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Plaintes contre l'intervention musclée de la police et les prélèvements sur salaires : Le SDJ met à nu les allégations de Ramid




Plaintes contre l'intervention musclée de la police et les prélèvements sur salaires : Le SDJ met à nu les allégations de Ramid
C'est la réponse du berger à la bergère. Le Syndicat démocratique de la justice (SDJ) a mis, jeudi, les points sur les «i» concernant les évènements survenus le 19 octobre à Ifrane.
Le ban et l'arrière-ban de la presse ont assisté à la conférence de presse qu'il a organisée au siège central de la FDT à Casablanca dans une salle archicomble. Des militants des droits de l'Homme, des politiciens, des syndicalistes y ont également pris part. L'objectif du SDJ était clair : réfuter la version du ministre de la Justice et des Libertés et présenter les faits tels qu'ils se sont déroulés en réalité et non tels que Mustapha Ramid a voulu les faire apparaître à travers un montage tronqué diffusé lors de sa conférence de presse de la semaine dernière.
«L'objectif de notre conférence de presse vise essentiellement à mettre à la disposition des moyens de communication et, partant, de l'opinion publique nationale et internationale une information à même de permettre d'appréhender la vérité loin de toute logique politicienne ou manipulation », précise le communiqué de presse lu par le secrétaire général du SDJ, Abdessadek Essaidi au début de cette conférence.
Le Syndicat démocratique de la justice ne s'est pas contenté de lancer des accusations sans fondements, mais il a recueilli le maximum de photos et des vidéos que les militants ont pu tourner lors de l'intervention des forces de l'ordre, même si ces dernières ont «confisqué» 23 portables appartenant à des militants qui voulaient garder trace de l'intervention pour le moins musclée de ces forces. Une des séquences projetées lors de cette conférence de presse, montre comment un policier a confisqué le téléphone portable d'une militante du syndicat comme s'il s'agissait d'un malfaiteur. C'est-à-dire sans ménagements et avec violence.
D'autres séquences remettent en cause la version de Ramid et montrent clairement que les militants du syndicat ont été bel et bien malmenés et brutalisés  par les forces de l'ordre alors qu'ils suivaient leur bonhomme de chemin pour participer à une manifestation pacifique organisée devant le lieu où l'Instance nationale de dialogue pour la réforme de la justice avait tenu sa réunion.
Même Adessadek Essaidi a subi sa part de violence aveugle et injustifiée. Il a été grièvement blessé lors de l'intervention musclée de la police à Ifrane. Et pourtant, il a tenu à assister à cette conférence, le cou immobilisé par une minerve.
«Les grèves du SDJ ne sont pas justifiées», affirmait Ramid la semaine passée. Youssef Aidi, un responsable du SDJ, qui commentait au fur et à mesure les vidéos projetées, s'inscrit en faux contre une telle assertion aux relents bassement dictatoriaux. «Notre combat est justifié», a-t-il dit. Ramid a claqué la porte du dialogue avec le SDJ. Il n'a pas mis en application les accords signés avec son ministère, toutes les correspondances qui lui ont été adressées sont restées sans réponse. Et pis encore, selon Aidi, «le ministre a voulu à tout prix renforcer le syndicat de son parti, et ce au détriment du principe de la représentation syndicale. Le PJD a toujours demandé que le temps de parole des partis dans les médias soit fonction de leur poids. S'il  a toujours refusé qu'on lui accorde le même temps de parole qu'un petit parti, pourquoi son ministre veut-il mettre le SDJ, majoritaire dans le secteur, sur le pied d'égalité avec le syndicat de son parti qui est largement minoritaire»? s'interroge Youssef Aidi.
Et pourtant, une mise au point essentielle s'impose : « Nous ne menons pas une lutte par procuration comme le prétendent quelques analystes et nous ne sommes pas en conflit avec le PJD », a précisé Adessadek Essaidi dans le communiqué. Cette mise au point vise à faire taire les analystes qui sèment l'amalgame en prétendant que le PJD est la cible de l'action du SDJ ou que le syndicat applique un agenda « de parties étrangères ».
«C'est tout à fait faux. Ils veulent nous faire porter des habits qui ne sont pas les nôtres», s'indigne Fakhreddine Benhaddou, membre du bureau national du SDJ. Et de préciser: «Le SDJ menait la lutte même quand des ministres ittihadis étaient à la tête du département de la Justice alors que les conservateurs tapis au sein de ce ministère accusaient Adl Wal Ihassan et la Voie démocratique d'alimenter la tension et de se servir du syndicat. Maintenant on accuse le syndicat d'appliquer un agenda dicté par des parties étrangères».
Ces attaques dont fait l'objet le SDJ ne le découragent pas de continuer « son combat ». Une équipe formée de responsables du syndicat est en train de préparer un dossier pour porter plainte premièrement contre l'intervention musclée de la police contre les militants du SDJ et deuxièmement contre la décision du ministre de prélever sur le salaire des greffiers grévistes. Sur ce dernier volet, le SDJ entend aller jusqu'au bout, quel qu’en soit le prix.

Mourad Tabet
Samedi 3 Novembre 2012

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