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Pour une candidature commune de gauche aux communales 2009




Pour une candidature commune de gauche aux communales 2009
Le vœu d'une grande union de la gauche se prépare sur le terrain. Autant le stratégique est partagé, les idéologies sont rapprochées et puisent généralement dans les mêmes référentiels, le parcours militant ne semble pas être différent, … seul le « jeu » tactique et l'approche différencient les femmes et les hommes de gauche au Maroc. Ceci étant, la différence a toujours été bienvenue, surtout à gauche, où l'on croit, en principe fondateur, à la relativité de la vérité et surtout à la démocratie. Aujourd'hui, 9 partis revendiquent le statut de gauche. Y a-t-il vraiment 9 projets de société de gauche au Maroc ?
La conjoncture politique et le marasme régnant du fait de l'essoufflement du projet de la transition démocratique font aujourd'hui que toute la gauche se remet en question. Je ne partage nullement les idées défaitistes qui veulent imposer une réalité vraisemblable de la suprématie du Makhzen ou du raz-de-marrée islamiste. Certains pensent même que la gauche devrait faire un choix entre les deux, poussant tantôt vers cette force tantôt vers l'autre. Non. La gauche marocaine n'est pas orpheline. Les idéaux de gauche sont bien ancrés dans cette terre et beaucoup de Marocains les partagent. Ces mêmes Marocains cherchent vraiment une expression politique claire pour s'y réfugier. Notre projet de société est intègre et différent des autres. Le clivage, tout clivage, idéologique, politique, social, culturel, économique, … doit être rendu clair et intelligible. Pactiser avec un autre projet, pour le moins contradictoire au nôtre, serait accentuer le brouillard politique régnant au Maroc. Pour ainsi le manifester, la gauche a besoin d'un catalyseur, d'un déclic.
Pour rappel, « le plan d'intégration de la femme dans le développement » était une belle illustration de l'autodestruction de la gauche. Le porteur du projet est un homme de gauche, le contenu du projet est foncièrement de gauche, le gouvernement de l'époque est dirigé par la gauche. Que s'est-il passé ? La gauche s'est divisée, non pas sur le contenu du plan, mais sur d'autres questions. La gauche a été la première a banaliser le projet, le porteur a été lâché même par les siens, les islamistes ont mobilisé leurs troupes en lançant de fausses interprétations auxquelles le peuple est sensible et le gouvernement n'a pas franchi le pas, par manque de courage ou par calcul politique. La division de la gauche, devant la montée des islamistes a fait agoniser le projet. Le Roi sort ainsi la Moudawana, quelques mois après. Saurons-nous apprendre les leçons ?
Aujourd'hui, toute la gauche semble être consciente de son malaise. Le déclic viendrait certainement d'une clarification du projet. L'union de la gauche n'est pas seulement un vœu pieux, c'est une nécessité pour le pays. Cette union a besoin de confiance mutuelle, d'idées mobilisatrices et d'hommes convaincus. Si la question des réformes constitutionnelles semble rassembler la gauche aujourd'hui, qu'est-ce qui nous empêche de passer à des actions de terrain qui bâtiront les ponts vertueux entre les diverses formations politiques, culturelles, et civiles ?
Dans plusieurs villes, des coordinations de bureaux régionaux des partis de gauche se sont constituées. Casablanca, Agadir, Béni Mellal, Martil, … sont bien parties, d'autres  voient des gestations pareilles. Bien des militants se rapprochent dans des espaces de dialogue et découvrent que ce qui les rassemble est énormément plus grand que ce qui les
sépare.
Saurons-nous concrétiser ce rêve de l'union ? Commençons d'abord par les échéances à venir. Pourquoi pas une candidature commune ? Cette réflexion n'est pas née d'aujourd'hui. Au sein de la Koutla, les tractations USFP-PADS-PI-PPS ont bien avancé, mais n'ont permis qu'une alliance Istiqlal-USFP. Trois partis de gauche, PSU-PADS-CNI, ont bien fait l'expérience d'une candidature commune en 2007. Les états-majors des partis de gauche ont débattu, à l'invitation de la Fondation Abderrahim Bouabid, du contour et des préalables d'un travail commun pour les communales. Bien des hommes de gauche ont proposé des plans (exemple des 10 actions proposées par Mustapha Bouaziz à l'Espace de Casablanca de dialogue de gauche). Alor oeuvrons tous pour faire de cette union une action de terrain, sans attendre « que les choses soient mûres » ou encore à ce qu'on « fasse mutuellement les compromis nécessaires ». L'union commence sur le terrain. Pourquoi ne pas commencer par les communales de 2009 ? Un programme électoral commun, une charte éthique, un projet de maire de gauche, une liste commune, des synergies de campagne, … ? Tout peut être le bienvenu.

Mounir BENSALAH.
Vendredi 6 Février 2009

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