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Portrait : Valcke, un ex-numéro 2 habitué des Unes à scandale




La dernière des accusations dont il a été la cible lui a coûté sa place de N.2 de la Fifa : Jérôme Valcke, désormais ex-bras droit du président Joseph Blatter, a souvent fait la Une pour de mauvaises raisons.
Le Français a été limogé jeudi soir par l'instance suprême du foot mondial. La raison: des soupçons relayés par la presse anglaise dans une affaire de revente sur le marché noir de milliers de bonnes places lors de la dernière Coupe du monde au Brésil, en 2014.
Au plus fort du scandale de corruption qui ébranle la Fifa, ce sont déjà des accusations visant Valcke qui avaient conduit Blatter à annoncer sa démission, le 2 juin.
Au centre de ces accusations, des fonds ayant transité par l'Afrique du Sud, pays organisateur du Mondial-2010. Le New York Times avait accusé Valcke d'avoir transféré 10 M USD sur des comptes gérés par l'ancien vice-président Jack Warner, mis en cause par la justice américaine.
La Fifa avait répliqué qu'il s'agissait d'un projet destiné à "aider la diaspora africaine dans les Caraïbes" approuvé par l'Afrique du Sud, et assuré qu'aucun de ses dirigeants n'avait fauté.
Mais le tollé mondial suscité par ces allégations avait conduit Blatter à démissionner. Grinçant clin d'oeil du destin pour Valcke, 54 ans, qui possède la nationalité sud-africaine et est marié à une femme de ce pays.
Se botter les fesses
Son limogeage met fin à un parcours sinueux au sein de l'instance suprême du foot mondial.
L'homme de haute stature aux lunettes rectangulaires rejoint la Fifa en juin 2003 en tant que directeur marketing. Mais trois ans plus tard, il se trouve au coeur d'un litige entre deux sponsors de la Fifa, Mastercard et Visa, qui coûtera 90 millions de dollars (environ 82 M EUR) à l'instance. Il est renvoyé par Blatter... qui le reprendra en juin 2007, six mois après, avec une belle promotion au rang de N.2.
Cette dernière nomination met alors en lumière la progression express de celui qui était entré à la chaîne télévisée française Canal + comme journaliste en 1984, avant d'en devenir directeur adjoint du Service des Sports en 1991, puis directeur de la filiale Sport+ de 1997 à 2002.
Valcke est un homme affable, charmeur, au discours très, voire parfois trop libre, ce qui lui a valu de sérieux tracas.
Quand, impatient devant les retards sur les chantiers du Mondial-2014, il incite les Brésiliens à se "botter les fesses", il provoque un scandale monstre au pays du football roi, de l'homme de la rue aux sphères politiques. Il lui faut ensuite faire profil bas pour ne pas rester "persona non grata" au royaume de Pelé et Ronaldo.
Un moindre niveau
de démocratie
Le Français se signale aussi par ce commentaire: "Je vais dire quelque chose de fou, mais un moindre niveau de démocratie est parfois préférable pour organiser une Coupe du monde. Quand on a un homme fort à la tête d'un Etat qui peut décider, comme pourra l'être Poutine en 2018, c'est plus facile pour les organisateurs qu'avec un pays comme l'Allemagne où il faut négocier à plusieurs niveaux", rapporte l’AFP.
En 2011, c'est un de ses mails rendus publics qui déclenche une belle tempête médiatique. Le N.2 de la Fifa y évoque Mohamed Bin Hammam, obligé de retirer sa candidature face à Blatter pour avoir acheté des voix (ce qui lui vaudra une radiation à vie): "Peut-être qu'il (Bin Hammam) pensait qu'il pouvait acheter la Fifa comme ils (les Qataris) ont acheté le Mondial (2022)".
Le comité Qatar-2022 exige alors des explications "urgentes". Valcke reconnaît l'email en question, mais se retranche derrière un "ton plus léger" et "moins formel", parlant de la "puissance financière" du Qatar, "pas d'achat de voix".
L'anecdote a pris depuis le printemps une autre saveur: une partie des enquêtes qui visent la Fifa concerne l'attribution controversée du Mondial-2022 au Qatar.

La FIFPro porte plainte contre le système des transferts

La FIFPro, syndicat international des joueurs de football, devait déposer plainte vendredi devant la Commission européenne pour dénoncer le système des transferts en vigueur dans le football, a appris l'AFP auprès de la Commission européenne.
Le président de la FIFPro le Français, Philippe Piat, également président de l'UNFP (Union nationale des footballeurs professionnels) en France, plaide de longue date pour une refonte du système des transferts dans le football et souhaiterait à terme en finir avec des transferts qui "restreignent considérablement la liberté de comportement des clubs et de circulation des joueurs."
La FIFPro entend dénoncer ainsi la non-réciprocité des droits des employés, les joueurs, et des employeurs, les clubs, notamment sur la rupture unilatérale des contrats. Selon elle, les joueurs ne disposent pas des mêmes droits que les clubs lorsqu'ils souhaitent mettre un terme à leur contrat de manière unilatérale.
Au sein du syndicat, on espère que la Commission européenne, auparavant "très frileuse à faire la guerre à la Fifa (Fédération internationale)", soit plus encline à s'y attaquer après le retentissant scandale concernant l'instance mondiale.

 

Samedi 19 Septembre 2015

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