend de lui mais aussi à quoi sert l’enseignement dispensé dans les établissements.
Faut-il supprimer l’enseignement ? Cette question a été soulevée dernièrement dans les médias, surtout dans la presse écrite et électronique. Qu’on pense à la tribune publiée par l’ancien professeur de sciences politiques, l’Américain Andrew Hacker dans le New York Times intitulée :«Is Algebra necessary?» à laquelle Le Monde a donné un retentissement, jugé douteux, dans sa rubrique Big Brother du 30 juillet 2012, sous le titre provocateur : “Faut-il arrêter d’enseigner les maths à l’école ?’’.
A notre tour, on peut se demander si on devrait supprimer toutes les matières qui sont peu susceptibles d’être utiles dans la vie et pourquoi pas l’enseignement si on se radicalise dans nos positions.
Ce qui est déconseillé, car il s’agit d’un secteur vital. Le but de l’éducation est la formation de l’enfant et le développement de ses capacités intellectuelles et professionnelles, en vue de le rendre  autonome et indépendant.
Du coup, le but de l’éducation n’est certainement pas de préparer les élèves directement à leur futur métier (c’est parfaitement impossible ; il faudrait leur enseigner beaucoup de choses vu la diversité des métiers potentiels), mais de leur donner des bases, aussi étendues que possible, pour leur permettre d’apprendre efficacement ce dont ils auront besoin une fois leur métier choisi, et aussi pour être en mesure de  prendre les décisions de la vie de tous les jours, sans oublier la constitution d’une base de repères (culturels et autres) pour les relations sociales. Plus on diminue le niveau de ce qui est offert à l’école et plus on avantage les gens issus de familles capables de prendre le relais (enseignants, cadres, etc.).
De ce point de vue, il est clair qu’il faut faire un gros effort pour la maîtrise de l’arabe, l’amazigh et du français (pour la vie de tous les jours) et de l’anglais qui est devenu incontournable pour communiquer avec les étrangers, même non anglophones.
Si on ne peut pas supprimer l’enseignement, on peut rectifier le tir par la suppression de tout ce qui est peu susceptible d’être utile dans la vie. Dans ce sens, on commencera, après orientation, par retirer les matières littéraires pour les scientifiques et vice versa : l’allégement serait utile pour les spécialistes. Mais même si on le fera, on aura toujours des œuvres inachevées ici et là faute de compétences.
Favoriser la démocratisation des études passe à coup sûr par travailler tôt, et pourquoi pas dès le début de la scolarité sur la mobilisation des connaissances scolaires. A notre sens, ceci n’est valable que dans la perspective de dépasser la trilogie « savoir, savoir-faire et savoir-être» par la compétence qui est à considérer en termes de savoir intégré.
La démocratisation est perçue à travers plusieurs formes mais on peut la définir pour l’occasion et compte tenu de la spécificité du sujet par le fait de donner une chance à tout le monde sans qu’elle soit un leurre car « l’égalité des chances, si souvent proclamée, se révèle un leurre et engendre même de terribles rancœurs : la sélection sociale est toujours là, les élites se reproduisent entre elles et les exclus- à qui l’on a théoriquement donné toutes leurs chances – ne sont plus des victimes de l’injustice mais les coupables de leur propre échec».  
Soulignons-le théoriquement car pratiquement, les choses se font autrement. Au Maroc, la démocratisation a été à l’ordre du jour depuis l’indépendance grâce au Conseil suprême de l’enseignement présidé alors par feu Mehdi Ben Barka. A tout seigneur tout honneur. C’est ce qui a été fait d’ailleurs à travers la généralisation, la gratuité, l’alphabétisation, l’éducation informelle, etc. Toutefois, force est de constater qu’il y a des «personnes non qualifiées» arborant des diplômes ! A qui la faute alors ? Et que faire ?  De prime abord, nous croyons fermement que l’approche par compétences, si elle est bien exploitée, serait la panacée au sens étymologique du terme et comme dit le proverbe, «aux grands maux les grands remèdes», surtout dans le contexte marocain.
Le concept de compétence est, selon Philippe Perrenoud, «une capacité d’agir efficacement dans un type défini de situations, capacité qui s’appuie sur des connaissances mais ne s’y réduit pas». Dans un autre contexte, P. Perrenoud distingue deux problèmes :
-  L’appropriation des savoirs et «l’approche par compétence les traite comme des ressources à  mobiliser, donc les lie rapidement à des situations et à des pratiques sociales, elle leur confère davantage de sens aux yeux des apprenants les moins portés sur l’assimilation de connaissances pour elles-mêmes. »
- L’émergence des compétences comme objectifs de formation nouveaux ou appelés de seconde génération et qui suivent ceux de la pédagogie des objectifs.  Se référer à la pratique sociale est le propre de l’approche par compétences, s’éloignant du coup du savoir savant pour être plus efficace et rentable, notamment pour les sciences humaines.
Du coup, la question urgente est de déterminer les pratiques sociales à travers la compréhension de la réalité pour innover et non la description pour prescrire échappant ainsi au paradigme médical nocif en pédagogie. Tout le monde est d’accord sur l’effondrement de l’orthographe, et qui est d’ailleurs un problème mondial, à cause de cette pratique des messages (SMS) qui a vraiment nui à la qualité de l’écriture.
Ceci est dû à notre éloignement de l’écriture des lettres.
Pour y remédier, on peut recourir à la fameuse dictée, aux projets d’écriture et autres formes qui puissent y participer. De même, à cause du clavier, l’écriture à la main est de moins en moins belle. Chose constatée même chez les professeurs alors que chez les médecins, la situation est pire! Par conséquent, on doit privilégier la rédaction des documents tapuscrits au détriment des manuscrits.  Du côté de l’enseignant, que doit-il faire ? A notre sens, sa place est toujours justifiée et grosso modo il doit :
 - planifier les apprentissages de façon à ce que la compétence soit la cible finale et non le cours ;
- partir des attentes et besoins des apprenants tout en indiquant à quoi tout cela va servir tel Dewey qui le dit pertinemment : « Toute leçon est une réponse» ;
- procéder par l’approche essentialiste, pour citer un exemple de la langue de toutes les sciences,  maîtriser les quatre opérations élémentaires à la sortie du primaire, et la machine à calculer fera le reste. Ainsi, tout un chacun ayant fait des études à l’école serait en mesure de porter dignement ce titre d’écolier du moment que le fossé ne sera pas si profond; il ne trouvera aucune difficulté à se servir de ce qu’il a appris ; bref, il sera compétent au sens pratique du terme. Tout cela serait-il suffisant pour donner une chance à tout le monde ou bien doit-on recourir à d’autres formes par le biais de vraies réformes ?
*Formateur au CRMEF de Meknès  

Par Mohammed FAHFOUHI *
Lundi 14 Janvier 2013

Lu 769 fois


1.Posté par ali fahfouhi le 14/01/2013 21:42
c'est mon pére !!

2.Posté par ali fahfouhi le 14/01/2013 21:46
Bravo!

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