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Péril en la demeure amazighe

Le gouvernement Benkirane veut-il remettre en cause l’alphabet tifinagh?




Péril en la demeure  amazighe
La communauté des militants de l’amazighité est en ébullition. La colère gronde, palpable. L’alphabet tifinagh est en péril. Sa remise en cause serait programmée par un gouvernement dont la principale composante, les islamistes du PJD, n’a jamais caché son hostilité par rapport à la question amazighe.  «Si nos acquis  qui ont été obtenus de haute lutte sont menacés, nous monterons au créneau et livrerons bataille», prévient ce militant associatif amazigh.
Tout est venu d’une question qui sera posée dans le cadre du recensement général de la population, programmé en septembre prochain. “Parlez-vous, écrivez-vous la langue amazighe en tifinagh?“  
A l’Observatoire amazigh des droits et libertés qui a rendu public jeudi dernier un communiqué relatif à cette surprenante question du recensement, l’inquiétude est de mise. Il y a péril en la demeure amazighe : les résultats prévisibles de ce recensement pourraient être exploités pour justifier un recul vis-à-vis des acquis du statut de l’amazigh dans le pays. «Il y a une démarche spécifique concernant la graphie tifinagh et non pas la langue amazighe, contrairement aux autres langues pour lesquelles aucune précision n’est apportée dans le questionnaire. Ce qu’il s’agit de mesurer en effet, c’est bien un taux de lecture et d’écriture et donc de compréhension de l’alphabet tifinagh. Le symbole le plus authentique, le plus visible, du patrimoine culturel et de l’identité amazighe, est bien la graphie tifinagh», relèvent ceux et celles de l’observatoire.
Les défenseurs de l’identité amazighe affichent haut et fort leur méfiance. Les dés en seraient-ils jetés? Le Haut-commissaire au plan donne l’impression qu’il connaît d’avance les résultats du recensement général particulièrement en ce qui concerne la partie relative à l’alphabet tifinagh. «Au cours de la conférence de presse donnée par M. Lahlimi pour présenter les différentes dispositions prises pour le bon déroulement du recensement général 2014, il a bien dit que les Marocains ne comprenaient pas l’alphabet tifinagh. Cette remarque est loin d’être anodine», souligne cette activiste amazighe. 
 
L’étrange question posée par le recensement
 
Une nouvelle politique publique relative à l’amazighité serait-elle en préparation? Les spin doctors de l’Exécutif seraient-ils en train de cogiter une stratégie future pour mieux enterrer l’alphabet tifinagh? La question se pose avec d’autant plus d’insistance que rien n’est entrepris depuis que la Constitution a consacré l’amazigh comme langue officielle  au même titre que la langue arabe. «L’article 5 de la Constitution adoptée en 2011 stipule qu’une loi organique définit le processus de mise en oeuvre du caractère officiel de cette langue, ainsi que les modalités de son intégration dans l’enseignement et aux domaines prioritaires de la vie publique, et ce afin de lui permettre de remplir à terme sa fonction de langue officielle. De plus, un conseil national des langues et de la culture marocaine a été créé, chargé notamment de la protection et du développement des langues arabe et amazighe et des diverses expressions culturelles marocaines, qui constituent un patrimoine authentique et une source d’inspiration contemporaine. Il regroupe l’ensemble des institutions concernées par ces domaines. Rien de cela n’a été fait. Et le gouvernement Benkirane ne semble pas pressé de le faire», soupire cet expert de l’Institut Royal de la culture amazighe. 
Au-delà des établissements publics et autres ministères qui affichent fièrement en lettres tifinagh leur identité visuelle, la langue amazighe et son écriture sont encore un gadget institutionnel. «En 2012, le taux de généralisation de l’enseignement amazigh n’était que de 14%. Cet enseignement est resté cantonné aux premières années de l’enseignement. A l’évidence, l’école, principal canal de transmission de l’arabe et du français, avec leurs alphabets respectifs, n’a donc pas joué ce rôle pour le tifinagh », peut-on lire dans le communiqué de l’Observatoire  amazigh des droits et libertés.  
Pas question pour les Imazighen de se départir de cette graphie. “La proposition du tifinagh a été validée par 31 partis politiques sur 33 en présence du Roi en 2002 ! Puis, il y a eu 10 ans de travail dans cette graphie, et des centaines de publications et des centaines d’enseignants et d’étudiants formés! On se moque de qui! Le tifinagh dérange trop parce qu'il est trop visible et marque notre culture“, estime la chercheuse amazighe Meriem Demnati sur sa page Facebook.
En attendant le recensement général de la population et la question sur l’utilisation et la maîtrise de l’alphabet tifinagh,  le tocsin de la mobilisation a déjà sonné. Le mot d’ordre est à la vigilance. Des activistes amazighs affirment être prêts à aller jusqu’au bout de cette lutte et ce au nom de la préservation de leur identité.  Y compris en appelant au boycott de la langue arabe…
 

Narjis Rerhaye
Mercredi 18 Juin 2014

Lu 2055 fois


1.Posté par utilom le 18/06/2014 14:04
que signifie boycott de la langue arabe
la langue arabe est un acquis ,un héritage précieux à préserver ,
la langue française est un acquis, un héritage précieux à préserver,
ce sont deux langues outils de travail et de culture,acquises avec des efforts immenses ,deux richesses du maroc,
la constitution est claire et nette:deux langues officielles :amazighia et arabe fosha,l'arabe est répandue relativement ,l'amazighia à répandre graduellement et au bout de 15ans,cette langue aura la meme place que l'arabe,,
et ce n'est pas parce que la france a occupé le maroc que les marocains vont détruire les héritages acquis de la presence française,ces héritages ont été gardés et préservés,
il faut défendre l'amazighia et ne pas tomber dans le ridicule de boycott de l'arabe langue précieuse !
ne me sentant ni arabe, ni français ,tout simplement marocain ,j'adore les deux langues,arabe et français!

2.Posté par DR IDRISSI MY AHMED le 18/06/2014 23:33

3.Posté par abdelmoumen le 20/06/2014 22:31
un pays comme le maroc dont sa population est amazighes a plus de 70% ,n oublions pas que les arabes sont venus qu après le décès de notre prophète mohamed salat ou salam alih ,pour propager l islam dans la region ,puis sont venus les espagnols ,portugais,et français......
Donc ,avant l arrivée de tout ce monde ,les amazighes etaient déjà installer dans le grand maghreb,alors que leur histoires,leurs cultures et leurs patrimoines doivent etre mise en avant tout en respectant les avancées decider par le roi du maroc a protégé la langue Tamazight.

4.Posté par ait hmad le 21/06/2014 16:36
je ne sais pas si c est le péril a la demeure pour le gouvernement ou pour les amazighs.
Pour le premier ministre mr benkirane,il doit savoir qu il fait parti de la population minoritaire du pays et qu il a oublié que la majorité du peuple marocain (les amazighs) votent eux aussi,s il continue a dénigré cette population ,benkirane finira comme les autres dans la poubelle.........

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