Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Point de vue : L’Espagne dans le sillage de la Grèce




La faillite de grandes banques espagnoles pourrait être le signe avant-coureur de celui du pays. Le gouvernement de droite venu en sauveur a déjà injecté des dizaines de milliards d’euros pour maintenir à flots de grandes banques, entre autres, Bankia qui, à elle seule, a bénéficié d’un soutien de plus de 23 milliards d’euros considéré comme un record historique pour le secteur financier espagnol. D’autres banques espagnoles ont également besoin de renflouement et ont reçu l’aide gouvernementale.  Au total, l’Espagne devra apporter un soutien de 50 milliards d’euros à son secteur bancaire malade. Pour ce faire, le pays ibérique devra puiser dans ses fonds propres. Le pourra-t-il? Que nenni ! La prime de risque a déjà atteint 509 points de base, un autre record historique. Et le taux d’intérêt de sa dette extérieure est parmi les plus forts. Surtout quand on sait aussi que le quart de la population active est au chômage et que les mesures drastiques n’ont eu aucun effet pour sortir le pays du marasme.
Cumulant des records historiques de pré-faillite, le gouvernement espagnol ne sait plus à quel saint se vouer. Est-ce le FESF, le Fonds européen de stabilité financière ou le FMI, le Fonds monétaire international, lequel des deux  sera la panacée  pour sortir de l’ornière ? Sans jouer au devin, on peut dire que le doute est de mise. Et pas seulement. La situation de quasi récession risque d’entraîner dans son sillage d’autres pays. Les interactions financières entre plusieurs pays européens sont telles qu’elles menacent de provoquer l’effet domino. Cela avait commencé par la Grèce, voilà que l’Espagne est touchée, de même que l’Italie, le Portugal. La France elle aussi n’est guère à l’abri de difficultés puisqu’elle se trouve engagée dans des actions financières avec ces pays. Le FMI sollicité pour apporter son soutien aux pays européens malades va-t-il se montrer généreux ou agira-t-il en donneur de leçons comme il a l’habitude de faire? Les Grecs l’ont appris à leurs dépens lorsque Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, leur a envoyé un tir puissant, leur demandant de s’entraider collectivement en commençant par payer leurs impôts. La sortie de Mme Lagarde qui porte pourtant un nom prédestiné, n’a pas su se montrer réservée, provoquant l’ire des Grecs, un peuple fier qui se trouve déjà frustré à cause de ses malheurs.
En tout cas, voilà que les Européens font connaissance, à leur tour, avec les méthodes autoritaires et dirigistes du FMI, sachant que les pays du tiers monde y sont habitués depuis longtemps.

Youssef BENZAHRA
Jeudi 31 Mai 2012

Lu 490 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs