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Portrait du Mc casablancais O-Sky : Le rap culturel d’abord




Portrait du Mc casablancais O-Sky : Le rap culturel d’abord
Il est Casablancais. Il est rappeur. Il s’appelle O-Sky. Il nous invite à écouter ses chansons avec application, elles contiennent un message. Avec son groupe X-Side, c’est le rap culturel. C’est un rappeur qui articule quand il chante. Et qui ne casse pas du flic dans ses chansons. Ses textes sont ciselés comme le ferait un orfèvre avec ses plus beaux bijoux.
Investi d’une mission? «Non, pas vraiment, mais je le suis malgré tout, j’ai un micro entre les mains et je m’adresse au plus grand nombre ; donc, quand je peux apporter des réponses ou les bonnes questions, je n’hésite pas!», explique O-Sky. Pour lui, un artiste a aussi un rôle important à jouer dans la société surtout quand les évènements sont aussi importants.
O-Sky, de son vrai nom Moumen Hamouda, est né et a grandi dans le quartier Aïn El Bourja à Casablanca. Un lieu où la scène rap n’est pas vraiment fertile en artistes.
En 1997, il débute sa carrière en intégrant le groupe Secteur X. Avec Ak Shaolin et Hi-Champ, membre du même collectif, il fait preuve de tout son réalisme. Et ses lyrics intelligents ont très vite rehaussé sa réputation dans le milieu du hip-hop underground, même si on critiquait souvent ses discours radicaux. Tout le long de sa carrière, O-Sky nous montre que son groupe et lui restent un perpétuel innovateur musical de par, entre autres, leur univers fantastique.
Mais, O-Sky atteint véritablement le sommet de son art après avoir formé X-Side avec son vieux complice Ak Shaolin à côté de trois autres rappeurs : Bigg da Don, Desperado et Dirty P. Dès lors, les cinq rappeurs casablancais commencent à forcer le respect de leurs pairs tel que Thug Gang, Vampire’s Killer Squad, entre autres. En 2002, après le départ de Bigg, Desperado et Dirty P, les deux MC’O-Sky et Ak Shaolin participent  à la quatrième édition du Boulevard des jeunes musiciens (L’Boulevard). Une participation qui a laissé des échos favorables un peu partout. Leur réputation parmi les meilleurs lyricistes de l’underground était amplement méritée. On en retient surtout le morceau «Style Americano» qui attire l’attention. Car il dénonce les protagonistes du showbiz. Toujours à la même période, le groupe produit un mini-album intitulé « The Infinity » contenant six tracks dont quatre morceaux : « The R-O-Tine », « Ntaki Hami », « X-Side F’jouj » et « Adab Asseddour ».
Après trois ans d’absence, le groupe réalise son retour avec «Come Back». Un véritable succès ! Et c’est un mini-album (maxi) qui attire le plus d’attention que n’importe quel autre, produit par son groupe précédemment. Bien que l’option de la mise en place d’une énorme promotion commerciale de l’album ne se soit pas concrétisée. Album très musical, composé de beat hip-hop très percutant, « Come Back » restera une étape importante dans la notoriété du groupe. On y retrouve des collaborations avec Masta Flow de Casa Crew, Dj Key. Il compile en sept tracks seulement dont cinq titres, l’histoire et l’esprit du groupe. La représentation est tout simplement émouvante. Ressortir un extrait de leurs textes serait vain et ne rendrait justice ni à la fécondité de leur darija, ni à la richesse thématique et textuelle. Autre point fort de ce maxi : le nouveau souffle apporté par Rap Mo et Temps de Dresse, deux nouveaux membres.
De «Bine Saddam ou Chaâb» à « 9 Arkane », les paroles instaurent une tension palpable. Avec précision et hargne, X-Side déboulonne les rouages de la politique américaine, dénonce les pratiques de l’industrie du rap, ridiculise la concurrence et critique l’inégalité qui marque la société marocaine. « Nous ne vivons pas dans la même sphère. Nous vivons une situation où le changement est urgent. Le problème des inégalités ne se règle pas avec des mots et des espoirs de court terme. C’est une problématique qui nécessite, comme pour le cas de l’écologie, un programme global et transversal. Le problème des quartiers populaires est complexe mais pas compliqué», conclut-il.

AYOUB AKIL
Mercredi 29 Avril 2009

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