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Plusieurs familles squattent la forêt de Chellalat




Est-ce la fin du laisser-aller dans l’habitat insalubre? Rien n’est moins sûr, mais la volonté est là. Les autorités locales de Mohammédia ont récemment marqué un bon point en matière de lutte contre l’habitat clandestin qui gangrène les quatre coins de la préfecture. Pour ne pas laisser pourrir encore une fois la situation, les autorités ont ordonné vendredi dernier la démolition de tout un douar, soit quelque 700 baraques fraîchement installées. Considéré comme un lotissement illégal, le douar Baba, commune Sidi Abdennabi (à côté de Chellalat) à Aïn Harrouda dans la préfecture de Mohammédia n’est plus. Seuls des décombres et des débris de bois et de métal témoignent des événements de cette journée rude pour les habitants et les forces de l’ordre venues en nombre faire appliquer la loi. Le bilan est important : plusieurs blessés dans les deux camps, une trentaine d’arrestations, des véhicules utilitaires saisis, etc. Quant aux pertes des familles en infraction avec la loi, elles sont estimées à quelque 38 millions de dirhams, soit environ 55.000 DH par ménage. Les familles délogées se sont réfugiées dans les forêts     avoisinantes.
Selon  des sources concordantes, «les habitants du douar, venus en majorité des quartiers périphériques de Casablanca, ont acheté des parcelles de terrain à un promoteur véreux en établissant des actes dont les signatures ont été légalisées. Celui-ci, en cavale depuis la semaine dernière, leur a vendu ce lotissement clandestin à des prix défiant toute concurrence». Une transaction illégale au regard des dispositions pertinentes des lois en vigueur et, particulièrement du Code de l’urbanisme, car ce lotissement illégal n’avait pas lieu d’être aménagé dans une zone rurale.
Les constructions ont été réalisées sans plan ni autorisation des services compétents. Certaines ONG affirment que «les habitants de ce douar démoli par les forces de l’ordre ont profité des manifestations du Mouvement du 20 février qui préoccupaient davantage les autorités locales pour s’y installer. Les constructions s’effectuaient la nuit et les week-ends». D’autres ONG vont jusqu’à accuser certains responsables d’avoir encouragé par leur silence, l’installation de ce douar au cours des trois derniers mois.  Les habitants qui avaient manifesté samedi et dimanche matin ont réussi à faire entendre leur voix. Victimes et coupables à la fois, ils ont eu droit à la bienveillance des officiels de la ville qui leur ont promis, selon nos sources, «des solutions acceptables dans les plus brefs délais». Entre-temps, ces habitants squattent la forêt voisine à Chellalat où ils ont installé des tentes et des abris de fortune pour se protéger du soleil le jour et du froid la nuit, tout en réclamant haut et fort que le promoteur qui les a grugés leur restitue leur argent.

Libé
Dimanche 24 Juillet 2011

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