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Plaidoyer pour abroger les taxes sur les médicaments




Plaidoyer pour abroger les taxes sur les médicaments
Les taxes de douane et de TVA, 24 % au total sur pratiquement tous les médicaments et le matériel de soins voué aux malades, sont une véritable ineptie, une fois qu’on en a conscience. C’est une injustice humanitaire, anti-citoyenne que de les garder, alors que le Roi fait de l’INDH son chantier de règne et des pauvres et des handicapés, son vœu moral et sa passion de Souverain, pour les sortir du mépris, de la misère et de l’ingratitude afin de les placer sur le chemin du progrès et de la dignité. Garder ces lois inconscientes et iniques est une arnaque immorale, portée sur le dos des seuls malades. Ce sont des lois canaille, honnies et contre-productives.

Citation d’un plaidoyer
« Célébrer les morts, est-ce utile aux vivants ? La civilisation, est-ce de commémorer les morts ou de collectionner leurs faits et actes ? Défendre les malades à qui cela sert-il ? Supporter les malades est si lourd, mais, est-ce tellement ingrat ? Si vous dites encore que soutenir les vieux et les handicapés est une charge onéreuse et improductive, c’est que vous optez pour le meurtre et l’euthanasie.   Les valeurs humanitaires d’un peuple se développent dans les soins attentifs aux malades et se mesurent dans le courage exercé par tous dans la poursuite de ce deal ».  In Mme Student, in « Chronique des gens qui passent…» Sachez qu’avant de naître, que vos enfants sont prédestinés et passibles d’une contravention originelle.  Ils assumeront des charges et des taxes que leurs parents ont laissé sévir, sans en comprendre la gravité et sans réagir.

Le constat social
A l’heure où la Chambre des représentants ouvrait sa session avec un président issu d’un parti progressiste Si Radi et un médecin et ancien ministre de la Santé, Si Biadillah, dans la deuxième Chambre, à l’heure où le gouvernement de SM le Roi entame la deuxième partie de son exercice, serait-il utile aux militants des partis, à tous les responsables de se pencher sur cette calamité, que sont les maladies ?.   Les simples maladies et leurs approches, législatives et économiques.  Médecins et pharmaciens ne suffisent plus.  Ils réclament une réforme.  Avec courage et inventivité,  une vraie réforme, sans désistement ni atermoiements.  Le Maroc nous regarde.

Appel ou prière aux absents
Nous sommes tous concernés.  Est-il socialement productif de continuer à délaisser ce secteur vital, odieusement taxé d’inutilité, au profit d’autres factions plus dynamiques ? Est-il défendable de saborder ainsi sa base, la population de son propre pays ? Là où la souffrance réduit même les plus aisés d’entre les gens, au statut tragique d’assistés, rendant la dignité, donc la citoyenneté, à sa plus basse expression. Les partis, par voie de fait, se transforment en collèges virtuels où des arrivistes sabordent les concepts de démocratie, en niant au peuple des quartiers leurs bons droits.  Du coup la signification même de représentants, leur crédibilité d’élus se perd.
Les milieux, ruraux, pauvres ou besogneux, dénigrés au profit d’expédients extatiques et de pétarades de salons, sont ceux qui requièrent le plus l’affection et justifient des cadres leur temps, leur énergie et leur abnégation, par tous les temps. Ce sacerdoce ne connaît pas les vacances.  Les actes de présence, les gestes de solidarité sont la base de la vie en communauté, donc de toute politique. Est-ce abâtardir les cadres et polluer leurs méninges que d’aspirer leur rencontre salvatrice avec les couches qui les ont générés ?
La logique, la raison, les sentiments, la nécessité, requièrent le courage de ce retour. Le peuple a besoin de ses fils pour reformer la famille.  Ces immersions dans les rues, les usines et les quartiers, sont synonymes de rencontres entre condisciples et de proximité avec ceux qui remplissent les urnes, voire avec ceux qui avec raison s’en détournent et fuient les suffrages et les scrutins.

