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Plus de cent sportifs russes dopés ou supposés dopés déjà exclus des JO de Rio


Le président du CIO, Thomas Bach, très critiqué et accusé d'avoir "abdiqué" face à la Russie



A dix jours des Jeux de Rio, ils étaient plus de 100 sportifs russes dopés ou supposés dopés à avoir été exclus mardi soir, alors que les critiques continuent contre Thomas Bach, le président du CIO, accusé d'avoir "abdiqué" face à la Russie.
Quant au combat judiciaire engagé par quatre de ces exclus, dont la nageuse Ioulia Efimova, médaillée aux JO de Londres, il n'avait pu débuter mardi, le Tribunal arbitral du sport de Lausanne (Suisse) n'ayant pas encore reçu les dossiers des plaignants.
Après la Fédération internationale d'athlétisme (IAAF), la première à avoir agi en écartant de Rio 67 des 68 athlètes russes présentés par le Comité olympique russe (ROC), début juillet, l'aviron a frappé fort mardi.
Si le judo, l'équitation, le tennis, le tir, ou le tir à l'arc n'ont rien trouvé à redire à leurs membres russes, la Fédération internationale d'aviron (Fisa) a elle exclu 22 des 28 rameurs russes. Jamais contrôlés positifs pour la plupart, ils ont pourtant été écartés, faute de pouvoir présenter des tests crédibles, c'est-à-dire faits hors de Russie.
Avec six rameurs encore qualifiés pour les JO, la Russie ne pourra plus envoyer qu'une seule embarcation sur la lagune Rodrigo de Freitas, à Copacabana, sur les cinq prévues au départ ! "C'est une humiliation, je suis sous le choc", a lâché Veniamine Bout, le président de la Fédération russe d'aviron.
D'autres sports ont réagi à l'appel du Comité international olympique, qui avait demandé dimanche aux différentes  Fédérations internationales de faire le tri parmi les sportifs russes. Car ceux-ci sont désormais présumés dopés, avait insisté le CIO, en se basant sur ce fameux rapport McLaren du 18 juillet et ses révélations sur le système de dopage d'Etat mis en place en Russie depuis 2011, dans 30 sports, dont 20 des 28 disciplines olympiques qui seront à Rio.
En confiant cette mission aux fédérations, le CIO avait fixé trois critères stricts: ne jamais avoir été sanctionné pour dopage, quand bien même la peine aurait été purgée, ne pas être cité dans le rapport McLaren, et pouvoir présenter des tests antidopage négatifs, et crédibles...
C'est sur cette base que la Fédération internationale de canoë a exclu mardi matin cinq membres de l'équipe russe de canoë-kayak en ligne, dont Alexander Dyachenko, champion olympique en titre en K2 200 m.
Côté pentathlon moderne, trois sont tombés, dont Ilia Frolov, triple champion du monde. Quant aux champions olympiques de volley, ils devront se passer de leur attaquant Alexander Markine.
Ces cinq céistes et kayakistes, tout comme deux des trois pentathlètes, ont été écartés pour avoir été mentionnés dans le rapport McLaren. Idem pour Pavel Sozykin, 3e aux Mondiaux 2015 de voile en 470.
Dans la liste des Russes interdits de JO, tous ces sportifs bannis mardi ont rejoint sept nageurs, deux haltérophiles et un lutteur déjà exclus lundi.
Au total, sur les 387 noms présentés le 20 juillet par le ROC pour Rio, ils n'étaient donc plus que 279 mardi soir à pouvoir encore prétendre décrocher une médaille au Brésil.
Mais certains de ces bannis veulent récupérer leur passeport pour Rio sur le terrain judiciaire. Comme Ioulia Efimova, la spécialiste de la brasse, quadruple championne du monde. Elle avait été la première lundi à annoncer faire appel de sa sanction devant le TAS.
La Fédération russe d'aviron a fait de même pour ses trois premiers rameurs exclus. Et elle pourrait récidiver pour les 19 autres virés mardi: "Nous continuons la bataille", a affirmé M. Bout.
Un autre recours se profile également: celui de Yuliya Stepanova, cette coureuse de 800 m à l'origine des révélations sur le dopage endémique en Russie après son témoignage en décembre 2014 dans un documentaire de la chaîne de télévision allemande ARD. Le CIO l'a privée des Jeux de Rio dimanche, mettant en avant sa suspension pour dopage entre 2011 et 2013.
Dans une lettre au CIO lundi, Yuliya Stepanova a demandé à Thomas Bach de reconsidérer sa position. "C'est une décision injuste pour tous les lanceurs d'alerte", a justifié son mari Vitaly Stepanov mardi au quotidien USA Today, en révélant le contenu de ce courrier.
Après le refus du CIO dimanche d'exclure le Comité olympique russe dans son ensemble, Thomas Bach a encaissé de nombreuses attaques. Lundi soir, le patron de l'antidopage canadien, Paul Melia, l'avait ainsi accusé d'avoir "abdiqué" face à la Russie.
Mardi, c'est Robert Harting, champion olympique en titre au disque, qui en a rajouté. "Pour moi, il fait partie du système de dopage, pas du système antidopage. J'ai honte de Thomas Bach", a insisté l'athlète allemand.

Libé
Jeudi 28 Juillet 2016

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