Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Pour assurer au Maroc une intégration compétitive aux marchés fructueux


L’espoir est fondé sur la dynamique de mutation que pourrait insuffler le secteur industriel selon le CMC



Le Maroc, s’étant engagé à s’inscrire dans un processus de modernisation de ses structures productives, aspire à faire partie des réseaux actifs des échanges internationaux. Pour ce faire, le Centre marocain de conjoncture (CMC) estime, en substance, que l’espoir est essentiellement fondé sur la dynamique de mutation, que pourrait insuffler le secteur industriel, pour assurer, ainsi, au Royaume une intégration compétitive aux marchés fructueux. Le « la » est ainsi donné par cet Observatoire privé et indépendant de l’économie marocaine spécialisé dans l’analyse et le suivi de la conjoncture, la prévision et l’évaluation d’impact. 
En effet, dans son dernier Spécial intitulé «Equilibres extérieurs- Quelle compétitivité ?», le CMC se penche notamment sur le positionnement compétitif du Maroc ainsi que sur les nouvelles industries d’exportation au Maroc et leur contribution à l’équilibre des comptes extérieurs.
En décodé, le document fait ressortir que, selon les nouveaux paradigmes en vigueur depuis une décennie, le pays aspire à faire partie des réseaux actifs des échanges internationaux, soulignant qu’il est alors légitime de soupeser les stratégies  de référence sur lesquelles compte le Royaume pour s’insérer dans les chaînes de valeur mondiales. «A cet effet, outre le phosphate et ses dérivés qui sont tributaires des fluctuations déterminantes des prix internationaux  et le secteur agricole  fortement soumis aux aléas climatiques, l’espoir est essentiellement fondé sur la dynamique de mutation, que pourrait insuffler le secteur industriel, pour assurer au Maroc une intégration compétitive aux marchés fructueux», expliquent les analystes du CMC.
Quid alors du positionnement compétitif du Maroc ? Ces derniers soutiennent, à ce propos, que les travaux basés sur des comparaisons internationales ainsi que d’autres études portant sur la question de l’ouverture ont montré que celle-ci ne stimule la croissance que si l’économie en question est capable de se spécialiser dans certains secteurs, ou ayant atteint un niveau de diversification suffisant tout en veillant à accompagner les changements de la demande mondiale. D’après la même source, la question qui se pose pour le Maroc est de savoir où se situent les produits exportés par rapport à leurs marchés et comment ils vont évoluer dans le futur ?
Dans la foulée, le Spécial fait état d’une position financière extérieure du Maroc qui affiche un solde débiteur en atténuation.
En clair, le CMC indique que la forte baisse des prix de l’énergie et des matières premières et le maintien d’un certain dynamisme des marchés d’exportation malgré la lenteur de la reprise ont contribué à la consolidation de la situation des comptes extérieurs depuis plus d’une année. Et de préciser que les données sur les cinq premiers mois font état d’une hausse des exportations des marchandises de 2% contre 4,3% pour les importations, notant que le taux de couverture s’est stabilisé en conséquence autour de 58% depuis le début de l’exercice. «La consolidation des comptes extérieurs amorcée depuis plus d’une année s’est accompagnée par ailleurs, d’une amélioration sensible de la position financière extérieure globale du Maroc», fait-on observer de même source rappelant que l’arrêté des comptes relatifs à la position extérieure en 2015 fait, en effet, ressortir une situation débitrice de 598 milliards de DH (MMDH) contre 619 MMDH en 2014, soit une baisse de 3,4%.
Dans ce sillage, le Centre tient à expliquer que le prix des matières premières est un enjeu majeur de la politique économique, avant de rappeler qu’en 2007 et 2008 le monde a connu une hausse des prix des matières premières. Et de faire remarquer que celle-ci a duré, mettant à mal de nombreuses économies, relevant qu’elle a été, toutefois, une aubaine pour d’autres. Les experts du CMC mettent également en relief que la flambée des prix qui a caractérisé la période 2008-2013 s’est traduite par une amélioration des comptes extérieurs des pays producteurs de matières premières, en particulier les pays producteurs de pétrole, précisant que les pays non producteurs ont, en revanche, connu des situations difficiles et que leurs finances publiques se sont détériorées et leurs dettes se sont gonflées dangereusement. A partir de 2014, un brutal retournement de tendance s’est produit, rappelle-t-on de même source, signalant que la chute des cours des matières premières a été soudaine et très forte et que cette évolution, inattendue de par son ampleur, s’est vite transformée en crise aux répercussions socio-économiques importantes. «Le Maroc n’a pas échappé à cette situation et ses finances publiques ont subi les effets de l’augmentation durable des prix des matières premières qui ont prévalu tout au long de la période de la hausse et commencent à tirer profit de ce brusque changement à la baisse», révèle le CMC.
De même, l’institution n’a pas manqué de donner des détails concernant le ralentissement du commerce international, précisant que, malgré la reprise, le commerce international observe un taux de croissance lent et ne retrouve toujours pas ses niveaux d’avant la crise de 2008. «Cette langueur du commerce pousse à s’interroger s’il s’agit d’une évolution cyclique, dans un contexte d’investissement toujours atone, ou bien faut-il y voir le signe d’une rupture structurelle, marquant un tournant dans la mondialisation ?», se demande le Centre avant d’affirmer qu’il faut probablement voir derrière cette langueur une tendance lourde qui résulterait du changement de rapports de certains pays au commerce international. Et de poursuivre que l’hypothèse d’une rupture plus durable est privilégiée, d’autant que le ralentissement a été plus marqué pour les flux commerciaux les plus impliqués dans les chaînes de valeur internationales.
Parallèlement, le document dévoile un fait historique et non des moindres concernant les échanges Maroc-Russie. «Sonder la rétrospective pour évaluer les relations bilatérales entre le Royaume du Maroc et la Fédération de Russie requiert un long plongeon historique pour repérer les premières occurrences, qui remontent au XVIIIe siècle», met en exergue le Spécial, affirmant que celles-ci, qui ont été initiées par le Roi Sidi Mohammed Ben Abdellah et l’Impératrice de Russie Catherine II, ont donné lieu, dans une réciprocité, à la libre circulation et à l’accostage respectif des bateaux des deux pays. 
Et de rappeler que les relations maroco-russes ont été confortées au lendemain de l’indépendance et maintenues par des échanges de visites de haut niveau: du Président Léonid Brejnev (1961) et du Président Vladimir Poutine (2006) d’une part, et du Roi Hassan II (1966) et du Roi Mohammed VI (2002 et 2016) d’autre part…




Meyssoune Belmaza
Lundi 18 Juillet 2016

Lu 1178 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs