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Pour remonter la pente, Madrid mise sur le vélo électrique

La capitale aux trois millions d'habitants s'est mise très tard au vélo mais en a profité pour innover




Ils grimpent les rues les plus raides de la capitale espagnole presque sans suer, même en été: plus de 50.000 Madrilènes sont désormais abonnés à l'année aux vélos à assistance électrique, un service "unique au monde" dans une grande métropole.
A l'ombre de l'église San Ildefonso, en plein centre, une touriste luxembourgeoise enfourche pour la première fois un BiciMAD.
"Nous sommes venus du Luxembourg avec nos quatre vélos dans la voiture - mes enfants, mon mari et moi - et nous visitons la ville comme ça depuis dix jours. Mais j'ai envie d'essayer l'électrique parce que Madrid, c'est vallonné!", explique Anne Stauder, 44 ans.
Il paraît loin le temps où un maire de Madrid pouvait affirmer que "le vélo, c'est du sport, pas du transport", souligne le responsable du service municipal BiciMAD, Joaquim Jiménez.
La capitale aux trois millions d'habitants s'est mise très tard au vélo mais en a profité pour innover: en juin 2014, elle a lancé ce service public de vélos à assistance électrique. "A cette échelle, le système est unique au monde", dit M. Jiménez.
Copenhague, Paris ou Londres misaient déjà depuis longtemps sur les bicyclettes en libre service. Mais pour les villes aux rues pentues, Madrid vante "l'avantage écologique" des vélos électriques.
Car si l'on proposait des bicyclettes traditionnelles aux Madrilènes, ils auraient tendance à les laisser dans les parties les plus basses de la ville et il faudrait un ballet incessant de camions pour les transporter de bas en haut, souligne M. Jiménez.
Les BiciMAD, elles, se propulsent sans effort à l'assaut des côtes dès lors que l'assistance électrique est actionnée.
Ex-adepte du métro, Margot Bonilla s'est convertie en juillet. Depuis, cette informaticienne de 28 ans emprunte chaque jour un vélo électrique pour aller travailler.
"Tu fais du sport, tu ne pollues pas et tu te déplaces vite. C'est juste un peu cher à mon goût", dit-elle, à 25 euros l'abonnement annuel, puis 50 centimes la première demi-heure, 60 centimes la seconde... "Et il n'y en a pas assez. Hier j'ai dû rentrer à pied parce que j'étais allée à deux stations sans en trouver".
Une plainte récurrente chez les collectifs d'usagers qui pointent les insuffisances d'un système en rodage.
Ces vélos blancs, introduits pour la première fois en 2013 dans les rues de Saint-Sébastien, dans le nord-ouest de l'Espagne, sont loués par une jeune entreprise espagnole, Bonopark.
"Nous n'avons pour l'instant qu'un millier disponibles dans 160 stations", déplore M. Jiménez, à l'hôtel de ville, rapporte l’AFP.
La ville n'a d'ailleurs payé depuis juin 2014 que 535.000 euros pour leur location facturée à l'heure. Mais elle souhaite une montée en puissance.
"Nous allons passer à 2.000 vélos électriques quand le système sera pleinement opérationnel et l'objectif est 4.000 d'ici 2026, à la fin du contrat", promet M. Jiménez.
Car si des centaines de BiciMAD manquent à l'appel, c'est d'abord dû à "une défaillance des ancrages", explique la mairie. Des vélos en état de marche s'affichent en rouge - non disponibles - aux stations parce qu'ils ne sont pas reconnus par le système quand on les remet en place.
Les BiciMAD subissent par ailleurs des attaques de toutes sortes: on les maltraite, on les arrache des stations pour resquiller, on les abandonne n'importe où, jusque dans le fond de la rivière Manzanares. Depuis leur mise en service, "470 ont été volés ou endommagés au point d'être inutilisables", selon un bilan officiel.
Et le vandalisme a nettement augmenté depuis le début des vacances d'été, caniculaires. La ville refuse pourtant d'incriminer les touristes étrangers, séduits par ce nouveau service.
Quant aux BiciMAD volés, ils finissent le plus souvent par réapparaître puisqu'ils "ne peuvent être rechargés ailleurs que dans une station publique et pèsent 22 kilos", avertit M. Jiménez.
Dans le sillage des vélos électriques, des bicyclettes en tout genre se sont multipliées dans les rues, malgré la rareté des pistes cyclables.
"Clairement, nous voulons une ville avec moins de voitures", dit la nouvelle conseillère municipale en charge de la mobilité, Inès Sabanès.
"Nous avons besoin que l'usage du vélo se développe, c'est une obligation", dit-elle, l'Union européenne exigeant des mesures radicales en faveur des transports publics dans l'une des villes les plus polluées d'Europe.

Vendredi 28 Août 2015

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