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Point de vue : Un amateurisme affligeant !




Point de vue : Un amateurisme affligeant !
Depuis son arrivée au gouvernement, Abdelillah Benkirane s’est distingué, chaque fois qu’il avait l’occasion de s’adresser aux Marocains, par un discours populaire frisant souvent le populisme.
Si au début sa sémantique trouvait quelque succès auprès de la population jusque-là abusée, voire déçue par un discours affecté de certains politiciens dont elle se sentait de plus en plus éloignée, les Marocains vont découvrir au fur et à mesure que les propos du nouveau chef du gouvernement, maître dans le maniement du verbe, ont changé. La forme y était, mais le fond désormais sans contenu réel. Donc ses belles paroles ne pouvaient répondre à leurs attentes qui sont nombreuses, lesquelles devaient trouver, selon les promesses électorales, solution aussitôt que le PJD aura mis le pied à l’étrier.
Le miracle tant attendu ne s’est pas produit, et les populations, qui ont tant espéré d’un parti  « vierge » et aux principes « respectueux » vont vite déchanter ! Non seulement les maux qui minent le pays ne font qu’empirer, mais les Marocains vont être confrontés à l’amateurisme et à la surenchère dans la gestion des affaires du pays dans un monde en crise.
A titre d’exemple, le gouvernement  Benkirane                               va procéder à l’augmentation des prix du carburant dans un moment inopportun. C'est-à-dire quand les cours mondiaux des produits pétroliers étaient abordables sur les marchés
Que va-t-il faire à présent que les cours du brut ont de nouveau atteint des sommets ? On dit que Benkirane et son équipe n’ont d’autre solution que de faire répercuter ce renchérissement sur le consommateur, sinon tout l’équilibre budgétaire du pays risque de se trouver chamboulé.
Que dire aussi de la pénurie des céréales ? Le Maroc n’aurait que pour quatre mois de réserve.
Pourquoi le gouvernement ne s’était-il pas montré clairvoyant en prenant les dispositions qui s’imposent sachant que la campagne agricole était mauvaise et que les fournisseurs habituels, c'est-à-dire les Américains et les Européens eux-mêmes connaissent une mauvaise année agricole ?
Il est sage de demander aux boulangeries d’éviter le gaspillage, mais cela suffira-t-il à éviter au pays la catastrophe du pain ?
Qu’en est-il également de la crédibilité du Maroc auprès des organismes internationaux tant le discours du gouvernement et à sa tête Benkirane paraît incohérent pour ne pas dire désinvolte quand il met en doute les chiffres budgétaires du gouvernement précédent dont certains membres sont ses partenaires actuels ?
Ainsi, le Fonds monétaire international (FMI) qui avait déjà pris la décision de mettre à la disposition du Maroc une ligne de crédit de 6,2 milliards de dollars, demanderait aujourd’hui une explication au gouvernement marocain sur la véracité des chiffres avancés.
Dans ce cas, le FMI pourrait-il remettre en question son soutien au Maroc puisque les données sur lesquelles il s’est basé seraient falsifiées ?
Conscient de sa bourde, le gouvernement, par la voix cette fois-ci du ministre délégué chargé du Budget, a indiqué que les chiffres de l’ancienne loi de Finances sont on ne peut plus officiels et entérinés, quitte à démentir le chef du gouvernement et non moins dirigeant de parti.
Si ce n’est pas de la cacophonie, c’est quoi alors ?
Qu’on se rappelle aussi celle provoquée par la première mouture des cahiers des charges de l’audiovisuel avant qu’elle ne soit retirée et confiée à une commission nationale pour y apporter les révisions nécessaires.
Quoi qu’il en soit, depuis qu’il a vu le jour, le gouvernement actuel n’a pas raté une occasion pour accumuler les bourdes. A commencer par Benkirane lui-même qui a dû se confondre en excuses auprès du Roi et de son entourage pour s’être laissé aller dans une déclaration  à un journal de la place. Du coup, il a décidé de ne plus accorder d’interviews impromptues. Et pour ce faire, il faut désormais passer par le filtre de son cabinet.
On sait que chaque nouveau gouvernement bénéficie d’une grâce qui peut correspondre à une période d’apprentissage, en vue de prendre connaissance des réalités de l’exercice du pouvoir. Dans ce cas, l’on se montre accommodant, voire conciliant avec lui.
Mais au-delà de cette phase, le gouvernement en place n’a plus droit à l’erreur et on lui demande d’être à la hauteur de ses promesses électorales grâce auxquelles, il a pu avoir la confiance des électeurs.
Le gouvernement Benkirane a, quant à lui, dépassé la période de grâce des cent jours et ne semble guère avoir fait les progrès attendus. Il n’a toujours pas pris ses marques, Il est encore dans la confusion voire l’amateurisme. Le discours populaire de Benkirane n’opère plus. Il ne trouve plus d’écho auprès de la population déçue et déjà excédée par des paroles mielleuses, mais sans répondant. Les lendemains qui s’offrent ne sont guère réjouissants.
Sans verser dans le pessimisme béat, on peut dire que les effets de la crise et la manière dont le gouvernement Benkirane gère les affaires n’augurent rien de bon.

Youssef BENZAHRA
Jeudi 30 Août 2012

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