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Portrait : Alfredo Di Stefano, la “Flèche blonde” du grand Real Madrid




Portrait : Alfredo Di Stefano, la “Flèche blonde” du grand Real Madrid
Alfredo Di Stefano, décédé lundi à l'âge de 88 ans, fait partie du Panthéon du football, aux côtés de Pelé ou de Diego Maradona, et restera dans l'histoire comme la "Flèche blonde" du mythique Real Madrid des années 1950-60.
Ce joueur complet était capable de réussir dribbles déroutants, passes longues ou tirs efficaces, comme de participer à des une-deux déterminants. Des gestes techniques que Di Stefano mettait au service d'une grande intelligence tactique et d'un esprit collectif.
Pourtant, cette étoile du football n'a jamais brillé dans le ciel du Mondial. Mort en pleine Coupe du monde brésilienne, Di Stefano a certes participé à un Mondial, mais sans y jouer.
Né à Buenos Aires dans une famille modeste, Alfredo Di Stefano Laulhe fait partie, à 15 ans, du club de River Plate, l'une des équipes-phare d'Argentine. Un an après, il joue déjà avec l'équipe professionnelle, avant de signer pour Huracan. Mais il revient vite au club de ses débuts où il fait partie d'une attaque d'une rare efficacité, avec Jose Manuel Moreno et Angel Labruna.
L'année 1947 est cruciale pour Di Stefano: il gagne le Championnat d'Argentine, puis la Copa America. Cette compétition marque ses débuts mais aussi ses adieux avec l'équipe d'Argentine, pour laquelle il n'aura marqué que six buts.
Une grève des joueurs argentins le pousse en effet à quitter le pays pour la Colombie et le club des Millonarios de Bogota, où ses buts façonnent sa gloire et celle de son équipe, quatre fois championne de Colombie, dont trois fois d'affilée, de 1951 à 1953, mais sans Di Stefano pour ce dernier titre.
Légende vivante
Son destin bascule en effet en 1953 quand, à l'occasion d'une tournée de son club en Espagne, il est approché par le fameux président du Real Madrid, Santiago Bernabeu, qui le fait signer pour le club de la capitale, après une lutte acharnée avec le FC Barcelone. Ce contrat change sa carrière et sa vie.
Avec le club "merengue", Di Stefano gagne tout: cinq Coupes d'Europe des clubs champions, huit Championnats, une Coupe d'Espagne et une Coupe intercontinentale. Il forme, avec les monstres sacrés, le Hongrois Puskas, le Français Kopa et l'Espagnol Gento, une équipe mythique qui contribuera à faire du Real Madrid le "club de football du XXe siècle".
Double Ballon d'Or européen (1957 et 1959), il est aussi sacré cinq fois "Pichichi", meilleur buteur du la Liga.
Di Stefano est une légende vivante. Il est connu dans le monde entier, ce qui lui vaut une mésaventure, en 1963. Le 24 août, il est enlevé par des révolutionnaires vénézuéliens qui veulent attirer l'attention sur leur cause. Les ravisseurs le libèrent deux jours plus tard.
Merci la vieille
Naturalisé espagnol, il endosse le maillot de la sélection ibérique fin janvier 1957. Depuis neuf ans, le joueur d'origine argentine était privé de matches internationaux.
Sans doute galvanisé par ce retour, il marque aussitôt trois buts aux Pays-Bas. Mais les Espagnols ne parviennent pas à se qualifier pour le Mondial 1958 en Suède. Di Stefano est encore privé de Coupe du monde.
Il lui faut attendre l'édition suivante, en 1962, au Chili, pour y goûter. Une satisfaction de courte durée puisqu'une douleur au dos l'empêche de jouer un seul match, alors que l'Espagne est éliminée dès le premier tour.
Après deux années passées à l'Espanyol Barcelone, où il est transféré en 1964, le "Divin chauve" -son dernier surnom- range ses crampons pour occuper le poste d'entraîneur dans divers clubs, où il agrémente encore un palmarès déjà impressionnant (Championnat d'Espagne, d'Argentine, Coupe des Coupes avec Valence).
Président d'honneur du Real Madrid, Alfredo Di Stefano, père de 6 enfants, a publié ses mémoires intitulées "Merci la vieille", un hommage au ballon rond qu'on surnommait ainsi en espagnol.
Dans sa retraite madrilène, entouré de ses petits-enfants, le champion a conservé les qualités de coeur dont il faisait preuve à l'époque de sa gloire: humilité et noblesse. Seule l'évocation de la défaite le faisait alors sortir de ses gonds.
En mai 2013, il avait fait une nouvelle fois la Une des rubriques people en annonçant son mariage avec Gina Gonzalez, une journaliste costaricienne de 50 ans plus jeune que lui. Mais ce mariage n'aura finalement jamais lieu, face à l'opposition des enfants du maestro. 

Mercredi 9 Juillet 2014

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