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Portrait: Soufiane Boufal, la bonne pioche lilloise




Arrivé le 9 janvier 2015 en provenance d'Angers, Soufiane Boufal a éclaboussé la Ligue 1 de son talent pendant cinq mois. De quoi convaincre les dirigeants lillois que les 4 millions d'euros investis sur le Franco-Marocain étaient un très bon investissement...
Le 9 janvier dernier, Lille a créé une petite surprise en claquant 4 millions d'euros sur Soufiane Boufal. Certes meilleur joueur de la première partie de saison du SCO d'Angers (16 matchs, 4 buts, 3 passes décisives), le milieu offensif franco-marocain de 21 ans ne facturait qu'une saison et demie de Ligue 2, avec des statistiques loin d'affoler les compteurs. Mais les supporters du SCO savaient, et le reste des observateurs a rapidement compris en regardant les matchs du LOSC à partir de janvier 2015 : véloce, percutant, mais aussi culotté - à peine arrivé, il s'est mis à tirer les penalties à Lille -, le milieu offensif a rapidement fait valoir des qualités développées en futsal ou en observant son idole Ronaldinho. 

Proche de la sortie en U17

Une belle revanche pour un jeune homme qui, à 17 ans, aurait pu être éjecté du centre de formation angevin, car il n'était pas assez grand et costaud. A l'époque, c'est le lobbying de plusieurs techniciens convaincus par ses qualités techniques qui lui avait assuré un sursis. Moins de cinq ans plus tard, le Franco-Marocain a donné raison à ses bienfaiteurs et forcé Lille à accélérer ses plans initiaux - à savoir un recrutement cet été - et faire chauffer la carte bleue pour ne pas se faire souffler ce talent par une rude concurrence, notamment de Marseille. Même si le joueur avait visiblement une préférence, selon son agent Yvan Le Mée, interrogé dans La Provence : « L'idée était d'aller là où il avait la place de prendre du temps de jeu. A l'OM, il se serait retrouvé en concurrence. Le LOSC est le club parfait, ni trop gros, ni trop petit». 
Trop petit, trop jeune ou trop timide, le joueur ne l'a pas été depuis cinq mois. En 16 apparitions de Ligue 1, il a marqué trois fois - dont deux penalties -, délivré trois passes décisives dont deux sur le même match contre Bordeaux, gagnant ainsi sa première standing ovation lilloise, probablement pas la dernière. 1000 minutes de jeu et un statut de révélation de la seconde partie de saison en Ligue 1, qui devraient lui assurer un statut de titulaire en puissance dans le onze d'Hervé Renard, que ce soit en second attaquant ou en numéro 10 derrière le duo d'attaque. 

33 kg à quatorze ans

Ce kiff, c'est dans la douleur que Boufal a appris à en distribuer. Si l'homme atteint aujourd'hui les 179 centimètres sous la toise, ses formateurs ont longtemps cru que son physique serait rédhibitoire pour le voir évoluer au haut niveau, malgré une technique évidente. A quatorze ans, l'ado, qui a signé sa première licence avec le SCO d'Angers à 11 ans, ne pesait que 33 kg et ne mesurait qu'1m46. Mais le petit Soufiane y croit, malgré ses prises de tête avec ses entraîneurs qui rechignent à le titulariser dès lors que l'adversaire propose un défi physique un peu trop élevé. Cette persévérance ne laisse pas Dame nature indifférente, et l'Angevin pousse d'un coup. Au point qu'à vingt ans, il devient un pion essentiel des Noir et Blanc. Jusqu'à devenir, en janvier dernier, le premier joueur formé à Angers à être transféré. S'il va au bout de son contrat, c'est quatre ans de plaisir que le LOSC s'est offert. Et ça, ça n'a pas de prix.

Forcing de la sélection marocaine pour Boufal

Sur des bases statistiques aussi bonnes qu'en Ligue 2, le feu follet a croqué à pleines dents dans l'étage du dessus sans jamais donner l'impression d'être intimidé par ses adversaires. La force d'un joueur qui ne se pose pas de questions inutiles, joue son jeu, et ne voit pas plus loin que le match d'après. 
Et dont l'un des seuls défauts serait de parfois « manger le ballon » dixit Rio Mavuba, encore cité dans La Provence.
A 22 ans, la nouvelle merveille du LOSC ne peut éviter les comparaisons avec Eden Hazard, le dernier grand dribbleur qu'a connu le club, ni les convoitises de la sélection marocaine. Il aurait à plusieurs reprises décliné des convocations avec les Olympiques, mais a fini par franchir le pas chez les A le 12 juin 2015 : il faisait partie des 28 joueurs convoqués pour affronter la Libye en éliminatoires de la CAN 2017 et il a déjà dit oui aux Lions de l'Atlas. En tout cas à Lille, on ne s'en préoccupe plus, les 4 millions investis en janvier apparaissant aujourd'hui comme une promesse de plus-value d'ici quelques saisons.

Lundi 13 Juillet 2015

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