Appel des familles,
appel du peuple
Le service humanitaire, acte altruiste de citoyenneté, est la meilleure audience pour les militants avec leurs électeurs potentiels. Le peuple, ces simples sujets qui travaillent pour vous instruire, attendent qu’on étanche leur sueur. Ils attendent, non sans crainte d’être déçus et non sans espoir de fierté, un juste retour des sentiments de ces cadres, de ces cigognes, qu’elles refassent leur printemps.  Ils attendent que les programmes des partis politiques intègrent leurs soucis et leurs justes espoirs. Ils attendent que ces patriotes leur rendent justice et qu’ils lavent la honte des exactions et des abus.  Que les fils et les filles se détachent des innommables amalgames et se différencient de ceux qui les subornent et les trompent.  Que les programmes, leurs volontés écrites, soient aussi réalistes, que vrais et qu’on ne vole plus leurs droits, leurs aspirations et leurs rêves.
Ils veulent que leurs besoins, les plus simples, soient réalisés. Que les élus ne soient plus que de virtuels pastiches, les uns des autres, bons à placarder les murs de fausses promesses qui restent les témoins balafrés de leurs mensonges.
Et les chantiers à couvrir sont légion, dans tous les domaines, du travail à l’éducation et de la justice à la santé.  Le premier travail est de leur rendre leur confiance en soi et de régénérer un sang par trop corrompu.  Le premier travail est de retrouver cette fierté légitime, cette richesse que nul adversaire n’avait pervertie. A commencer par chasser toutes les formes de mépris et tous les stigmates de l’humiliation : celles exogènes et celles dues au destin de tout être vivant.  Leur droit à la santé, le droit des personnes malades à être soignées, le droit de ne pas subir d’entraves ni d’être d’un système de soins, les otages muets.  Le droit de ne pas subir de surenchères, ni d’embargo sur leur santé.
La santé est un droit, un devoir envers les citoyens
Que dire de la santé, de l’accès aux soins, du coût des actes et du prix des médicaments, et qui plus est, des taxes que l’Etat prend sur les malades, leur souffrance et leur maladie ? Les maladies représentent deux faces de la responsabilité des gestionnaires que l’on peut réexaminer sous un nouvel angle, plus moderne et plus contemporain. Celui qu’il est d’assurer les besoins communautaires en médications et celui des moyens et règlements d’approche pour l’acquisition des médicaments et des soins. Sachant qu’il ne saurait y avoir de conflit d’intérêt entre les obligations de l’Etat dans ses deux facettes de régulateur et de commanditaire, ni de schizophrénie entre l’offre des médicaments qu’il organise et leur accessibilité, dont il décrète les coûts, la qualité et les obligations. Or, obligé d’assurer une couverture, il ne doit pas lui être étranger d’en abaisser les coûts pour répondre aux besoins élargis. Et nous connaissons l’impact de la maladie dans la genèse de l’inconfort, du chômage, de la misère, du mécontentement social, dans l’origine des grèves, dans les troubles et dans la révolte et les séditions.
Il s’agit pour nous, à partir de l’AAMM (Association des amis des myasthéniques du Maroc) d’éclairer l’Etat sur un dol qu’il entretient et de faire prendre conscience à la cascade des décideurs, d’un concept nouveau, celui du droit des malades. Nous sommes devant des punitions collectives, perpétrées selon un système organisé et des modes légalisés. Exactions aberrantes, devenues institutionnelles et inconscientes, revers d’un droit naturel, mais ignoré, doublé d’un devoir oublié. Nous ne disons pas dénigré, de par notre immense espoir en notre pays et en nos cadres nationalistes, car ce droit et sa solution sont simples.
Ce droit légitime et naturel est celui d’être traités, sans arnaques ni surenchères, comme il devient coutumier de le lire, de le voir, de le souffrir et de le déplorer. Droit de refus nouveau et devoir de délation nôtre, doublé d’une violente condamnation face à des prélèvements coutumiers, impropres et inconséquents. Nous dénonçons avec vigueur citoyenne, dans un esprit pédagogique inlassable, ces taxes abusives dans leur concept, qui saignent les malades.  Une aberration, dès qu’il s’agit pour le fisc de frapper les médicaments et de pénaliser les demandeurs de soins.  Dès lors, il nous paraît juste de ne pas laisser le malade crouler sous la chape des taxes douanières et autre antinomique TVA sur la maladie.

Reformater les taxes
La loi qu’il s’agit d’exorciser, l’abcès torpide qu’il s’agit d’inciser est donc cette ostensible et publique tare de l’Etat.  Une infamie, qui aberrante déjà, obère l’accès aux soins.  C’est-à-dire qu’il s’agit pour vous maintenant de faire raisonner le législateur et repenser aux réglementations devenues infâmes. Des us contreproductifs, car ils pèsent sur l’accès aux médicaments et aux soins, des soins que l’Etat veut élargir pourtant par l’AMO.
Un leitmotiv libératoire s’entend.  Reformater les taxes de douane et de TVA.  Ces contraintes contraires que l’Etat nous impose, sont des pénalités sur les fièvres et les douleurs. Des charges superflues qui représentent 25 % (à 42% du prix des laits de bébés) sur les médicaments les plus indispensables, comme ceux de première nécessité.  Sauf exception.  Cette arnaque est vécue comme une entrave au simple droit de se soigner et comme un carcan, un boulet, autant d’exactions punitives, qui datent de l’ère qui précède celle des droits de l’Homme.

