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Perspectives moroses, essoufflement de la demande et détérioration des équilibres financiers : Repli de la croissance en 2012




Perspectives moroses, essoufflement de la demande et détérioration des équilibres financiers : Repli de la croissance en 2012
Les perspectives économiques mondiales s’annoncent particulièrement difficiles en ce début d’année.
Les pronostics de croissance pour l’année 2012 se situent au niveau international à un rythme sensiblement en retrait par rapport à l’exercice précédent. Devant la volatilité des marchés financiers et le difficile arbitrage entre l’impératif de soutien de l’activité et le nécessaire rééquilibrage des finances publiques, les marges de manœuvres des pouvoirs publics se rétrécissent chaque jour davantage avec la persistance des facteurs d’incertitudes. Les anticipations initiales de redressement du cycle des affaires dans les principales économies avancées se sont vite estompées sous l’effet de l’ampleur des déséquilibres affectant les différentes sphères de l’activité.
On relèvera en particulier qu’aux Etats-Unis, principale locomotive de l’économie mondiale, le ralentissement de l’activité amorcé depuis plus d’une année devrait se poursuivre et même s’intensifier dans les mois à venir avec un rythme de croissance prévisionnel en 2012 se situant autour de 1,9%. La crise de la dette qui continue d’ébranler les principales économies de la zone euro avec ses implications tant au plan des interventions publiques, des équilibres financiers ou encore des anticipations des opérateurs devra aussi avoir de fortes répercussions sur les performances économiques à l’échelon international.
La zone euro devra ainsi observer une croissance moyenne ne dépassant guère 1 % au terme de l’année 2012 avec une quasi-stagnation attendue de ses principales économies.

Un environnement
international contraignant
Dans ce contexte international marqué par un net repli de la croissance, les pays émergents, faisant preuve d’une capacité de résilience tout à fait remarquable, parviennent à maintenir un rythme d’activité assez soutenu. L’accroissement de la production dans ces pays qui devrait atteindre la moyenne de 6,1 % en 2012, permettrait de compenser les pertes de croissance relevées dans les autres régions du monde. Le ralentissement de l’activité au plan international devrait par ailleurs s’accompagner d’une sensible contraction du commerce mondial, d’une stabilisation des pressions inflationnistes et d’une dégradation notable de la situation de l’emploi.
La configuration de croissance au plan interne devrait, globalement, observer la même tendance au ralentissement qui semble prévaloir au niveau international. Parallèlement aux ressorts internes de la croissance, le cycle conjoncturel de l’économie nationale se trouve pour une bonne part façonné par la dynamique externe. Les mécanismes de transmission de la conjoncture extérieure agissant à travers la demande adressée à l’économie nationale, le tourisme, les investissements étrangers ou encore les transferts financiers de l’émigration se sont en effet fortement renforcés ces dernières années avec l’ouverture grandissante de l’économie. La dégradation de la situation économique des principaux partenaires dans la zone euro sous l’effet de la crise de la dette devra par conséquent avoir des répercussions importantes quant à la dynamique interne de croissance tout au long de l’exercice qui commence et peut-être même bien au-delà.
S’agissant des ressorts internes de l’activité, les principaux facteurs qui conditionneront les performances économiques dans les mois à venir relèvent des conditions de l’offre, plus particulièrement dans les activités agricoles, industrielles et de services, du comportement de la demande intérieure ainsi que des actions de politique économique dans ses volets budgétaire, monétaire et financier. Au sujet de ces déterminants, il est possible de formuler actuellement certaines hypothèses partant des éléments d’informations disponibles dans le but de cerner a mieux les prévisions de croissance.
En ce qui concerne le comportement de l’offre, les anticipations pour les mois à venir laissent présager un resserrement sensible des conditions de production. D’abord au niveau du secteur agricole, la situation pluviométrique au démarrage de la campagne 2011-2012 et jusqu’au début de l’hiver marque une nette insuffisance par rapport à la moyenne des années précédentes. Il semble au vu des données actuelles que la campagne agricole s’oriente vers des résultats moyens, voire modestes.
Pour les activités industrielles, commerciales et de services, les performances prévisionnelles de production dépendent d’un certain nombre de paramètres portant sur le taux d’utilisation des capacités, les prix de l’énergie et des matières premières, les coûts du travail et la productivité.
Sur chacun de ces paramètres, les hypothèses les plus plausibles n’envisagent pas des évolutions à même d’induire des changements importants dans les configurations de l’offre, en dehors évidemment de celles pouvant être impulsées par le comportement de demande. C’est à ce niveau qu’apparaît le rôle important de la politique économique, et particulièrement son volet budgétaire, en tant que facteur d’impulsion de la demande à travers la dépense et l’investissement. Les perspectives budgétaires pour l’année 2012 ne semblent pas cependant offrir des marges de manœuvre suffisantes pour faire jouer à la dépense publique un rôle de premier plan de soutien à l’activité et à la croissance.
Le bouclage difficile du budget de l’année 2011 avec les charges supplémentaires induites, entre autres, par les revalorisations salariales et les dépenses de compensation est à ce titre assez révélateur.
Outre le relâchement prévisible des ressorts de la dynamique économique tant au plan interne qu’externe, les configurations de croissance en 2012 demeurent encore soumises à de multiples facteurs d’incertitudes liés au contexte politique et social.
Après la réforme constitutionnelle et la dynamique qu’elle a induite au niveau du cadre institutionnel depuis le début de l’été et jusqu’à la formation du nouveau gouvernement, on peut s’attendre à une certaine accalmie des mouvements revendicatifs favorisant le rétablissement de la confiance, seul gage de reprise de l’activité et de relance de l’investissement.
Même si les incertitudes inhérentes à ce genre de situations demeurent présentes, la détermination affichée de faire aboutir la dynamique de réforme à son terme contribuera à améliorer la visibilité pour les acteurs et à instaurer des conditions plus propices à la prise de risque et à l’investissement.

