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Pour la première étape de sa tournée internationale : Amazigh Kateb retrouve la ville de Marrakech




Pour la première étape de sa tournée internationale : Amazigh Kateb retrouve la ville de Marrakech
Après le concert d’adieu des Gnawa Diffusion, Amazigh Kateb retrouve la ville de Marrakech pour entamer la première étape de sa tournée mondiale. Une coïncidence? C’est fort possible. On se rappelle bien qu’à la fin du dernier concert de Gnawa Diffusion à Marrakech, Amazigh avait promis au public d’y revenir. Et il a effectivement tenu sa promesse. Il s’y produira dans le cadre du Festival Moonfest à Lalla Takerkoust, située à 30 km de la ville des «bahjaoua». Mieux  encore, il leur réserve une surprise. Exclusivité de l'édition : le nouvel album d'Amazigh Kateb. C'est l'occasion d'apprécier les nouveaux tubes de «Bush Met» en avant-première. En fait, Lalla Takerkoust sera la première étape de la tournée internationale de l’ex-chanteur de Gnawa Diffusion.
Revendicateur, ironique et réaliste, Amazigh Kateb cultive une fusion musicale exceptionnelle unissant dans la musique les rythmes, les idées et les cultures. Mélange de musiques traditionnelles du Maghreb, de raga, punk, rock, chaâbi et gnawa, sur des textes ironiques et critiques. Le tout est porté très loin par le fils de Kateb Yacine, le grand écrivain algérien et l'un des classiques de la littérature maghrébine francophone.
C'est un beau jeune homme, au regard aigu et aux cheveux longs. Il se dégage de lui comme une grâce un peu altière qui a de lointains rapports avec l'humilité des gens du désert. Et lorsqu'il s'empare de son guembri, Amazigh se transforme en diable de scène et entraîne son public dans un tourbillon musical dont on ne sort pas indemne.
Pour Amazigh, le choix de la musique gnawa n'est pas seulement un choix vis-à-vis de l'Algérie. «Le carcan algérien est trop étroit pour dire ce que nous sommes et ce que nous voudrions être, c'est sur un socle africain qu'il faut bâtir. Les Maghrébins ont été disculpés par des invasions étrangères. Mais on doit reconnaître que nos ancêtres étaient des esclavagistes. C'est un juste retour des choses de dire que mon ancêtre a été esclavagiste et que moi, son descendant, je joue de l'instrument de l'esclave. C'est à la fois une démarche algérienne et une démarche d'immigré aussi, une démarche de déporté», avoue-t-il. D'abord, c'est une vraie bête de scène, à la présence charismatique et dont l'énergie semble inépuisable et il le sait. Et il en abuse parfois. Mais, surtout, c'est un garçon qui a des choses à dire, qui a trouvé son cap et qui sait le tenir. «Quand j'entends Sarkozy parler de tolérance et de métissage, je n'ai plus envie d'utiliser ces mots. J'ai juste envie de parler de musique et même "musiques du monde", ça commence à me gêner, ça devient un créneau tellement commercial que je préfère parler de musique actuelle», ajoute-t-il.
Pourtant, à l’époque des Gnawas Diffusion, Amazigh n'était même pas sûr que les Gnawas aient eu un plan de carrière. Disons plutôt qu'ils avançaient de plus en plus loin, entraînant avec eux un public chaque jour plus nombreux. «Heureusement, qu'il y a le public. Je faisais bien la différence entre Gnawa Diffusion sur scène et Gnawa Diffusion en disque. C'est grâce aux gens qui venaient nous voir en concert qu'on existait. Du point de vue des ventes, j'ai l'impression que Gnawa n'avait  pas sa place dans le marché actuel mais le groupe avait sa place auprès de son public et c'est la chose dont je suis le plus fier. Cette musique parle aux gens. Par exemple en Algérie, je sais qu'on a vendu des millions d'albums piratés certes, l'argent n'est pas rentré dans nos poches et tant mieux», remarque-t-il.
A la  mémoire de Gnawa Diffusion
Gnawa Diffusion fut un grand groupe. Partis d'un tremplin rock de la région de Grenoble en 1992, ils faisaient jusqu’en 2007 se lever des salles entières de 8.000 à 10.000 personnes et leur tournée de 1999 les a emmenés au Proche-Orient, en Angleterre, en Allemagne, aux Pays-Bas... Leur public, à la fois métissé et enthousiaste, ne se demande même pas s'il écoute ou non de la world music et qui se reconnaît immédiatement dans la musique et les textes des Gnawa Diffusion. Les paroles sont un des points forts des Gnawas. Elles sont soit ironiques et sensuelles «Je voudrais être un fauteuil/ Dans un salon de coiffure pour dames/ Pour que les fesses des belles âmes/ S'écrasent contre mon orgueil» ou carrément politiques « Car sur ma terre natale se bâtissent de nombreux édi-FIS/ Les minarets culminent et les écoles rétrécissent/ FLN père et FIS nous mènent au sacrifice ». Il est logique que les textes soient au centre de la démarche des Gnawa Diffusion. «Nos textes parlent d'africanité, d'esclavage: ce qu'est l'esclavage d'aujourd'hui et ce qu'a été l'esclavage d'hier et en quoi c'est important de reconnaître l'esclavage d'hier pour pouvoir s'affranchir aujourd'hui et être de vrais hommes libres, pas dans la négation de notre histoire», souligne Amazigh dont le prénom signifie "Homme libre" en berbère. Loin de la démagogie ambiante, dénonçant les magouilles et les manipulations, les Gnawa Diffusion séduisaient surtout par l'authenticité de leur démarche.  C'était le nouveau cérémonial que nous imposaient les sorciers aux bras longs et qui ne retiennent de la magie que le noir». 

Ayoub Akil
Jeudi 26 Mars 2009

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