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Pour les besoins d’une étude




Pour les besoins d’une étude
Etre peu sensible aux morsures de punaise de lits est une chance. Du moins jusqu'à ce qu'il faille se laisser piquer plusieurs milliers de fois. C'est précisément ce qu'a fait la biologiste Régine Gries, membre d'une équipe canadienne spécialisée dans la lutte contre ces nuisibles. Pendant plusieurs années, elle a servi de nourriture et de cobaye lors de tests, se faisant piquer au total près de 180.000 fois.
Si le traitement semble étonnant voire cruel, les tests avaient bel et bien un but scientifique : aider à élaborer un piège à punaises de lit, qui fonctionne grâce à diverses molécules, selon les travaux publiés le 21 décembre 2014 dans la revue Angewandte Chemie.
La scientifique de l'université canadienne Simon Fraser, en Colombie-Britannique, a livré ses bras aux punaises des lits chaque semaine pendant cinq ans afin de nourrir les insectes gardés en laboratoire. Cela ne s'est pas fait de gaieté de coeur mais elle réagit assez bien aux morsures alors que ses collègues développent tous de terribles démangeaisons, c'est donc elle qui a dû se sacrifier.
Les punaises de lits, Cimex lectularius, sont un fléau de plus en plus important. Elles infestent les appartements, les hôtels et harcèlent les dormeurs à force de morsure. Ces insectes hématophages s'attaquent aux humains pour se nourrir de leur sang et provoquent très souvent des réactions allergiques, elles peuvent également transmettre la maladie de Chagas.
Or, leur élimination reste encore très coûteuse et pas très efficace, d'où l'importance du piège développé par les chercheurs.
Ce nouveau système fonctionne grâce à un cocktail de phéromones. L’une d’elle, l’histamine, a été retrouvée dans les mues des punaises, car celles-ci préfèrent se réfugier dans des endroits où l’on trouve déjà des peaux mortes. Cela les incite à rester sur place coûte que coûte à forte dose, même si elles ne sont pas nourries.
D’autres molécules, plus volatiles, se chargent d’attirer les insectes jusque dans le piège. Cela permettrait alors d'éliminer les nuisibles de façon efficace. Ainsi, les chercheurs s’occupent maintenant de fabriquer une version commerciale de leur invention afin que les propriétaires et locataires puissent mieux estimer l’état de leur infestation.
Ce produit est prévu pour la fin de l’année 2015 mais, d’ici là, Régine Gries va encore devoir, malheureusement pour elle, donner de sa personne et de ses bras pour aider la recherche.


Maxisciences
Samedi 10 Janvier 2015

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