Net repli de l’activité
dans les mois à venir
La mise en rapport de l’ensemble des facteurs agissant sur l’activité économique tant du côté de l’environnement international que du côté de la dynamique interne, y compris dans sa dimension politique et sociale, laisse entrevoir pour les mois à venir un net repli de l’activité. Le taux de croissance prévisionnel pour l’ensemble de l’année 2012 devrait se situer à 3,2 %, marquant ainsi un recul de près d’un point par rapport à l’année 2011 et plus d’un point et demi comparativement à la moyenne des cinq dernières années.
Cette perspective placerait l’année 2012 dans la continuité de la phase de croissance enclenchée depuis 2010 et qui, du point de vue de l’analyse des cycles, représenterait la phase ultime d’une période de basse conjoncture.
Le repli de la croissance tel qu’il ressort du scénario prévisionnel pour l’année 2012 devrait avoir des configurations plus ou moins marquées selon les secteurs d’activité.
Comme indiqué précédemment, le secteur agricole qui constitue l’un des piliers de la croissance devrait enregistrer des performances assez modestes en raison du déficit pluviométrique cumulé depuis le début de la campagne. La valeur ajoutée agricole devait progresser dans les hypothèses les plus favorables d’à peine 2,5 % par rapport à l’exercice précédent. Le secteur industriel qui devrait faire face à un affaiblissement sensible de la demande tant au plan interne qu’externe réaliserait une croissance limitée à 2 %. Seul, le maintien de la dynamique des industries d’extraction à la faveur de la demande soutenue des phosphates et dérivés permettrait de redresser quelque peu les résultats projetés de l’ensemble des activités du secteur secondaire. Enfin, le secteur des services afficherait aussi un certain ralentissement avec un rythme de croissance prévu de 3,2 %.

Détérioration sensible
de la situation de l’emploi
Le scénario prévisionnel pour l’année 2012 fait ressortir par ailleurs une nette tendance au ralentissement de la demande globale. La consommation des ménages qui constitue la principale composante de la dépense intérieure devrait enregistrer une hausse de 4,2 % en valeur nominale, soit 2 points de moins par rapport à l’exercice précédent.
Les dépenses d’investissement afficheraient également la même orientation avec un accroissement nominal de 6,8 % en 2012 contre une estimation de 8,4 % en 2011. La demande extérieure, subissant les contrecoups de la récession au plan international et plus particulièrement dans la zone euro, devrait accuser un net infléchissement de tendance avec une hausse nominale limité à 5,7 % au terme de l’année 2012.
Au chapitre des équilibres financiers, la configuration de croissance en 2012 prévoit une forte pression sur les finances publiques pouvant conduire, en l’absence de mesures correctrices d’envergure, à des dérapages excessifs. Il en est de même des comptes externes qui, outre les faibles performances à l’export, devront subir les conséquences du renchérissement de l’énergie et des matières premières. Le ralentissement prévisible de l’activité devrait enfin contribuer à l’atténuation des tensions inflationnistes dont le rythme se maintiendrait autour de 2 %. La situation de l’emploi devrait, à l’inverse, connaitre une détérioration sensible avec un taux de chômage qui gagnerait près d’un point en moyenne.

 * (Etude parue sur le numéro d’Info CMC daté du 19 janvier 2012)

Centre marocain de conjoncture
Vendredi 13 Janvier 2012

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