Une taxe rétrograde anti-humanitaire et un cumul d’indignités
Ces dissonances, artéfacts fossiles, archaïques, dignes des gestions reptiliennes, sont gravement antisociales. Elles plombent l’accès aux soins. Vous m’excuserez de m’appesantir sur cette punition collective qu’on administre à la Nation.  Elle est indigne du Maroc, indigne des valeurs enseignées par les partis nationalistes, indigne des démocrates, indigne de l’Islam, indigne de notre ouverture moderne. Indigne de notre tolérance, qui doit être une passion envers autrui, et d’abord, envers ceux qui souffrent dans leur chair, dans leur être, dans leur santé et dans leur personne. C’est une antinomie humanitaire que toute personne sensée, dotée d’un minimum de civisme et d’éthique citoyenne, se devrait de condamner, afin que les plus hauts responsables et dignitaires du pays, puissent l’effacer à jamais. Et ce, au nom  de ceux qui souffrent, pour la bonne économie de l’Etat, comme par patriotisme.

Un besoin de réformes
humanitaires
Réformer les concepts, c’est donc, pour l’Etat de réviser le cadre même de sa fiscalité sur les soins, à la lumière de clairvoyance de SM le Roi. A commencer par les médicaments et leurs divers intrants. De l’usine au labo et de la pharmacie au bloc.  Les citoyens sauront accepter les mesures de remplacement, les plus légères, sur le timbrage local, fiscal, sur les boissons prises en public dans les cafés, par solidarité et civisme, « à la santé des malades ».  Sans gêner leur aisance et leur susceptibilité de classe, les plus riches accepteront les taxes sur les produits de confort et de luxe qui viendront remplacer celles de la douane et de la TVA, lesquelles ne font trinquer que les malades, même ceux des states les plus pauvres.  Il ne faut pas sortir de Saint-Cyr pour supprimer les rubriques budgétaires par d’autres mieux adaptées au Maroc nouveau.  C’est une mesure salvatrice et de solvabilité de cet humanisme humanitaire qui est le nôtre et pour lequel nous admirons notre Roi initiateur.  C’est une question de force et de volonté contre les archaïsmes. Une autre forme du Nouveau pouvoir.

Un besoin d’évolution
démocratique
Supprimons dès lors les taxes rédhibitoires qui pénalisent l’accès aux soins. Car ces prébendes, usuraires sur les souffrances, génèrent de la haine et suscitent la sédition.  Ces pénalités révoltantes sur les fièvres et les douleurs, injustes et inhumaines, surmultiplient les mécontentements populaires.  Comme ces entraves augmentent notre lot d’incapacités et de handicaps, par les retards, sinon par l’empêchement des secours initiaux et dans les prises en charge.  La cherté mine le chemin des soins et barre leur administration.
En défiscalisant les soins, les médicaments et leurs intrants, c’est le budget de la Santé publique, (en premier, celui des hôpitaux, civils et militaires), qui sera décuplé. Ses médicaments, ses instruments, ses réactifs.
Car l’investissement dans la santé doit être vu, au moins, comme celui du tourisme, pour son développement et ses privilèges, et soutenu comme l’une des priorités, aussi importantes que la fourniture du blé toute l’année, le pain qu’on subventionne, et du lait qu’on importe pour le mois de Ramadan.
Et tous les malades, du plus dramatique, au plus complexe, du moins grave au plus léger, seront dispensés des frais injustes et superflus.  La santé s’offrira à un plus grand nombre.  Les Marocains qui n’ont pas d’autres saints auxquels se vouer, seront plus soignés et mieux soignés. Ils seront reconnaissants au pouvoir Royal qui aura libéré leur santé des contraintes.  Cette OPA, géniale, profitera à l’AMO et à l’INDH qu’elle consolidera par des coûts de médicaments et de soins plus accessibles. Cette réforme, sur nous-mêmes et nos réglementations, est à faire en bloc et d’un seul tenant pour qu’elle soit productive et efficiente.
Cette réforme de la fiscalité des soins et des médicaments, sera une option curative du brouhaha généré par toutes les hausses des prix dans les hospices publics et autres indélicatesses.  Une chance, qui, si elle est bien pulsée, sera capable de stimuler, sans doute, cet amour pour la patrie, qui semble en défection depuis la Marche Verte et qui se vit dans la morosité ambiante et le dégoût navrant de certains, qu’il est temps d’oublier pour développer l’INDH et d’aller voter, au besoin, pour d’autres consciences.

* Président de l’Association des amis des myasthéniques du Maroc

par Dr. Idrissi M. Ahmed *
Mercredi 26 Mai 2010

Lu 727 fois


1.Posté par DR IDRISSI MY AHMED le 29/05/2010 15:37
Merci beaucoup à l'équipe LIBERATION
pour son militantisme social, sa SOLIDARITE
et son écoute des associations humanitaires

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